Censé incarner l’unité de l’Afrique de l’Est autour du football, le projet «Pamoja», porté par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, se heurte à des réalités contrastées. Si la Tanzanie avance à bon rythme avec la modernisation de ses infrastructures, le Kenya et l’Ouganda accusent des retards difficiles à ignorer. Consciente des enjeux liés au prestige de la compétition, la CAF a tenté, à travers la réunion de Kampala, d’insuffler un nouvel élan. L’instance continentale veut croire au succès de ce modèle inédit, mais exige désormais du concret : des garanties solides, loin des simples promesses budgétaires.
Dans un communiqué, la CAF a précisé que cette rencontre visait avant tout à «faire le point sur l’état d’avancement des préparatifs» et à renforcer la synergie entre les trois pays. En prônant la solidarité, elle cherche à poser les bases d’une co-organisation efficace. À Kampala, le message est clair : coordination millimétrée et engagement total. «Le projet Pamoja est un symbole d’unité et de coopération», rappelle la CAF, qui entend en faire une référence organisationnelle sur le continent.
Une sortie médiatique pour faire taire les rumeurs
Cette réunion ministérielle s’inscrit aussi dans une stratégie de communication bien huilée. Depuis des mois, les rumeurs d’une délocalisation de la CAN 2027 enflent en raison des retards accumulés. En réunissant ses partenaires à Kampala, la CAF a voulu frapper fort et couper court aux spéculations. Présent sur place, le secrétaire général par intérim, Samson Adamou, a salué les progrès réalisés, tout en réaffirmant que «la CAF est pleinement engagée à soutenir les trois pays hôtes» afin de garantir des infrastructures prêtes dans les délais. Un discours offensif pour contenir le scepticisme ambiant.
Selon le communiqué de l’instance, les discussions ont porté sur des dossiers sensibles, notamment «les garanties gouvernementales et le financement des projets», des points cruciaux pour rassurer les observateurs. La CAF a également insisté sur la mise en place de «visites d’inspection régulières» afin de suivre de près chaque avancée. De leur côté, les trois pays ont profité de cette tribune pour afficher leur détermination, promettant une accélération des chantiers et une mobilisation totale de leurs ressources pour tenir leurs engagements.
