Les réseaux sociaux sont envahis d’images, de vidéos et de commentaires célébrant les Lions de l’Atlas. Le match nul (1-1) décroché face au Brésil lors de leur première sortie n’a en rien entamé l’enthousiasme populaire. Bien au contraire. La prestation des Lions de l’Atlas a déclenché une vague d’enthousiasme sur les plateformes numériques. À New York, les scènes de liesse des supporters marocains ont fait le tour du monde. Drapés de rouge et de vert, chantant à l’unisson dans les rues, les fans ont offert un spectacle qui a impressionné observateurs et médias internationaux. Sur TikTok, Instagram ou Facebook, les contenus liés à la sélection marocaine cumulent des millions de vues. Entre analyses, souvenirs du Mondial qatari et vidéos de supporters sur place, une même émotion traverse les écrans : celle de retrouver une aventure qui avait marqué toute une génération. «On retrouve les mêmes émotions», peut-on lire dans de nombreux commentaires. D’autres évoquent «les mêmes frissons» ou encore «la même fierté» ressentie lors de l’incroyable parcours qui avait conduit le Maroc jusqu’aux demi-finales du Mondial.
Cette impression de déjà-vu n’a rien d’anodin. Pour le psychosociologue Mohcine Benzakour, elle s’explique par la place particulière qu’occupe désormais l’équipe nationale dans l’imaginaire collectif marocain.
Selon lui, le parcours historique de 2022 a constitué un moment fondateur dans la mémoire nationale. «Il ne faut jamais expliquer un phénomène social par un seul facteur», précise-t-il d’emblée. Mais l’épopée qatarie a indéniablement créé ce que le sociologue Émile Durkheim appelait une «effervescence collective», c’est-à-dire une situation exceptionnelle où des millions d’individus vivent simultanément les mêmes émotions et renforcent leur sentiment d’appartenir à une communauté plus vaste qu’eux-mêmes.
Les scènes de célébration observées dans les villes marocaines, mais aussi au sein de la diaspora, ont contribué à construire ce sentiment d’unité nationale. Les médias traditionnels, puis les réseaux sociaux, ont joué un rôle central dans cette dynamique en diffusant des images devenues emblématiques de cette communion populaire.
Pour Mohcine Benzakour, la sélection nationale a aussi réussi à incarner une image du Maroc dans laquelle une grande partie de la population se reconnaît. «L’équipe a symbolisé à la fois l’attachement aux traditions, l’ouverture au monde, la réussite de la diaspora et l’excellence sportive», explique-t-il.
Cette dimension est essentielle pour comprendre l’ampleur de l’attachement populaire. Car aux yeux de nombreux Marocains, l’équipe nationale ne représente plus uniquement onze joueurs sur un terrain. Elle est devenue un symbole collectif capable de transcender les différences sociales, linguistiques, générationnelles ou régionales.
Le psychosociologue estime également que le contexte mondial actuel renforce ce phénomène. Face aux incertitudes économiques, sociales et géopolitiques, les grandes réussites sportives constituent des repères positifs. Elles offrent aux citoyens des occasions de valorisation collective et de reconnaissance internationale.
Cette transformation du regard porté sur l’équipe nationale explique aussi pourquoi les émotions semblent aujourd’hui plus fortes qu’avant 2022.
Mohcine Benzakour évoque ce qu’il qualifie d’«effet post-exploit». Avant le Mondial qatari, les supporters marocains abordaient généralement les grandes compétitions avec prudence. Le parcours exceptionnel jusqu’aux demi-finales a profondément modifié les représentations collectives.
«Le Maroc est passé du statut d’outsider respectable à celui d’équipe capable de rivaliser avec les plus grandes nations du football», souligne-t-il.
Cette évolution a naturellement entraîné une hausse des attentes. Lorsqu’un groupe accomplit une performance hors norme, celle-ci devient une référence. Les supporters ne rêvent plus simplement d’une participation honorable ; ils envisagent désormais la possibilité de voir leur équipe atteindre les sommets.
Cette nouvelle perception s’est d’ailleurs manifestée dès le premier match contre le Brésil. Malgré le prestige de l’adversaire, nombreux étaient ceux qui croyaient à une victoire marocaine. Une confiance qui aurait semblé beaucoup plus rare il y a quelques années.
Selon Mohcine Benzakour, cette élévation des attentes nourrit à la fois l’espoir et l’émotion. Chaque rencontre devient porteuse d’une charge symbolique plus forte. Chaque victoire provoque davantage d’enthousiasme. Et chaque contre-performance potentielle risque aussi de générer davantage de déception.
Dans cette équation, les réseaux sociaux occupent désormais une place incontournable. «Leur rôle est central dans la fabrication des émotions collectives», affirme le psychosociologue.
Autrefois, les médias se limitaient essentiellement à diffuser l’information. Aujourd’hui, chaque utilisateur devient lui-même producteur et diffuseur d’émotions. Les vidéos de célébrations, les réactions filmées en direct, les chants de supporters ou les témoignages de Marocains vivant à l’étranger alimentent en permanence un récit collectif partagé.
Les influenceurs participent activement à cette dynamique. En relayant des séquences émotionnelles, des messages patriotiques ou des contenus valorisant l’image du Maroc, ils contribuent à prolonger l’expérience du terrain bien au-delà des 90 minutes de jeu.
Pour Mohcine Benzakour, les réseaux sociaux fonctionnent comme des «accélérateurs émotionnels». Ils favorisent la propagation rapide de l’enthousiasme, de la joie et du sentiment de fierté, mais aussi parfois de l’anxiété, de la frustration ou de l’impatience.
Malgré ces risques, le spécialiste estime que les effets positifs demeurent largement dominants. La ferveur autour des Lions de l’Atlas crée des moments rares de cohésion nationale. Pendant quelques heures, les clivages sociaux, générationnels ou territoriaux s’estompent derrière une identité collective partagée.
«L’équipe nationale est devenue plus qu’une sélection sportive», résume-t-il. «Elle est devenue un symbole de réussite collective, un support d’identification nationale et un espace dans lequel se projettent les aspirations et les ambitions d’une grande partie de la société marocaine.»
À mesure que le Mondial 2026 avance, une chose apparaît déjà certaine : les Lions de l’Atlas continuent d’incarner bien plus qu’un projet sportif. Ils représentent un récit collectif dans lequel des millions de Marocains se reconnaissent. Et si la compétition ne fait que commencer, l’émotion, elle, semble déjà avoir retrouvé l’intensité des plus belles nuits de Doha.
Cette impression de déjà-vu n’a rien d’anodin. Pour le psychosociologue Mohcine Benzakour, elle s’explique par la place particulière qu’occupe désormais l’équipe nationale dans l’imaginaire collectif marocain.
Selon lui, le parcours historique de 2022 a constitué un moment fondateur dans la mémoire nationale. «Il ne faut jamais expliquer un phénomène social par un seul facteur», précise-t-il d’emblée. Mais l’épopée qatarie a indéniablement créé ce que le sociologue Émile Durkheim appelait une «effervescence collective», c’est-à-dire une situation exceptionnelle où des millions d’individus vivent simultanément les mêmes émotions et renforcent leur sentiment d’appartenir à une communauté plus vaste qu’eux-mêmes.
Les scènes de célébration observées dans les villes marocaines, mais aussi au sein de la diaspora, ont contribué à construire ce sentiment d’unité nationale. Les médias traditionnels, puis les réseaux sociaux, ont joué un rôle central dans cette dynamique en diffusant des images devenues emblématiques de cette communion populaire.
Pour Mohcine Benzakour, la sélection nationale a aussi réussi à incarner une image du Maroc dans laquelle une grande partie de la population se reconnaît. «L’équipe a symbolisé à la fois l’attachement aux traditions, l’ouverture au monde, la réussite de la diaspora et l’excellence sportive», explique-t-il.
Cette dimension est essentielle pour comprendre l’ampleur de l’attachement populaire. Car aux yeux de nombreux Marocains, l’équipe nationale ne représente plus uniquement onze joueurs sur un terrain. Elle est devenue un symbole collectif capable de transcender les différences sociales, linguistiques, générationnelles ou régionales.
Le psychosociologue estime également que le contexte mondial actuel renforce ce phénomène. Face aux incertitudes économiques, sociales et géopolitiques, les grandes réussites sportives constituent des repères positifs. Elles offrent aux citoyens des occasions de valorisation collective et de reconnaissance internationale.
Cette transformation du regard porté sur l’équipe nationale explique aussi pourquoi les émotions semblent aujourd’hui plus fortes qu’avant 2022.
Mohcine Benzakour évoque ce qu’il qualifie d’«effet post-exploit». Avant le Mondial qatari, les supporters marocains abordaient généralement les grandes compétitions avec prudence. Le parcours exceptionnel jusqu’aux demi-finales a profondément modifié les représentations collectives.
«Le Maroc est passé du statut d’outsider respectable à celui d’équipe capable de rivaliser avec les plus grandes nations du football», souligne-t-il.
Cette évolution a naturellement entraîné une hausse des attentes. Lorsqu’un groupe accomplit une performance hors norme, celle-ci devient une référence. Les supporters ne rêvent plus simplement d’une participation honorable ; ils envisagent désormais la possibilité de voir leur équipe atteindre les sommets.
Cette nouvelle perception s’est d’ailleurs manifestée dès le premier match contre le Brésil. Malgré le prestige de l’adversaire, nombreux étaient ceux qui croyaient à une victoire marocaine. Une confiance qui aurait semblé beaucoup plus rare il y a quelques années.
Selon Mohcine Benzakour, cette élévation des attentes nourrit à la fois l’espoir et l’émotion. Chaque rencontre devient porteuse d’une charge symbolique plus forte. Chaque victoire provoque davantage d’enthousiasme. Et chaque contre-performance potentielle risque aussi de générer davantage de déception.
Dans cette équation, les réseaux sociaux occupent désormais une place incontournable. «Leur rôle est central dans la fabrication des émotions collectives», affirme le psychosociologue.
Autrefois, les médias se limitaient essentiellement à diffuser l’information. Aujourd’hui, chaque utilisateur devient lui-même producteur et diffuseur d’émotions. Les vidéos de célébrations, les réactions filmées en direct, les chants de supporters ou les témoignages de Marocains vivant à l’étranger alimentent en permanence un récit collectif partagé.
Les influenceurs participent activement à cette dynamique. En relayant des séquences émotionnelles, des messages patriotiques ou des contenus valorisant l’image du Maroc, ils contribuent à prolonger l’expérience du terrain bien au-delà des 90 minutes de jeu.
Pour Mohcine Benzakour, les réseaux sociaux fonctionnent comme des «accélérateurs émotionnels». Ils favorisent la propagation rapide de l’enthousiasme, de la joie et du sentiment de fierté, mais aussi parfois de l’anxiété, de la frustration ou de l’impatience.
Malgré ces risques, le spécialiste estime que les effets positifs demeurent largement dominants. La ferveur autour des Lions de l’Atlas crée des moments rares de cohésion nationale. Pendant quelques heures, les clivages sociaux, générationnels ou territoriaux s’estompent derrière une identité collective partagée.
«L’équipe nationale est devenue plus qu’une sélection sportive», résume-t-il. «Elle est devenue un symbole de réussite collective, un support d’identification nationale et un espace dans lequel se projettent les aspirations et les ambitions d’une grande partie de la société marocaine.»
À mesure que le Mondial 2026 avance, une chose apparaît déjà certaine : les Lions de l’Atlas continuent d’incarner bien plus qu’un projet sportif. Ils représentent un récit collectif dans lequel des millions de Marocains se reconnaissent. Et si la compétition ne fait que commencer, l’émotion, elle, semble déjà avoir retrouvé l’intensité des plus belles nuits de Doha.
