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Lundi 12 Octobre 2026
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«Laâkika» célébrée dans le respect des traditions séculaires

Sept jours durant, mère et enfant font l'objet de tous les soins
Chez les familles slaouies attachées à la tradition à Salé, la phase de grossesse chez la femme, l'accouchement et tout le cérémonial qui accompagne les festivités marquant la nais

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Dans la famille Zniber, à l'image des grandes familles slaouies (Hassar, Sbihi, Hamdouch, Hajji, Bensaïd, Zouaoui...), la femme est entourée de mille soins dès les premiers signes de grossesse jusqu'au quarantième jour après l'accouchement.

Déroulement

Au cours des neuf mois de grossesse, ce sont des femmes accompagnées de la qabla (sage-femme) qui veillent aux petits soins sur la future maman.
"Elles ont pour mission de la conforter des divers désagréments et indispositions d'ordre psychologique qui accompagnent la grossesse depuis les premiers moments (période d'ouhem) jusqu'à l'accouchement", indique une femme de la ville, bien au fait de la tradition.

Quant au mari, il ne manque pas de participer, lui aussi, à ce grand manège fait de solidarité et de sollicitations conviviales à l'égard de celle qui est à présent "entre deux vies".
D'ailleurs, "ne plaît-il pas à Dieu de manifester toutes sortes d'égards à celle qui va enfanter".
Les angoisses de la femme enceinte, exprimées sous formes d'envies de toutes sortes ne rencontrent que compréhension, complicité et indulgence. Sous les directives de la qabla, la femme enceinte est soumise à tout un chapelet de rites devant la mettre à l'aise ainsi que son enfant.

Des recettes culinaires, des conseils d'hygiène corporelle et autres petites recommandations sont de la partie.
A la veille de l'accouchement, une cérémonie de henné est organisée par la mère de la femme en grossesse.

Plantes et minéraux connus sous le nom de sarghina (encens, alun, harmal, musk, gomme de génule) sont brûlés en fumigations propitiatoires.
Sept jours durant à Salé, mère et enfant font l'objet de tous les soins.

Petits soins

Quant à la nourriture de la maman, le " sfouf " reste le plat de prédilection durant les sept premiers jours.
A la veille de la célébration de "laâkika", la famille apporte lkmassa, tout ce dont la femme et son bébé ont besoin (habillements, produits d'hygiène, jouets, etc.). Chants et rythmes traditionnels avec une troupe de tebbala et ghyata sont de la fête.

A l'aube du septième jour de la naissance, la grande famille se réunit pour célébrer solennellement la naissance du bébé. Tout le monde prend le petit-déjeuner fait de harira, sfouf et autres délices de la tradition culinaire.

Au terme de ce repas, lait ou café sont servis aux convives avec d'autres victuailles, étape qui précède le sacrifice du mouton de "smiya", l'identification nominative du nouveau-né. Le mouton est immolé par le doyen de la famille.
C'est en fait le moment où l'on annonce officiellement le prénom choisi pour l'enfant, au milieu d'un tonnerre de youyous et du tintamarre des tabbala et ghyata, le tout enveloppé dans les saveurs odorantes de sarghina.
Le choix du prénom du premier bébé est laissé à l'appréciation des parents et grands-parents, avec un penchant vers les noms du Prophète et ses compagnons.

Le soir, une grande fête est organisée, avec un dîner copieux auxquels sont invités proches et connaissances. Le 40e jour de la naissance, la nfissa (nouvelle maman) sort au hammam dans une ambiance de fête, accompagnée de femmes qui lui sont proches.
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Le référentiel religieux

La femme slaouie enceinte est tête nue, nattes défaites, la ceinture dénuée, les mains et les pieds embellis de henné.
La future maman, ainsi que sa famille invoquent Dieu, font les louanges du Prophète et de Lalla Fatima-Zohra sa fille. Faire l'aumône aux pauvres est un acte hautement recommandé à cette occasion.

"Pour mettre la mère dans de bonnes dispositions, on lui prépare une soupe à base d'oignon, de nfoula, de smen avec du pain, des youyous retentissent en signe de joie". Le père, voire le doyen de la famille slaouie, par référence à la Sunna, récite à l'oreille du nouveau-né l'appel à la prière, un hymne à l'adresse, mais aussi revêt-il une dimension d'identification et d'appartenance à la communauté.
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