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Vendredi 10 Avril 2026
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Dossier de la finale de la CAN 2025 : Patrice Motsepe tente l’apaisement depuis Rabat

Après une escale à Dakar, Patrice Motsepe a posé ses valises au Maroc, jeudi, avec une mission brûlante : calmer les tensions entre le Maroc et le Sénégal après le séisme provoqué par la décision du Jury d’appel de la CAF. En toile de fond, une finale de CAN 2025 explosive, un titre retiré au Sénégal et accordé sur tapis vert au Maroc. Le président de la CAF a d’abord échangé avec Fouzi Lekjaâ, patron de la FRMF, avant de monter au front face aux médias marocains au complexe Mohammed VI. Pendant près de deux heures, le dirigeant sud-africain a jonglé avec les mots, multipliant les réponses mesurées sur un dossier hautement inflammable : recours devant le TAS, accusations de favoritisme, arbitrage africain… rien n’a été éludé, mais tout a été pesé.

Patrice Motseppe et Fouzi Lekjaâ lors de la conférence de presse tenue jeudi à Salé.
Patrice Motseppe et Fouzi Lekjaâ lors de la conférence de presse tenue jeudi à Salé.
Près d’un mois après le verdict qui a fait basculer la finale de la CAN 2025, Patrice Motsepe a entamé une tournée express entre Dakar et Rabat pour tenter d’éteindre l’incendie. Après son tête-à-tête avec Lekjaâ, également premier vice-président de la CAF, il s’est présenté devant la presse marocaine avec un objectif clair : reprendre la main sur un dossier qui échappe désormais au terrain. Entre recours au TAS et critiques grandissantes, le patron du football africain a tenté de remettre de l’ordre dans un climat sous tension, tout en évoquant les maux plus profonds qui freinent le développement du football continental.

Motseppe compte sur le TAS pour ramener le calme et ressouder le football africain !

Sur la finale Maroc-Sénégal, Motsepe n’a pas caché sa frustration face aux débordements qui ont terni l’événement. Mais il a aussitôt renvoyé le dossier devant le Tribunal arbitral du sport. «J’ai été extrêmement déçu par ce qui s’est passé. Mais aujourd’hui, tout est entre les mains du TAS. Honnêtement, j’en ai assez de revenir sans cesse sur cette finale. C’est du passé», a-t-il lâché. Dans la foulée, il a salué l’organisation marocaine, qualifiant cette édition de «CAN la plus réussie de l’histoire». Convaincu que le TAS tranchera, il voit dans cette décision à venir une opportunité de réconciliation : «Elle unira le Sénégal, le Maroc et les 54 nations africaines».

Le patron de la CAF ouvre la porte aux actions en justice sur la corruption

Depuis la décision du Jury d’appel, la CAF essuie une pluie d’accusations de corruption, notamment du côté sénégalais. Un climat alourdi par un communiqué virulent du gouvernement de Dakar. Face à ces attaques, Motsepe n’a pas esquivé. Au contraire, il a invité les accusateurs à passer à l’action. «Si quelqu’un pense qu’il y a corruption, qu’il saisisse la justice. Je les encourage à le faire. Je n’ai rien à cacher», a-t-il affirmé. Tout en rappelant l’existence d’enquêtes menées par des juges indépendants, il a balayé certaines accusations, les qualifiant d’«infondées». Un message ferme, sans rupture du ton diplomatique.

Le président de la CAF opte pour la retenue sur le dossier des supporters sénégalais

Interrogé sur les hooligans sénégalais arrêtés à Rabat, Motsepe a choisi la prudence. Un sujet sensible qu’il a abordé avec une extrême réserve, invoquant le respect strict de la souveraineté judiciaire. S’il a confirmé avoir échangé avec les autorités marocaines et la FRMF, il a insisté sur une issue passant par un dialogue entre États. Pour lui, la CAF doit assumer ses responsabilités sportives sans empiéter sur les procédures judiciaires nationales. Une ligne claire : implication, oui, ingérence, non.

La CAN 2027 confirmée

Profitant de cette sortie médiatique, Motsepe a aussi regardé vers l’avenir. Il a réaffirmé son soutien total au projet «Pamoja 2027» et mis fin aux rumeurs : la CAN 2027 aura bien lieu en Afrique de l’Est, du 19 juin au 18 juillet, sous la bannière du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie. Malgré les inquiétudes sur les infrastructures, il s’est voulu confiant, citant l’exemple ivoirien comme preuve que le continent sait relever ses défis. Pour lui, cette édition marquera un tournant : une première durable en Afrique de l’Est et surtout la dernière CAN au format biennal, avant le grand virage vers une compétition tous les quatre ans.
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