Le gouvernement marocain a récemment mis en avant une série de mesures présentées comme une étape dans le renforcement de la prise en charge de l’autisme. Ce dispositif s’articule autour de trois axes principaux : le dépistage précoce, l’inclusion scolaire et l’accompagnement des familles, avec pour objectif affiché de structurer progressivement l’action publique dans ce domaine.
Dans ce cadre, un Programme national de dépistage précoce a été lancé, avec une phase pilote amorcée en avril 2026, visant à identifier plus tôt les signes du trouble du spectre de l’autisme. En parallèle, les autorités mettent en avant le renforcement du soutien scolaire, qui bénéficie déjà à plus de 6.000 enfants, ainsi qu’une augmentation significative du budget alloué, désormais fixé à 500 millions de dirhams. La formation d’accompagnants spécialisés et le déploiement d’une plateforme numérique destinée aux familles complètent cet ensemble de mesures, présenté comme appelé à monter en puissance.
Par la voix de son président, M’Hammed Sajidi, l’Association Vaincre l’Autisme insiste sur la nécessité d’évaluer l’impact réel de ces mesures. «Ces annonces reconnaissent implicitement l’existence d’un besoin. Mais elles posent une question fondamentale : sommes-nous face à une véritable politique publique de l’autisme, ou à une communication sans impact réel ?», souligne-t-il.
Au cœur des réserves exprimées figure le décalage entre l’ampleur estimée de l’autisme et le nombre de bénéficiaires des dispositifs actuels. L’autisme concernerait environ 2% de la population au Maroc, soit plusieurs centaines de milliers de personnes, avec des milliers de nouveaux cas chaque année.
Dans ce contexte, M’Hammed Sajidi met en garde contre une réponse jugée encore limitée : «Face à cette réalité, la prise en charge annoncée reste très partielle», observe-t-il, appelant à une montée en puissance plus large et plus rapide des politiques publiques.
«La scolarisation n’est pas un traitement», rappelle le président de l’Association, qui insiste sur la nécessité d’intégrer des interventions spécialisées et des approches fondées sur des méthodes validées. Pour l’Association, l’enjeu dépasse le cadre éducatif et suppose une structuration plus large des parcours de prise en charge.
La situation des familles reste également un point de vigilance majeur. Vaincre l’Autisme souligne les difficultés d’accès aux services et le poids financier que représente la prise en charge. Dans les faits, une part importante de l’accompagnement repose encore sur les familles elles-mêmes.
«Aujourd’hui, au Maroc, elles sont laissées seules», affirme M’Hammed Sajidi, évoquant des coûts mensuels élevés et un manque de structuration des services. Une réalité qui alimente les inégalités et renforce le sentiment d’insuffisance des dispositifs actuels.
«L’autisme exige une réponse dédiée, fondée sur la science et inscrite dans la durée», défend M’Hammed Sajidi. Une approche qui permettrait, selon lui, de mieux coordonner les interventions et de garantir un accompagnement tout au long de la vie, y compris à l’âge adulte, aujourd’hui peu pris en compte.
Entre volonté affichée des pouvoirs publics et attentes exprimées par les acteurs de la société civile, la question de l’autisme s’impose progressivement comme un enjeu de politique publique à part entière.
Si les dispositifs annoncés marquent une étape, ils ouvrent également un espace de débat sur leur portée réelle et leur évolution future. «Le temps des annonces est terminé. Le temps des politiques publiques structurées doit commencer», conclut M’Hammed Sajidi, résumant une attente désormais clairement formulée par l’Association. n
Dans ce cadre, un Programme national de dépistage précoce a été lancé, avec une phase pilote amorcée en avril 2026, visant à identifier plus tôt les signes du trouble du spectre de l’autisme. En parallèle, les autorités mettent en avant le renforcement du soutien scolaire, qui bénéficie déjà à plus de 6.000 enfants, ainsi qu’une augmentation significative du budget alloué, désormais fixé à 500 millions de dirhams. La formation d’accompagnants spécialisés et le déploiement d’une plateforme numérique destinée aux familles complètent cet ensemble de mesures, présenté comme appelé à monter en puissance.
Une reconnaissance des besoins, mais des attentes persistantes
Ces annonces consacrent une reconnaissance explicite de l’autisme comme enjeu de santé publique et d’inclusion, marquant un signal important dans l’évolution des politiques publiques. Elles n’en soulèvent pas moins une interrogation de fond : les dispositifs engagés sont-ils à la hauteur de l’ampleur des besoins ? Une question qui s’impose progressivement dans le débat, alors que des acteurs de la société civile appellent à dépasser le stade des intentions et à examiner attentivement la portée réelle de ces mesures sur le terrain.Par la voix de son président, M’Hammed Sajidi, l’Association Vaincre l’Autisme insiste sur la nécessité d’évaluer l’impact réel de ces mesures. «Ces annonces reconnaissent implicitement l’existence d’un besoin. Mais elles posent une question fondamentale : sommes-nous face à une véritable politique publique de l’autisme, ou à une communication sans impact réel ?», souligne-t-il.
Au cœur des réserves exprimées figure le décalage entre l’ampleur estimée de l’autisme et le nombre de bénéficiaires des dispositifs actuels. L’autisme concernerait environ 2% de la population au Maroc, soit plusieurs centaines de milliers de personnes, avec des milliers de nouveaux cas chaque année.
Dans ce contexte, M’Hammed Sajidi met en garde contre une réponse jugée encore limitée : «Face à cette réalité, la prise en charge annoncée reste très partielle», observe-t-il, appelant à une montée en puissance plus large et plus rapide des politiques publiques.
Une approche jugée encore partielle
Au-delà des chiffres, la nature des réponses proposées suscite également des interrogations. Si l’accent mis sur la scolarisation et l’inclusion est considéré comme nécessaire, Vaincre l’Autisme estime qu’il ne saurait, à lui seul, constituer une réponse suffisante.«La scolarisation n’est pas un traitement», rappelle le président de l’Association, qui insiste sur la nécessité d’intégrer des interventions spécialisées et des approches fondées sur des méthodes validées. Pour l’Association, l’enjeu dépasse le cadre éducatif et suppose une structuration plus large des parcours de prise en charge.
La situation des familles reste également un point de vigilance majeur. Vaincre l’Autisme souligne les difficultés d’accès aux services et le poids financier que représente la prise en charge. Dans les faits, une part importante de l’accompagnement repose encore sur les familles elles-mêmes.
«Aujourd’hui, au Maroc, elles sont laissées seules», affirme M’Hammed Sajidi, évoquant des coûts mensuels élevés et un manque de structuration des services. Une réalité qui alimente les inégalités et renforce le sentiment d’insuffisance des dispositifs actuels.
L’enjeu d’une stratégie nationale dédiée
Au-delà des mesures en cours, Vaincre l’Autisme insiste sur la nécessité d’une vision d’ensemble. L’Association appelle à la mise en place d’une stratégie nationale spécifiquement dédiée à l’autisme, distincte des politiques générales du handicap.«L’autisme exige une réponse dédiée, fondée sur la science et inscrite dans la durée», défend M’Hammed Sajidi. Une approche qui permettrait, selon lui, de mieux coordonner les interventions et de garantir un accompagnement tout au long de la vie, y compris à l’âge adulte, aujourd’hui peu pris en compte.
Entre volonté affichée des pouvoirs publics et attentes exprimées par les acteurs de la société civile, la question de l’autisme s’impose progressivement comme un enjeu de politique publique à part entière.
Si les dispositifs annoncés marquent une étape, ils ouvrent également un espace de débat sur leur portée réelle et leur évolution future. «Le temps des annonces est terminé. Le temps des politiques publiques structurées doit commencer», conclut M’Hammed Sajidi, résumant une attente désormais clairement formulée par l’Association. n
