La baisse des naissances est généralement attribuée à des facteurs économiques et sociaux tels que le coût du logement, la précarité de l’emploi, les frais de garde des enfants ou encore le recul de l’âge du mariage. L’étude américaine, publiée récemment sous l’égide du National Bureau of Economic Research, ne rejette pas ces facteurs. Elle estime plutôt qu’ils ne suffisent pas à expliquer le décrochage observé aux États-Unis depuis 2007, où le taux général de fécondité a reculé de 22% en moins de deux décennies.
Cette baisse ne s’est pas arrêtée avec la reprise économique qui a suivi la crise financière, puisqu’elle s’est poursuivie durant les années 2010 puis après la pandémie. Pour les chercheurs, cela oblige à regarder au-delà des causes habituelles et à identifier un changement apparu au même moment, assez massif pour toucher presque toute une génération. Leur hypothèse est celle du smartphone, introduit à grande échelle avec l’iPhone lancé en 2007.
La force de l’étude tient à sa méthode, fondée sur le fait qu’entre juin 2007 et février 2011, l’iPhone n’était disponible aux États-Unis qu’avec l’opérateur AT&T. Les territoires bien couverts par ce réseau ont donc été exposés plus tôt au smartphone moderne que les autres. Cette différence a permis aux auteurs de comparer l’évolution des naissances dans les zones fortement exposées à l’iPhone et dans celles qui l’étaient moins, afin de mesurer si cette exposition précoce s’accompagnait d’un recul plus marqué de la fécondité.
Les résultats montrent un effet particulièrement marqué chez les jeunes femmes, avec une baisse des naissances estimée entre 4,5% et 8% chez les 15-19 ans, et entre 3,2% et 6,6% chez les 20-24 ans. Les effets existent aussi chez les groupes plus âgés, mais ils sont moins importants. À l’échelle américaine, les auteurs estiment que la diffusion de l’iPhone pourrait expliquer entre 33% et 52% de la baisse du taux général de fécondité observée entre 2007 et 2011.
L’étude ne met pas en avant un effet direct du téléphone sur la décision d’avoir un enfant. Les chercheurs pointent plutôt un changement de comportement, marqué par un recul des interactions sociales en personne, une hausse du temps passé seul et une diminution de la fréquence des relations sexuelles dans plusieurs groupes d’âge.
L’étude évoque aussi un accès plus facile à l’information sur la contraception, ce qui peut renforcer la maîtrise des grossesses, ainsi que certains usages numériques pouvant se substituer à une partie des relations réelles. Les auteurs ne concluent donc pas que l’iPhone “empêche” les naissances, mais qu’il peut réduire les situations sociales et intimes dans lesquelles elles deviennent plus probables.
Pour le Maroc, la fécondité a déjà fortement reculé, comme le montre une étude de l’Institut national français d’études démographiques, qui la situe à 1,97 enfant par femme, sous le seuil de remplacement des générations. Ce niveau traduit une transformation profonde de la famille marocaine, portée notamment par un recours plus large à la contraception, puisque sept femmes mariées sur dix utilisent aujourd’hui une méthode contraceptive, un accès que le smartphone a pu faciliter en élargissant l’information sur ces méthodes.
Cette transformation familiale se produit aussi dans une société devenue massivement connectée. Selon les données de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, le smartphone est présent dans la quasi-totalité des ménages marocains, avec un taux qui atteint 100% en milieu urbain et continue de progresser dans le rural. Entre 2019 et 2024, plus de 6,7 millions de nouveaux individus se sont équipés en smartphone et 7,1 millions de personnes supplémentaires utilisent Internet.
Aucune étude officielle ne permet aujourd’hui d’établir un lien précis entre l’usage du smartphone et la baisse de la fécondité au Maroc. Mais l’hypothèse mérite d’être intégrée au débat, au moins comme facteur possible de transformation des comportements sociaux. Elle appelle aussi à sensibiliser les jeunes et adultes aux effets des écrans sur la vie relationnelle, en rappelant qu’aucun outil numérique ne remplace les liens humains ni les rencontres réelles.
Cette baisse ne s’est pas arrêtée avec la reprise économique qui a suivi la crise financière, puisqu’elle s’est poursuivie durant les années 2010 puis après la pandémie. Pour les chercheurs, cela oblige à regarder au-delà des causes habituelles et à identifier un changement apparu au même moment, assez massif pour toucher presque toute une génération. Leur hypothèse est celle du smartphone, introduit à grande échelle avec l’iPhone lancé en 2007.
La force de l’étude tient à sa méthode, fondée sur le fait qu’entre juin 2007 et février 2011, l’iPhone n’était disponible aux États-Unis qu’avec l’opérateur AT&T. Les territoires bien couverts par ce réseau ont donc été exposés plus tôt au smartphone moderne que les autres. Cette différence a permis aux auteurs de comparer l’évolution des naissances dans les zones fortement exposées à l’iPhone et dans celles qui l’étaient moins, afin de mesurer si cette exposition précoce s’accompagnait d’un recul plus marqué de la fécondité.
Les résultats montrent un effet particulièrement marqué chez les jeunes femmes, avec une baisse des naissances estimée entre 4,5% et 8% chez les 15-19 ans, et entre 3,2% et 6,6% chez les 20-24 ans. Les effets existent aussi chez les groupes plus âgés, mais ils sont moins importants. À l’échelle américaine, les auteurs estiment que la diffusion de l’iPhone pourrait expliquer entre 33% et 52% de la baisse du taux général de fécondité observée entre 2007 et 2011.
L’étude ne met pas en avant un effet direct du téléphone sur la décision d’avoir un enfant. Les chercheurs pointent plutôt un changement de comportement, marqué par un recul des interactions sociales en personne, une hausse du temps passé seul et une diminution de la fréquence des relations sexuelles dans plusieurs groupes d’âge.
L’étude évoque aussi un accès plus facile à l’information sur la contraception, ce qui peut renforcer la maîtrise des grossesses, ainsi que certains usages numériques pouvant se substituer à une partie des relations réelles. Les auteurs ne concluent donc pas que l’iPhone “empêche” les naissances, mais qu’il peut réduire les situations sociales et intimes dans lesquelles elles deviennent plus probables.
Pour le Maroc, la fécondité a déjà fortement reculé, comme le montre une étude de l’Institut national français d’études démographiques, qui la situe à 1,97 enfant par femme, sous le seuil de remplacement des générations. Ce niveau traduit une transformation profonde de la famille marocaine, portée notamment par un recours plus large à la contraception, puisque sept femmes mariées sur dix utilisent aujourd’hui une méthode contraceptive, un accès que le smartphone a pu faciliter en élargissant l’information sur ces méthodes.
Cette transformation familiale se produit aussi dans une société devenue massivement connectée. Selon les données de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, le smartphone est présent dans la quasi-totalité des ménages marocains, avec un taux qui atteint 100% en milieu urbain et continue de progresser dans le rural. Entre 2019 et 2024, plus de 6,7 millions de nouveaux individus se sont équipés en smartphone et 7,1 millions de personnes supplémentaires utilisent Internet.
Aucune étude officielle ne permet aujourd’hui d’établir un lien précis entre l’usage du smartphone et la baisse de la fécondité au Maroc. Mais l’hypothèse mérite d’être intégrée au débat, au moins comme facteur possible de transformation des comportements sociaux. Elle appelle aussi à sensibiliser les jeunes et adultes aux effets des écrans sur la vie relationnelle, en rappelant qu’aucun outil numérique ne remplace les liens humains ni les rencontres réelles.
