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Mardi 21 Juillet 2026
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Mondial 2030 : Infantino pousse fortement pour une édition à 64 équipes

À peine le Mondial 2026 à 48 équipes refermé, le football mondial est déjà agité par une nouvelle révolution en préparation. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, appuyé par le patron de la CONMEBOL, Alejandro Domínguez, milite pour une Coupe du monde à 64 sélections à l'occasion de l'édition du Centenaire en 2030. Alors que le tournoi doit être coorganisé par le Maroc, l'Espagne et le Portugal – avec trois rencontres inaugurales prévues en Amérique du Sud –, cette expansion inédite pourrait bouleverser en profondeur l'équilibre et la gouvernance du football mondial. Mais à vouloir toujours repousser les limites, la FIFA s'expose aussi au risque de diluer le prestige d'une compétition longtemps réservée à l'élite de la planète football.

Image de la cérémonie de clôture du Mondial 2026. Ph. FIFA
Image de la cérémonie de clôture du Mondial 2026. Ph. FIFA
Toujours plus vaste, toujours plus ambitieuse ! La FIFA et son président Gianni Infantino ne semblent pas vouloir s'arrêter à la formule à 48 équipes. L'objectif désormais évoqué est encore plus spectaculaire : porter le Mondial à 64 nations dès 2030, lors de l'édition organisée par le Maroc, l'Espagne et le Portugal. Le débat a été relancé par Alejandro Domínguez, président de la CONMEBOL. Dans une sortie très remarquée, le dirigeant paraguayen a plaidé ouvertement pour un tournoi à 64 équipes afin de célébrer dignement le centenaire de la première Coupe du monde disputée en Uruguay en 1930. Selon l'instance sud-américaine, cette évolution permettrait à l'Uruguay, à l'Argentine et au Paraguay d'accueillir de véritables phases de groupes plutôt que de simples matchs symboliques. Une vision qui rejoint parfaitement les ambitions de Gianni Infantino. Fort du succès économique et médiatique du format à 48 équipes, le patron de la FIFA poursuit sa stratégie d'élargissement à l'échelle mondiale. À l'approche d'une nouvelle campagne pour la présidence de l'instance (2027-2031), le dirigeant suisse peut compter sur l'appui de la CAF et de l'AFC, séduites par une représentation accrue de leurs sélections nationales. Si la FIFA assure que le projet reste à l'étude au sein de ses différentes commissions, la tendance politique semble claire : l'instance dirigeante envisage sérieusement un tournoi aux dimensions inédites, capable de redessiner la carte du football mondial.

Un impact majeur sur l'organisation maroco-ibérique

L'hypothèse d'un Mondial à 64 équipes redistribuerait profondément les cartes pour la candidature conjointe du Maroc, de l'Espagne et du Portugal. Conçue à l'origine pour accueillir l'essentiel de la compétition après trois rencontres inaugurales en Amérique du Sud, l'organisation maroco-ibérique devrait revoir toute sa mécanique. Sur le plan logistique, l'arrivée de 16 sélections supplémentaires porterait le total à 128 matchs. Pour les trois pays hôtes, cela impliquerait davantage de stades mobilisés, une pression accrue sur les capacités hôtelières et une hausse significative des coûts d'organisation. Une partie de cette charge pourrait toutefois être transférée vers l'Amérique du Sud. Afin d'honorer les engagements pris envers la CONMEBOL, la FIFA étudierait la possibilité de confier plusieurs groupes complets à l'Uruguay, à l'Argentine et au Paraguay. Montevideo, Buenos Aires et Asunción ne seraient alors plus de simples villes de célébration, mais de véritables centres de compétition. Si cette option allège en partie la pression sur les infrastructures maroco-ibériques, elle renforce aussi le caractère éclaté du tournoi. La coorganisation entre deux continents prendrait une ampleur sans précédent et poserait d'immenses défis en matière de transport, de logistique et d'impact environnemental.

Un format plus lisible mais aux risques démesurés

Sur le plan sportif, le passage à 64 équipes présente un avantage évident : une architecture plus simple à comprendre. Contrairement à la formule à 48 équipes et à son système complexe de meilleurs troisièmes qualifiés, le nouveau modèle reposerait sur 16 groupes de quatre équipes, avec qualification directe des deux premiers pour les seizièmes de finale. D'un point de vue financier et en matière de représentativité, cette formule offrirait une exposition sans précédent aux nations émergentes tout en garantissant des recettes record à la FIFA.
Mais ces bénéfices peinent à faire taire les inquiétudes. La principale critique concerne l'inévitable dilution du niveau de jeu. L'intégration de sélections moins compétitives pourrait multiplier les affiches déséquilibrées dès le premier tour et réduire l'intensité sportive de l'épreuve. Plus préoccupant encore, l'allongement du calendrier accentuerait la charge physique imposée à des joueurs déjà soumis à un enchaînement incessant de compétitions. Cette course à l'expansion suscite d'ailleurs une forte opposition de l'UEFA et des principaux syndicats de joueurs, qui y voient avant tout une manœuvre politique et économique réalisée au détriment de la santé des athlètes. À force de vouloir faire toujours plus grand, la FIFA pourrait finir par fragiliser ce qui a longtemps fait la force du Mondial : son caractère exceptionnel et son exigence sportive.
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