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Dimanche 05 Avril 2026
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Mondial 2030 : les entreprises françaises proposent leur expertise au Maroc

L’échéance de 2030 se rapprochant, la dynamique engagée pour l’organisation de la Coupe du monde s’intensifie. Les chantiers lancés ou qui le seront sont énormes et touchent à des secteurs aussi divers que le tourisme, la billetterie et le BTP. Dans ce contexte, la France, partenaire historique du Maroc, compte se positionner, mettant en avant son expertise et la densité de ses relations avec le Royaume. À Salé, le 2 avril 2026, dans le cadre de la Task Force Maroc-France réunie à l’initiative de la Fondation Maroc 2030, responsables publics et acteurs économiques ont affiché clairement leur volonté de mettre en commun les moyens des entreprises des deux pays pour faire aboutir ce grand rendez-vous dans le cadre d’une approche «gagnant-gagnant».

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À quelques encablures de la capitale administrative, une réunion de la Task Force Maroc-France s’est tenue à Salé à l’initiative de la Fondation Maroc 2030. Responsables publics, dirigeants économiques et représentants institutionnels étaient de la partie, affichant le même objectif : explorer les pistes d’une coopération optimale dans le cadre de la mise en œuvre des chantiers de la Coupe du monde que le Maroc coorganisera en 2030 avec l’Espagne et le Portugal. L’importance de l’enjeu n’échappe à personne : une présence dense d’entreprises françaises, une implication institutionnelle affirmée et une convergence des discours. Et, au fil des échanges, une idée s’impose : le Maroc s’affirme comme un espace d’investissement attractif où le respect des standards internationaux s’érige désormais en règle.

Une vision stratégique de long terme

Ouvrant les échanges, Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération Royale marocaine de football (FRMF) et ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des finances, chargé du Budget, pose d’emblée le cadre. «C’est une réalisation qui s’inscrit dans une politique Royale», affirme-t-il, précisant que l’organisation de la Coupe du monde de football 2030 s’inscrivait dans «un processus que nous développons depuis plus de deux décennies». Cette précision n’est pas anodine. Elle permet de replacer l’échéance dans une continuité : «Chaque année est une étape pour préparer cette Coupe du monde et les événements qui l’entourent, avant et après 2030.» Dans cette perspective, l’événement cesse d’être une finalité pour devenir un accélérateur.



Dans le même ordre d’idées, M. Lekjaâ met en avant la solidité du socle partenarial franco-marocain : «Aujourd’hui, nos opérateurs économiques se connaissent parfaitement et travaillent ensemble depuis plusieurs années», soulignant que «cette relation est une richesse [...] qui nous donne la possibilité d’avancer plus rapidement et de surmonter les défis». Et d’ajouter, dans une logique résolument opérationnelle : «Cette rencontre doit donner plus d’élan, plus de contenu à ce travail».

Une mobilisation française sans précédent

Prenant part à cette rencontre, Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité, confirme : «Je ne vois pas toujours autant d’entreprises répondre présent dans d’autres pays, mais ici elles sont extrêmement nombreuses.» Le constat, est hautement significatif. Mais il va plus loin. «Il y a une vraie appétence à soutenir ce partenariat dans la perspective de 2030», poursuit-il, en précisant que «nos entreprises ont envie de participer, d’être partenaires dans cette Coupe du monde que vous allez organiser». Le message est on ne peut plus clair. D’autant que, rappelle le ministre français : «Nous sommes dans un partenariat gagnant-gagnant». Une formule qui s’appuie sur un savoir-faire déjà éprouvé, la France disposant d’une expertise reconnue dans l’organisation de grands événements, couvrant un champ large, «de la billetterie à la mobilité, en passant par les transports, l’hébergement et le tourisme».

Un marché et des exigences techniques élevées

Le représentant du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) se veut plus explicite en insistant sur la rigueur d’exécution et la définition des priorités. Pour Gérard Wolf, dans de tels événements, la première priorité tient à l’accessibilité. «La question de l’accessibilité est majeure», affirme-t-il, avant d’en souligner l’exigence : «Nous devons être intransigeants et en première ligne sur cette question.» L’approche, précise-t-il, se veut inclusive : «L’accessibilité ne se résume pas aux fauteuils roulants, elle concerne tous les types de handicap», faisant écho aux dispositifs mis en œuvre lors des Jeux olympiques pour intégrer des réalités souvent peu visibles. Pour le chef du patronat français, «L’innovation doit être au cœur de ce que nous devons construire ensemble». À ce titre, la question de la décarbonation doit être aussi prise en considération. «Ce n’est pas une mode, c’est un objectif mondial», rappelle Gérard Wolf, en s’appuyant sur un retour d’expérience tangible : «Une réduction de 47% de l’empreinte carbone» à l’occasion des Jeux olympiques.

Une structuration opérationnelle déjà enclenchée

En écho à ces enjeux, Mouad Hajji, directeur général de la Fondation Maroc 2030, précise les principes devant régir toute coopération. «Mutualiser nos ressources, rapprocher les expertises, structurer un pilotage efficace et garantir que les retombées économiques profitent à nos nations», souligne-t-il. Et c’est ce qui explique justement l’installation d’une Task Force «ancrée dans une vision durable et ambitieuse», destinée à «structurer une coopération sectorielle mobilisant l’ensemble des leviers de développement», des infrastructures à la mobilité, selon une logique d’articulation entre les différents champs d’intervention. Et la coordination est appelée à se renforcer davantage dans les prochains jours : «Nous allons mettre en place d’ici un mois un atelier de travail», annonce-t-il, précisant qu’il portera sur «les stades, les sites d’entraînement, le transport, l’hébergement et les technologies», et réunira «les principaux acteurs nationaux et internationaux».

Un levier de transformation économique

Sur le registre économique, Mohamed Bachiri, président de Maroc Industrie au sein de La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), précise la portée du projet en des termes explicites : «La Coupe du monde 2030 constitue [...] un projet économique structurant, porteur d’une dynamique de transformation profonde de notre économie nationale.» L’enjeu ne se limite pas à l’événement lui-même. «Elle mobilisera des investissements significatifs» et «accélérera la modernisation de secteurs stratégiques», observe-t-il, tout en soulignant que «les opportunités sont concrètes pour nos entreprises». À travers ces éléments, se dessine une logique d’entraînement qui dépasse le seul cadre sportif. Évoquant «la reconfiguration des chaînes de valeur» et «les enjeux de souveraineté industrielle», il met en avant une complémentarité appelée à se structurer davantage, le Maroc étant présenté comme une «plateforme stratégique [...] vers le continent africain». La finalité, enfin, est posée sans détour : «Faire de cette Coupe du monde un levier de création de valeur, de partenariat durable et de développement économique partagé».

Une coopération élargie, portée aussi par la jeunesse

Sur un autre registre, Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, tient à souligner une dimension non moins importante, à la croisée du sport et du lien entre les sociétés. Il évoque d’abord «la passion commune du football» et «l’amitié entre nos deux pays», avant d’en élargir la portée : «Il y a une volonté partagée de se mettre au service de la jeunesse.» Cette orientation se prolonge par un rappel de la responsabilité. Les fédérations, souligne-t-il, encadrent «des millions de jeunes [...] qui vont bâtir la société de demain», conférant à cette coopération une dimension qui excède le seul cadre des compétitions. Dans cette perspective, une étape supplémentaire est envisagée : la formalisation de cette dynamique à travers «un accord de partenariat renforcé», appelé à s’inscrire dans la durée et à structurer les actions à venir.

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