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La pauvreté multidimensionnelle touche 2,4 millions de personnes au Maroc (PNUD)

Le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime à 2,42 millions le nombre de personnes touchées par la pauvreté multidimensionnelle au Maroc, soit 6,4 % de la population. Dans les 108 pays étudiés, cette forme de pauvreté concerne 1,2 milliard de personnes, soit 18,9 % de la population. Au Maroc, les privations liées à l’éducation contribuent le plus à l’indice, devant celles qui touchent les conditions de vie et la santé.

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Dévoilé lundi 12 octobre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain, le rapport mesure la pauvreté multidimensionnelle à partir des privations qui affectent la vie quotidienne. Il examine dix critères répartis entre trois domaines : la santé, l’éducation et les conditions de vie. Parmi eux figurent la nutrition, la mortalité infantile, la scolarisation, l’accès à l’eau potable, à l’électricité et à l’assainissement, la qualité du logement ainsi que les moyens utilisés pour cuisiner. Une personne est considérée comme touchée lorsque les privations qu’elle cumule représentent au moins un tiers du score pondéré. Pour le Maroc, le taux établi à partir de l’enquête de 2017-2018, rapporté à la population de 2024, correspond à environ 2,42 millions de personnes.

L’éducation, première contribution à l’indice marocain

Dans le profil marocain, l’éducation contribue le plus à l’indice, à hauteur de 46,8 %, devant les conditions de vie (28,8 %) et la santé (24,4 %). Le rapport estime également que 10,9 % de la population est vulnérable à la pauvreté multidimensionnelle : ces personnes cumulent des privations sans atteindre le seuil retenu. Par ailleurs, 1,4 % de la population vit dans une pauvreté sévère, avec des privations portant sur au moins la moitié des critères pondérés.

À l’échelle mondiale, 1,2 milliard de personnes sur les 6,3 milliards vivant dans les pays étudiés sont touchées, soit 18,9 %. Le taux s’élève à 13,5 % dans les États arabes, tandis que l’Afrique subsaharienne affiche la proportion la plus élevée parmi les régions étudiées : 51,4 % de sa population, soit environ 616 millions de personnes. Les privations ont souvent tendance à se cumuler au sein d’un même ménage : le manque de nourriture peut ainsi coexister avec la non-scolarisation des enfants ou l’absence d’accès à l’eau potable et à l’électricité. Dans le monde, 617 millions de personnes pauvres sont des enfants, et 83 % des personnes concernées vivent en milieu rural.

La comparaison dans le temps fait ressortir un recul au Maroc : le taux est passé de 17,3 % en 2011, soit environ 5,68 millions de personnes, à 6,4 % en 2017-2018. À l’échelle mondiale, la tendance est différente : le nombre de personnes touchées a augmenté de 51,5 millions par rapport à la précédente mise à jour, marquant la première hausse depuis la création de l’indice en 2010. Le PNUD attribue cette progression en partie à la croissance démographique et aux nouvelles données d’enquête intégrées aux estimations.

Parce que plusieurs privations peuvent se cumuler au sein d’un même ménage, le rapport onusien recommande de coordonner les actions en matière de santé, d’éducation et de conditions de vie. Il classe le Maroc parmi les 33 pays ayant réduit de moitié la valeur de leur indice en moins de 15 ans, tout en soulignant l’importance de poursuivre les efforts engagés.

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