Menu
Search
Mardi 29 Septembre 2026
S'abonner
close

CAN 2027 : le projet « Pamoja » sous pression, la CAF préparerait un plan B

À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, l’organisation tripartite de la compétition par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, baptisée « Pamoja », traverse une zone de fortes turbulences. D’un côté, le discours officiel de la Confédération africaine de football (CAF) et de son président Patrice Motsepe se veut rassurant, l’instance répétant que les trois pays d’Afrique de l’Est seront au rendez-vous. De l’autre, de récentes révélations du quotidien français « Le Monde » dressent un tableau nettement moins reluisant, faisant état de retards importants sur plusieurs chantiers et d’une CAF qui, en coulisses, travaillerait déjà sur des solutions alternatives. Ce décalage entre le discours institutionnel et la réalité des infrastructures nourrit forcément les interrogations sur la capacité des trois pays à relever le défi dans les délais impartis.

Le Talanta Stadium (Raila Odinga International Stadium) de Nairobi est la pièce maîtresse au niveau des infrastructures proposées par le Kenya pour la CAN 2027.
Le Talanta Stadium (Raila Odinga International Stadium) de Nairobi est la pièce maîtresse au niveau des infrastructures proposées par le Kenya pour la CAN 2027.
Les pays hôtes de la Coupe d’Afrique des Nations 2027 seront-ils réellement prêts à temps pour accueillir le grand rendez-vous continental ? Officiellement, la CAF assure que le projet « Pamoja », nom donné à cette édition, avance dans la bonne direction. Mais en coulisses, l’instance panafricaine chercherait bel et bien à préparer un éventuel plan B. Selon les informations publiées par le quotidien français « Le Monde », la situation sur le terrain serait bien plus préoccupante que ne le laisse entendre le discours officiel. Les différents rapports d’inspection feraient état de retards importants dans la construction et la rénovation des stades, mais aussi dans la mise à niveau des infrastructures d’accueil et des réseaux de transport au Kenya et en Ouganda. La Tanzanie, de son côté, semble afficher une situation plus avancée, notamment autour d’enceintes majeures comme le stade Benjamin-Mkapa. Mais au-delà des stades, c’est la coordination logistique entre les trois pays qui pose question. Face à ces difficultés, la CAF aurait commencé à explorer discrètement plusieurs scénarios de secours afin de ne pas se retrouver prise de court. Une démarche qui illustre surtout l’ampleur du défi auquel l’instance est confrontée : organiser une compétition de cette envergure dans trois pays différents exige une préparation sans faille, alors que le calendrier, lui, ne laisse plus beaucoup de marge.

Optimisme de la CAF mais pressions sur le terrain

Malgré les différentes alertes et les rapports qui remontent jusqu’au siège de la CAF au Caire, la position officielle de l’instance dirigeante du football africain reste inchangée. Lors de ses récentes visites d’inspection et dans ses interventions publiques, le président de la CAF, Patrice Motsepe a écarté l’hypothèse d’une délocalisation et réaffirmé sa confiance dans la capacité du trio est-africain à relever le défi. En présentant parfois les retards comme un signal destiné à pousser les gouvernements concernés à accélérer le rythme, la direction de la CAF cherche à préserver le projet initial et à maintenir la dynamique autour de la candidature commune baptisée « Pamoja ». Mais sur le terrain, les échéances avancent inexorablement et certains chantiers accusent encore un retard difficile à rattraper. La prochaine mission d’inspection devrait donc revêtir une importance particulière. Elle permettra de mesurer concrètement les progrès réalisés et de déterminer si les engagements pris par les pays hôtes se traduisent enfin par des avancées suffisamment rapides.

Les mastodontes du continent sondés par la CAF

Dans l’éventualité où le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ne parviendraient pas à tenir leurs engagements, la CAF aurait commencé à examiner, discrètement, différentes options pour éviter un scénario de crise. Plusieurs acteurs du football continental soulignent que certains pays disposent déjà d’infrastructures opérationnelles et des capacités hôtelières nécessaires pour reprendre l’organisation d’une phase finale dans un délai relativement court. Parmi les destinations susceptibles d’être envisagées figurent notamment le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire. Ces pays disposent de stades répondant aux standards internationaux et d’une expérience récente dans l’organisation de grandes compétitions continentales ou internationales. Pour la CAF, l’enjeu est désormais de taille : tout en continuant d’accompagner le projet « Pamoja », l’instance doit anticiper tous les scénarios afin de préserver la tenue de la CAN 2027 dans les meilleures conditions. Le compte à rebours est bel et bien lancé.
Lisez nos e-Papers