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Hervé Renard regrette d’avoir quitté l’équipe du Maroc

Parti en 2019 alors qu’il était lié à la FRMF jusqu’en 2022, Hervé Renard admet aujourd’hui qu’il n’aurait « jamais dû » quitter le Maroc. L’ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas revient sur une phase charnière, marquée par le retour au Mondial 2018 et par l’émergence d’une équipe installée depuis au plus haut niveau. Il met également en avant la transformation structurelle du football national, voyant dans la CAN 2025 et dans la modernisation des infrastructures l’illustration d’une progression durable. Une dynamique collective à laquelle il estime avoir contribué dans le cadre d’un projet fédéral plus large, devenu l’un des repères majeurs de sa carrière.

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Pour Hervé Renard, l’aventure sur le banc des Lions de l’Atlas s’impose encore comme un tournant, au point que l’entraîneur français évoque aujourd’hui son départ comme une décision qu’il n’aurait pas dû prendre. Interrogé dans une interview récemment diffusée sur la chaîne YouTube "Colin Interview" au sujet de la rupture la plus douloureuse de sa carrière, il tranche sans détour: « Je vais répondre différemment... Je n’aurais jamais dû quitter l’équipe nationale marocaine ». Engagé contractuellement avec la Fédération royale marocaine de football « jusqu’en 2022 », rappelle-t-il, il avait pourtant choisi de partir en 2019. Un choix qu’il analyse désormais avec recul : « Je n’aurais pas dû partir, mais cela fait partie des erreurs que l’on commet dans nos vies professionnelles, et quand on regarde la suite, on est sûr que c’était une erreur ».



Ce regret prend toute sa portée à la lumière du bilan qu’il dresse de son passage au Royaume. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Hervé Renard affirme que « 90% de positif » sont à retenir de cette expérience, rappelant qu’il sortait alors d’une période difficile à Lille. Il insiste sur le rôle structurant de la Fédération et de son président, Fouzi Lekjaâ, « qui a beaucoup fait pour moderniser le football de son pays, en faisant en sorte de le doter de très bonnes infrastructures, d’un cadre très professionnel ». Pour le technicien français, cette transformation a profondément modifié le statut international de la sélection : « Le Maroc fait aujourd’hui partie des dix ou quinze meilleures sélections du monde, et je suis fier d’avoir participé à ce projet ».

Il met également en avant la relance sportive opérée durant son mandat, rappelant que la qualification pour la Coupe du monde 2018 a mis fin à vingt ans d’absence sur la scène mondiale. L’ancien sélectionneur souligne avoir accompagné l’émergence d’une nouvelle génération, citant notamment Achraf Hakimi et Youssef En-Nesyri, tout en replaçant cette dynamique dans un projet fédéral plus large qui dépasse les trajectoires individuelles.

Observateur attentif de la CAN 2025 organisée au Maroc, il évoque une compétition vécue « avec beaucoup de passion et d’admiration pour la qualité des stades ». Présent à Rabat lors du match d’ouverture, il met en avant la mue des infrastructures, avec en tête le Complexe sportif Moulay Abdellah : « J’avais joué dans l’ancienne version du stade, la nouvelle est exceptionnelle, magnifique ». Malgré les incidents qui ont marqué la fin du tournoi, il refuse de réduire l’événement à ces images, estimant que « cette Coupe d’Afrique a été superbe » et qu’« il ne faut pas tout mettre à la poubelle ».

Au moment de la finale, il reconnaît avoir soutenu les Lions de l’Atlas — « je n’ai pas peur de le dire » — même si sa situation familiale, son épouse étant sénégalaise, le plaçait dans une position particulière, confie-t-il. Sur les débats liés à un éventuel avantage du pays organisateur, il adopte une lecture mesurée : « Dans chaque grande compétition, il peut y avoir des petits avantages, mais cela ne suffit pas pour gagner. La preuve, ce n’est pas le Maroc qui a remporté la Coupe d’Afrique chez lui ».

Aujourd’hui à la tête de la sélection saoudienne, Hervé Renard n’a visiblement pas tourné la page marocaine.
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