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Dimanche 16 Août 2026
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CAN 2026 : le grand gâchis des Lionnes de l’Atlas

Organisée à domicile, la 14e édition de la Coupe d’Afrique des nations féminine devait offrir au football marocain le sacre continental tant attendu. Il n’en sera rien. Les Lionnes de l’Atlas ont bouclé leur tournoi à une bien triste quatrième place, samedi, éjectées du podium par le rival algérien au stade olympique de Rabat (1-1, 2-3 TAB.). Cet échec retentissant, scellé au terme d’un parcours marqué par une impuissance offensive persistante et une nouvelle désillusion dans l’épreuve des tirs au but, vient ternir une fête populaire pourtant exceptionnelle. Si la qualification à la Coupe du monde 2027 est certes acquise, grâce à la présence dans le dernier carré, le résultat brut laisse un goût particulièrement amer. Une remise en question tactique du travail du sélectionneur Jorge Vilda apparaît plus que jamais nécessaire, tout comme le renouvellement d’un groupe où plusieurs cadres commencent à accuser le poids des années. Un chantier immense se profile désormais pour la FRMF.

La tristesse des joueuses marocaines après la défaite face à l'Algérie. Ph. Saouri
La tristesse des joueuses marocaines après la défaite face à l'Algérie. Ph. Saouri
L’équipe nationale féminine a terminé son parcours en CAN 2026 sur une défaite amère face à l’Algérie (1-1, 2-3 TAB), samedi, lors du match de classement de la compétition. Pour cette rencontre disputée sur la pelouse du Stade olympique de Rabat, l’enjeu était clair : sauver l’honneur et offrir une médaille de bronze au public marocain. Pourtant, le scénario a une nouvelle fois tourné à la désillusion. Les joueuses de Jorge Vilda pensaient pourtant avoir fait le plus dur en ouvrant le score dès la 37e minute par la jeune Kautar Azraf. Mais incapables de faire le break, malgré plusieurs occasions franches, les Marocaines ont laissé leur rivale reprendre progressivement confiance.



À la 83e minute, Lina Boussaha a sanctionné la passivité de la défense marocaine en égalisant pour l’Algérie. Le coup de théâtre est intervenu dans le temps additionnel, lorsqu’un penalty a été accordé aux locales à la 97e minute. Nouhaïla Benzina s’est avancée avec l’occasion de délivrer les siennes, mais a manqué le cadre, envoyant les deux formations directement aux tirs au but. Un exercice fatal où le mental marocain a une nouvelle fois cédé, avec seulement deux tentatives transformées contre trois pour l’Algérie.

Une domination stérile et la malédiction récurrente des penaltys

Ce match pour la troisième place n’a fait que mettre en lumière un mal plus profond observé tout au long de cette CAN 2026 à domicile. Statistiquement, le Maroc a affiché une possession moyenne supérieure à 60% et une présence régulière dans le camp adverse. Mais cette domination territoriale s’est souvent heurtée à une inefficacité criante dans la zone de vérité, où l’attaque a cruellement manqué de tranchant. Plus préoccupant encore : la fébrilité apparue dès qu’il a fallu faire la différence sur penalty ou lors des séances de tirs au but. En demi-finale déjà, face au Cameroun, les Lionnes s’étaient inclinées dans ce même exercice (0-0, 1-3 t.a.b.) après avoir laissé filer plusieurs occasions. Sur les deux rencontres couperets, le Maroc n’aura ainsi converti que 3 de ses 9 tentatives lors des séances de tirs au but, sans même compter le penalty manqué par Benzina dans le temps additionnel contre l’Algérie. Une statistique révélatrice d’une faille aussi bien mentale que technique.

Fin de cycle et incertitude sur l’avenir de Vilda

Au lendemain de cette nouvelle désillusion, le bilan du sélectionneur Jorge Vilda se retrouve logiquement au centre des interrogations. Arrivé avec le statut de champion du monde, le technicien espagnol n’est pas parvenu à installer une véritable identité de jeu ni à provoquer le sursaut attendu lorsque la pression s’est intensifiée. Au-delà du banc, c’est aussi l’ensemble du groupe qui semble appeler à une profonde réflexion. Plusieurs cadres historiques de la sélection, à l’image de la capitaine Ghizlane Chebbak, de Najat Badri ou de Fatima Tagnaout, semblent avoir atteint la fin d’un cycle héroïque, mais désormais marqué par l’usure physique et mentale.
Pour préparer la Coupe du monde 2027 au Brésil, la Direction technique nationale devra donc amorcer une transition générationnelle réfléchie. L’objectif sera d’intégrer rapidement les jeunes talents issus des équipes de jeunes ou des clubs nationaux et européens, de renouveler les idées, de moderniser le jeu et surtout de reconstruire une équipe capable de retrouver l’ambition et le caractère nécessaires pour rivaliser avec les meilleures nations du monde.
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