Il est des vérités que le rectangle vert ne peut dissimuler bien longtemps. Alors que le Onze national tanguait dangereusement sous les assauts d’une surprenante et décomplexée sélection haïtienne, mené par deux fois dans un match piège qui menaçait de transformer le rêve américain en mirage, un homme est sorti de sa boîte. Entré à la 69e minute sous les clameurs et, disons-le, les yeux sceptiques d'une partie de l’opinion sportive, Soufiane Rahimi n'a pas seulement insufflé la révolte. Il a écrit, en l’espace de vingt et une minutes, une ode textuelle à la résilience. Résultat : un but libérateur à la 78e minute pour délivrer ses coéquipiers (3-2), puis une offrande lumineuse pour le jeune Gessime Yassine (89e) afin de sceller définitivement le triomphe et la qualification des Lions de l’Atlas pour les seizièmes de finale du Mondial 2026. Le football offre souvent une seconde chance à ceux qui refusent d'abdiquer, et pour Rahimi, ce mercredi soir à Atlanta sonnait comme une rédemption, une éclatante revanche. Sa célébration après le but de la 78e minute en dit d'ailleurs long sur ce sujet.
Pourtant, les chiffres vont à l'encontre de ces appréciations : Rahimi a été le remplaçant le plus généreux en apport, celui qui a réalisé le plus de sprints, avec une place dans le Top 10 des meilleures vitesses moyennes enregistrées lors du premier tour (selon la FIFA). Mercredi, Mohamed Ouahbi a eu le nez creux en lançant son dynamiteur alors que le navire chavirait. Là où d'autres auraient fléchi sous le poids de la pression et du dénigrement, Rahimi a fait preuve d'un sang-froid chirurgical. Son apparition a transformé un bloc offensif stérile en une machine de guerre verticale. Son but a été un chef-d'œuvre de positionnement et d'instinct de tueur des surfaces, tandis que la passe adressée à Gessime à la 89e minute met en relief l'altruisme pur d'un joueur qui place le drapeau national au-dessus de sa propre frustration.
À ceux qui doutaient de sa capacité à évoluer au plus haut niveau, l'attaquant a répondu par des faits. Pas de déclarations fracassantes en zone mixte, pas de posts vindicatifs sur les réseaux sociaux. Juste une prestation majuscule qui rappelle que le réservoir de grinta de cette équipe puise aussi sa source dans l'école marocaine.
Le purgatoire de 2022 et le poids du scepticisme
Pour comprendre la charge émotionnelle qui a accompagné cette célébration rageuse du natif de Casablanca, il faut remonter à décembre 2022. Alors que le Maroc émerveillait la planète entière au Qatar, Rahimi rongeait son frein, privé de la fête par les choix de l’époque, exilé dans le Golfe loin des projecteurs de la consécration. Une mise à l’écart qui aurait pu briser la trajectoire de bien des talents, mais pas celle de l'enfant chéri du Raja. Revenu en grâce à force de triomphes avec Al-Aïn, Soufiane a pourtant été jeté en pâture aux loups dès l'entame de cette campagne nord-américaine. Trop « local » pour les uns, « profil inadapté à l'intensité mondiale » pour les autres, ou carrément "indigne de la sélection, avec des qualités physiques insuffisantes". Ses rares minutes disputées face au Brésil et à l'Écosse avaient suffi à alimenter le moulin des critiques faciles.Pourtant, les chiffres vont à l'encontre de ces appréciations : Rahimi a été le remplaçant le plus généreux en apport, celui qui a réalisé le plus de sprints, avec une place dans le Top 10 des meilleures vitesses moyennes enregistrées lors du premier tour (selon la FIFA). Mercredi, Mohamed Ouahbi a eu le nez creux en lançant son dynamiteur alors que le navire chavirait. Là où d'autres auraient fléchi sous le poids de la pression et du dénigrement, Rahimi a fait preuve d'un sang-froid chirurgical. Son apparition a transformé un bloc offensif stérile en une machine de guerre verticale. Son but a été un chef-d'œuvre de positionnement et d'instinct de tueur des surfaces, tandis que la passe adressée à Gessime à la 89e minute met en relief l'altruisme pur d'un joueur qui place le drapeau national au-dessus de sa propre frustration.
À ceux qui doutaient de sa capacité à évoluer au plus haut niveau, l'attaquant a répondu par des faits. Pas de déclarations fracassantes en zone mixte, pas de posts vindicatifs sur les réseaux sociaux. Juste une prestation majuscule qui rappelle que le réservoir de grinta de cette équipe puise aussi sa source dans l'école marocaine.
