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Vendredi 16 Octobre 2026
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Omar Skalli : Le passage au Groupe 1 consacre la qualité des courses hippiques marocaines

Le sport hippique marocain franchit un nouveau cap avec le classement du Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Groupe 1 et du Prix du Prince Héritier Moulay El Hassan en Groupe 2. Dans un entretien accordé au «Matin», Omar Skalli, directeur général de la Société Royale d’encouragement du cheval (SOREC), revient sur la portée de cette reconnaissance, la modernisation des infrastructures, le développement de l’élevage national et les ambitions du Royaume à l’international. Il évoque également la contribution de la filière équine à la création de richesse et d’emplois, ainsi que la thématique de la 17e édition du Salon du cheval d’El Jadida, «Le cheval au service de l’humain», en phase avec la vision stratégique de l’institution.

Omar Skalli, PDG de la SOREC. Ph. Sradni
Omar Skalli, PDG de la SOREC. Ph. Sradni
Le Matin : Le classement du Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Groupe 1 et du Prix du Prince Héritier Moulay El Hassan en Groupe 2 marque une étape importante. Quelle est la portée de cette reconnaissance ?
Omar Skalli : Le Maroc occupe une place importante dans le paysage hippique international. Nous organisons des courses 361 jours par an sur les sept hippodromes du Royaume, avec une place majeure accordée aux pur-sang arabes. Avec plus de 1.000 courses annuelles dans cette catégorie, le Maroc se positionne au deuxième rang mondial, derrière la Turquie. Cette activité soutenue favorise la sélection des chevaux et renforce la visibilité de nos compétitions. La progression de nos grandes courses, du Groupe 3 au Groupe 2, puis au Groupe 1 pour le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, témoigne des efforts accomplis. Ces classements reposent sur des critères internationaux exigeants, notamment les performances des quatre meilleurs chevaux sur trois années consécutives. Ils consacrent ainsi la qualité de nos épreuves et leur capacité à attirer des chevaux de haut niveau. Cette évolution ouvre également de nouvelles perspectives aux éleveurs et propriétaires marocains, qui peuvent désormais participer à des courses prestigieuses dans leur propre pays. Une victoire au plus haut niveau accroît la valeur d’un cheval et de sa descendance, contribuant à améliorer la qualité génétique et à valoriser les élevages. Notre priorité est donc de bâtir un élevage national performant et de favoriser l’exportation des pur-sang arabes marocains vers les marchés internationaux, afin de générer davantage de valeur pour toute la filière.




La SOREC poursuit la modernisation de son réseau, notamment avec le nouvel hippodrome de Rabat. Quels sont les principaux atouts de cette infrastructure ?

L’hippodrome de Rabat représente une étape majeure dans la modernisation de notre réseau. Ce premier équipement de nouvelle génération a été conçu pour répondre à des exigences élevées en matière de performance, de durabilité et de confort. La piste sera dotée d’un revêtement fibré nécessitant très peu d’eau, voire aucune dans certaines conditions d’humidité. Dans un contexte de stress hydrique, cette innovation permettra de préserver les ressources tout en améliorant la stabilité et la qualité du terrain. L’objectif est d’offrir aux chevaux de meilleures conditions de course et de disposer d’une infrastructure répondant aux standards internationaux.
Mais notre ambition dépasse le seul cadre sportif. Nous voulons faire de cet hippodrome un véritable lieu de vie, animé tout au long de l’année. Un restaurant, des loges, des espaces de conférences et des lieux d’exposition permettront de diversifier les activités et d’accueillir différents publics. Le site ne sera donc pas uniquement fréquenté les jours de courses, mais deviendra un espace ouvert sur la ville et son environnement. Cet équipement constituera notre navire amiral et incarnera nos ambitions en matière d’infrastructures hippiques. Au regard des progrès accomplis par la filière équine marocaine, le Royaume mérite un hippodrome de cette envergure. Nous espérons offrir à Rabat, la Ville des Lumières, une infrastructure à la hauteur de ses ambitions.


La 17e édition du Salon du cheval d’El Jadida est placée sous le thème «Le cheval au service de l’humain». Comment cette thématique rejoint-elle la vision stratégique de la SOREC ?

Ce thème correspond pleinement à notre raison d’être : nourrir la passion du cheval au service des hommes et des territoires. Notre mission consiste à transformer cette passion, profondément ancrée dans notre société, en une dynamique de création de richesse, afin que tous les acteurs de l’écosystème équin bénéficient du développement de la filière. La dimension territoriale est essentielle. Présente dans différentes régions du Maroc, la filière équine peut contribuer au développement économique local, notamment grâce à la création d’emplois en milieu rural. Cette ambition rejoint les Hautes Instructions Royales relatives au développement du monde rural et à la création de richesse. Elle s’inscrit également dans les orientations de la stratégie Génération Green, portée par le ministère de l’Agriculture, notre ministère de tutelle. Le cheval est donc bien davantage qu’un symbole patrimonial ou un vecteur de passion. Il constitue aussi un levier de développement économique et social. Notre objectif est de renforcer cette contribution et de faire en sorte que les retombées de cette activité profitent à l’ensemble des acteurs de la filière et aux territoires qui la font vivre.


Entre transformation digitale, amélioration génétique et partenariats internationaux, quels sont les principaux défis de la SOREC pour renforcer le leadership du Maroc en Afrique et dans le monde arabe ?

Le Maroc bénéficie d’une reconnaissance croissante en Afrique. Plusieurs fédérations, dont celle du Bénin, s’inspirent de notre expérience. Nous accompagnons également des partenaires africains dans le lancement et la structuration des courses hippiques, notamment en matière de formation des jockeys, d’organisation et de réglementation. Nous travaillons à la création d’une association africaine des autorités hippiques qui favoriserait la coopération et le partage des bonnes pratiques, à l’image de la CAF dans le football. En parallèle, nous développons les échanges commerciaux avec des opérateurs hippiques et de paris internationaux. Les courses marocaines sont ainsi progressivement diffusées sur des marchés étrangers, renforçant le rayonnement de notre savoir-faire et les perspectives de développement de la filière.
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