Dans l'antre de l'Estadio BBVA, là où l'intensité tactique exigeait des nerfs d'acier et une concentration absolue, Mazraoui a fait bien plus que tenir son rang. Le défenseur marocain a régné, face à des Néerlandais pris au dépourvu. Aligné sur le flanc gauche avec la polyvalence hybride qui fait sa force, le Mancunien a asphyxié les velléités offensives néerlandaises, tout au long des 120 minutes disputées, sans jamais flancher. Si la qualification s'est dessinée au bout de la nuit lors de la séance fatidique des tirs au but, le chef-d’œuvre défensif du Maroc porte la signature du natif de Leiderdorp. Les chiffres, d'une éloquence rare pour un match de ce niveau de pression, traduisent l’impact d'un joueur en état de grâce : 92% de passes réussies, fluidifiant chaque relance sous la pression du pressing adverse, 8 duels au sol remportés sur 10, érigeant un véritable mur sur son côté. Aussi, 5 tacles réussis et 3 interceptions décisives, dont un sauvetage salvateur dans la surface en prolongation.
La constance d'un métronome, de la CAN au sommet mondial
Cette masterclass mexicaine n'est en réalité que la suite logique d'un grand cru 2025-2026 pour le Lion. Déjà impérial lors de la dernière Coupe d'Afrique des nations, Mazraoui affiche depuis le début de ce Mondial une régularité de métronome. Qu'il s'agisse de verrouiller face au Brésil en ouverture ou de dicter le tempo face à l'Écosse, sa capacité à alterner les tâches défensives de premier rideau et les projections offensives intelligentes en fait une pièce maîtresse unique. Face aux «Oranje», sa polyvalence a été le verrou de sûreté des Lions. Capable de coulisser pour prêter main-forte à l'axe central ou de dédoubler pour libérer des espaces, il a écœuré ses anciens compatriotes par son sens de l’anticipation. Alors que le Maroc s'apprête à défier le Canada en huitièmes de finale, Mohamed Ouahbi sait qu’il possède en Mazraoui un guerrier au pied de velours, le garant d'une arrière-garde prête à prolonger le rêve américain.
