Menu
Search
Samedi 07 Novembre 2026
S'abonner
close

Oncologie : sécuriser le parcours patient, un défi pour le système de santé marocain

Réduire les délais de diagnostic, éviter les ruptures de prise en charge et accélérer la transformation numérique : ces enjeux ont été au cœur d’une rencontre organisée à Casablanca par l’Association Les Amis du Ruban Rose, en partenariat avec Roche Maroc.

No Image
La sécurité des soins en oncologie ne dépend pas uniquement de la qualité des traitements. Elle repose aussi sur la capacité du système de santé à garantir un parcours fluide et continu, depuis les premiers symptômes jusqu’au suivi à long terme. C’est autour de cette problématique que se sont réunis, samedi 31 octobre à Casablanca, associations de patients, professionnels de santé, experts et représentants institutionnels. Premier enjeu soulevé lors des échanges : les délais qui jalonnent le parcours des personnes atteintes de cancer. Entre les premiers symptômes et la consultation, la confirmation du diagnostic et le démarrage du traitement, les retards peuvent peser sur le pronostic.

Pour le Dr Chakib Nejjari, économiste de la santé, la continuité des soins constitue une condition essentielle de la sécurité des patients. «Il ne faut pas qu’il y ait de rupture, sinon la sécurité du patient est impactée», souligne-t-il. Alors que le Maroc a engagé plusieurs réformes, notamment la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), la création des Groupements sanitaires territoriaux (GST) et la mise en place de la Haute Autorité de santé, leur efficacité dépend aussi de la coordination entre les différents niveaux de soins.

Le Dr Nejjari appelle ainsi à transformer les données sur les délais de prise en charge en véritables outils de décision. «Il faut que ce soient des indicateurs de pilotage», insiste-t-il, rappelant que les GST doivent notamment favoriser la coordination à travers des conventions de parcours de soins. La question de l’équité reste également centrale. Mme Latifa Cherif estime que l’accès aux soins ne devrait rencontrer «aucune barrière géographique, économique ou administrative».

La sécurité du patient suppose ainsi une prise en charge adaptée, indépendamment de son lieu de résidence ou de ses ressources. Autre levier abordé : la transformation numérique. Le second panel a porté sur le dossier médical partagé, la télémédecine, le télémonitoring et la protection des données de santé. Pour le Pr Najib Al Idrissi, professeur de médecine et expert en santé digitale, le cancer nécessite une organisation spécifique. «Le cancer est une urgence diagnostique et thérapeutique», rappelle-t-il.

Le dossier médical électronique pourrait ainsi faciliter la coordination entre les spécialistes et assurer un meilleur suivi des patients, notamment dans la prévention des récidives. Le professeur plaide également pour une intégration des mécanismes de remboursement de l’Assurance maladie afin de limiter les contraintes administratives. «On ne va pas ajouter la lourdeur administrative à la maladie», souligne-t-il.

Partenaire de cette rencontre, le Dr Anis El Mekaoui, directeur général de Roche Maroc, a rappelé que la sécurité des soins repose sur une orientation rapide, une coordination étroite entre les professionnels et un recours responsable aux innovations. «La sécurité des patients est un objectif que nous partageons tous, et elle exige une mobilisation collective», a-t-il affirmé. En clôture, Latifa Cherif a rappelé l’exigence qui doit guider toute prise en charge : «La sécurité du patient ne se négocie pas. Elle commence par le bon diagnostic, posé au bon moment, pour engager le juste traitement, au moment décisif».
Lisez nos e-Papers