Le Maroc abandonnera l’heure GMT+1 à la fin de l’été pour revenir définitivement à l’heure légale (GMT). L’annonce, faite vendredi dernier par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, répond, selon l’Exécutif, aux nombreuses demandes exprimées par les citoyens depuis plusieurs années. Au-delà des considérations organisationnelles, cette décision trouve aussi un écho favorable auprès des spécialistes de la santé. Pour le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, le retour à l’heure légale constitue un choix davantage en phase avec les besoins biologiques de la population et les réalités du pays. Selon lui, la question de l’heure légale ne se résume pas au simple réglage des montres. Elle influence directement le sommeil, les rythmes biologiques, les performances scolaires, la sécurité routière, l’organisation du travail et, plus largement, le bien-être de la population.
«Le choix d’un régime horaire n’est pas uniquement une décision administrative. Il touche directement la santé publique, l’organisation sociale, l’économie, l’école, le transport, l’environnement, le travail agricole et même la sécurité routière», souligne-t-il.
La mélatonine, hormone qui prépare l’organisme au sommeil, illustre ce phénomène. Sa production augmente naturellement lorsque la lumière diminue et baisse au lever du jour. Retarder artificiellement l’exposition à la lumière matinale peut ainsi perturber le réveil, l’endormissement et la qualité du sommeil.
À l’inverse, le changement d’heure saisonnier est considéré comme le moins favorable sur le plan sanitaire puisqu’il impose à l’organisme une adaptation brutale, notamment lors du passage à l’heure d’été.
Le médecin reconnaît néanmoins que l’heure légale n’est pas dénuée d’inconvénients. Une nuit qui tombe plus tôt peut réduire la durée des activités sociales ou commerciales en soirée et favoriser, chez certains adolescents, un phénomène de «jetlag social». Mais ces limites restent, selon lui, moins importantes que les bénéfices observés sur le plan biologique.
Selon le spécialiste, rapprocher l’heure officielle de l’heure solaire permet donc de limiter les réveils dans le noir et d’améliorer les conditions de départ de millions de Marocains.
Le pays compte une importante population scolaire, une activité agricole encore fortement dépendante de la lumière du jour ainsi que des millions de travailleurs effectuant leurs déplacements tôt le matin. La sécurité routière constitue également un enjeu important lorsque les trajets quotidiens s’effectuent avant le lever du soleil.
«Pour le Maroc, l’heure d’hiver apparaît comme l’option la plus cohérente avec les impératifs sanitaires, scolaires, sociaux, agricoles et biologiques du pays», conclut le Dr Tayeb Hamdi.
Selon lui, ce retour au GMT permettra de rapprocher davantage l’heure officielle du rythme naturel du soleil, d’améliorer la qualité du sommeil, de renforcer la vigilance matinale et, plus largement, de contribuer au bien-être de la population. Les éventuelles incidences sur les échanges économiques internationaux pourraient, estime-t-il, être compensées par des mesures d’organisation adaptées.
«Le choix d’un régime horaire n’est pas uniquement une décision administrative. Il touche directement la santé publique, l’organisation sociale, l’économie, l’école, le transport, l’environnement, le travail agricole et même la sécurité routière», souligne-t-il.
Une horloge biologique qui dépend de la lumière du matin
Le spécialiste rappelle que l’organisme humain est régi par une horloge biologique interne, ou rythme circadien, qui contrôle le cycle veille-sommeil, la température corporelle, l’appétit, l’attention, l’humeur ainsi que plusieurs sécrétions hormonales. Chaque matin, l’exposition à la lumière naturelle permet au cerveau de resynchroniser cette horloge avec le cycle du soleil. Lorsque l’heure officielle s’éloigne durablement de l’heure solaire, ce mécanisme devient moins efficace.La mélatonine, hormone qui prépare l’organisme au sommeil, illustre ce phénomène. Sa production augmente naturellement lorsque la lumière diminue et baisse au lever du jour. Retarder artificiellement l’exposition à la lumière matinale peut ainsi perturber le réveil, l’endormissement et la qualité du sommeil.
L’heure d’hiver reste la plus compatible avec les rythmes biologiques
S’appuyant sur les travaux en chronobiologie et en santé publique, le Dr Hamdi estime que les connaissances scientifiques convergent aujourd’hui vers un même constat. «Le régime horaire le plus favorable est celui qui respecte le mieux l’horloge biologique humaine et l’exposition naturelle à la lumière du matin. Dans cette perspective, l’heure d’hiver permanente apparaît généralement comme l’option la plus compatible avec les rythmes biologiques», explique-t-il.À l’inverse, le changement d’heure saisonnier est considéré comme le moins favorable sur le plan sanitaire puisqu’il impose à l’organisme une adaptation brutale, notamment lors du passage à l’heure d’été.
Le médecin reconnaît néanmoins que l’heure légale n’est pas dénuée d’inconvénients. Une nuit qui tombe plus tôt peut réduire la durée des activités sociales ou commerciales en soirée et favoriser, chez certains adolescents, un phénomène de «jetlag social». Mais ces limites restent, selon lui, moins importantes que les bénéfices observés sur le plan biologique.
Les enfants et les travailleurs parmi les premiers bénéficiaires
Le Dr Hamdi insiste particulièrement sur les effets d’un meilleur alignement entre l’heure officielle et le soleil pour les enfants et les adolescents. Leur rythme biologique les pousse naturellement à s’endormir plus tard. Lorsqu’ils doivent se réveiller avant le lever du soleil pour rejoindre l’école, la dette de sommeil s’accumule, avec des conséquences sur la concentration, les apprentissages et le comportement en classe. Les travailleurs dont la journée débute tôt sont eux aussi concernés. Ouvriers, agriculteurs, conducteurs, fonctionnaires ou usagers des transports publics voient leur vigilance diminuer lorsque leurs déplacements matinaux s’effectuent dans l’obscurité.Selon le spécialiste, rapprocher l’heure officielle de l’heure solaire permet donc de limiter les réveils dans le noir et d’améliorer les conditions de départ de millions de Marocains.
Des effets aussi observés sur la sécurité et la santé
Le médecin rappelle par ailleurs que plusieurs études internationales ont observé une augmentation du risque d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux, d’accidents de la route ou encore d’accidents du travail après le passage brutal à l’heure d’été. Ces événements ne sont pas directement provoqués par le changement d’heure, précise-t-il, mais celui-ci peut agir comme un facteur déclencheur chez des personnes déjà fragilisées par la fatigue ou le manque de sommeil.Les économies d’énergie ne sont plus l’argument principal
Le maintien d’une heure avancée est souvent justifié par les économies d’énergie et le développement des activités commerciales en soirée. Pour le Dr Hamdi, ces arguments doivent aujourd’hui être relativisés. L’amélioration des systèmes d’éclairage, la généralisation des LED, mais aussi le poids croissant de la climatisation, du chauffage et des équipements électroniques ont profondément modifié la structure de la consommation énergétique. Les bénéfices économiques de l’heure d’été varient ainsi selon les pays, le climat, les habitudes de déplacement, les horaires scolaires ou encore l’organisation du travail. Ils ne peuvent donc, selon lui, constituer à eux seuls un critère de décision.Un choix adapté aux réalités marocaines
Pour le spécialiste, le retour à l’heure légale répond aux caractéristiques propres du Maroc.Le pays compte une importante population scolaire, une activité agricole encore fortement dépendante de la lumière du jour ainsi que des millions de travailleurs effectuant leurs déplacements tôt le matin. La sécurité routière constitue également un enjeu important lorsque les trajets quotidiens s’effectuent avant le lever du soleil.
«Pour le Maroc, l’heure d’hiver apparaît comme l’option la plus cohérente avec les impératifs sanitaires, scolaires, sociaux, agricoles et biologiques du pays», conclut le Dr Tayeb Hamdi.
Selon lui, ce retour au GMT permettra de rapprocher davantage l’heure officielle du rythme naturel du soleil, d’améliorer la qualité du sommeil, de renforcer la vigilance matinale et, plus largement, de contribuer au bien-être de la population. Les éventuelles incidences sur les échanges économiques internationaux pourraient, estime-t-il, être compensées par des mesures d’organisation adaptées.
