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Dimanche 07 Juin 2026
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Affaire du chauffeur inDrive tué : le récit d’un drame qui a secoué Sidi Taïbi

Ce qui devait être une course ordinaire via une application de transport s’est transformé en drame. Yassine, jeune conducteur travaillant avec inDrive, âgé de 22 ans et père d’un nouveau-né, a été retrouvé mort le lendemain de sa disparition, le corps brûlé, dans une zone isolée relevant de la commune d’Ouled Azzouz, aux abords de Casablanca. Près d’une semaine après les faits, les premiers éléments de l’enquête et les déclarations de la défense de la famille permettent de retracer les grandes lignes d’une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique.

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Originaire de Sidi Taïbi, dans la province de Kénitra, Yassine avait quitté son domicile le samedi 30 mai à bord de sa Renault Clio noire. Comme à son habitude, il travaillait comme conducteur via les applications de transport, dans l’objectif de subvenir aux besoins de sa jeune famille. Selon les témoignages rapportés par ses proches, son dernier contact vocal avec sa famille aurait eu lieu vers 19h, via WhatsApp. Après cet échange, le silence a progressivement remplacé les nouvelles.

Dans les heures qui ont suivi, la famille aurait commencé à recevoir des messages écrits depuis son téléphone. Mais ces messages ont rapidement éveillé les soupçons. Leur ton, leur formulation et leur manière de répondre ne correspondaient pas, selon ses proches, à la façon habituelle dont Yassine communiquait. Vers 22h, le contact aurait été totalement rompu. L’inquiétude s’est alors transformée en alerte.

Selon la version présentée par l’avocat de la famille, Abdelrahim Hakam, le piège aurait commencé par une demande de transport passée via l’application inDrive par une jeune femme. Lorsque Yassine est arrivé au point de départ, la jeune femme serait montée à l’avant du véhicule, tandis que le principal suspect aurait pris place à l’arrière, juste derrière le conducteur. Pour justifier cette place, il aurait affirmé souffrir d’une blessure à la jambe l’empêchant de s’installer à l’avant.

C’est durant ce trajet que la situation aurait basculé. D’après les déclarations de la défense, l’agression aurait été préméditée dans un objectif initial de vol. Les mis en cause auraient cherché à s’emparer de la voiture, du téléphone et d’une chaîne appartenant à la victime. Mais l’opération aurait dégénéré en crime, entraînant la mort du jeune conducteur. Les enquêteurs devront encore préciser les circonstances exactes du passage à l’acte, ainsi que le rôle attribué à chacun des suspects.

Le lendemain, dimanche, la famille a été confrontée à la terrible nouvelle. Le corps de Yassine a été retrouvé dans une zone isolée près de Casablanca. D’après les éléments rapportés, la victime avait été brûlée, ce qui laisse penser à une tentative de dissimulation des traces du crime. La voiture de Yassine aurait ensuite été retrouvée à Mohammedia. Cet élément a élargi le périmètre de l’enquête, qui relie désormais plusieurs lieux : Sidi Taïbi, d’où la victime était originaire, Salé et Kénitra, où certains suspects auraient été identifiés ou interpellés, Casablanca, près de laquelle le corps a été découvert, et Mohammedia, où le véhicule aurait été localisé.

Neuf personnes mises en cause

L’enquête, menée par la Gendarmerie royale sous la supervision du parquet compétent, a rapidement progressé. Dans un premier temps, plusieurs arrestations ont été annoncées, avant que le dossier ne s’élargisse à d’autres personnes soupçonnées d’avoir participé directement ou indirectement aux faits. Selon les derniers éléments fournis, le dossier concernerait désormais neuf personnes mises en cause, dont sept hommes et deux femmes.

Dans la nuit du vendredi 5 juin 2026, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca a ordonné le placement de six suspects en détention préventive à la prison locale d’Aïn Sebaâ, dite Oukacha. Trois autres personnes ont été poursuivies en état de liberté provisoire, dans l’attente de la poursuite de l’enquête. Les charges évoquées sont lourdes et varient selon le degré d’implication présumé de chaque personne.

Les chefs d’accusation mentionnés dans le dossier portent notamment sur le meurtre, le vol qualifié, l’enlèvement, la participation, la dissimulation d’éléments liés au crime, la non-assistance à personne en danger et le défaut de dénonciation. La question de la destruction du corps et de la répartition des rôles entre les personnes mises en cause devrait constituer l’un des points centraux de l’instruction.

La défense de la famille affirme que le principal suspect aurait modifié ses déclarations à plusieurs reprises au cours de la procédure. Selon l’avocat Abdelrahim Hakam, le mis en cause aurait livré plusieurs versions devant les enquêteurs, avant de présenter une nouvelle version devant le juge d’instruction. La défense soutient également que l’hypothèse d’une implication d’autres personnes dans la tentative de dissimulation du crime ne peut être écartée.

Face à l’émotion provoquée par cette affaire, inDrive a publié un communiqué officiel pour exprimer ses condoléances à la famille de Yassine et à ses proches. La plateforme indique avoir coopéré avec les autorités dès qu’elle a été informée de l’affaire et assure poursuivre cette coopération dans le cadre de l’enquête. L’entreprise précise qu’elle ne fera pas de commentaires supplémentaires à ce stade, afin de respecter le bon déroulement de l’enquête.

À Sidi Taïbi, douleur et attente de justice

À Sidi Taïbi, la mort de Yassine a laissé une profonde blessure. Ses proches le décrivent comme un jeune homme calme, responsable et travailleur, engagé dans son rôle de père et soucieux de gagner dignement sa vie. Sa disparition, puis la découverte de son corps, ont provoqué une vive émotion dans sa région natale, où de nombreux habitants se sont mobilisés autour de sa famille.

Les obsèques de Yassine ont eu lieu lundi 1er juin à Sidi Taïbi, en présence de nombreux proches, voisins et habitants venus lui rendre un dernier hommage. Pour sa famille, l’arrestation des suspects ne referme pas la douleur, mais ouvre l’attente d’une vérité judiciaire complète. L’affaire reste aujourd’hui entre les mains de la justice, qui devra établir les responsabilités exactes et déterminer le rôle de chacun dans ce crime qui a transformé un simple trajet en tragédie nationale.
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