De retour au Complexe Mohammed VI de football de Maâmora à l’occasion d’un rassemblement de quelques jours, la sélection nationale féminine a disputé deux matchs amicaux contre le Burkina Faso au stade El Madina de Rabat. Le premier acte de cette série, disputé vendredi dernier, s’est rapidement transformé en démonstration technique. Les protégées de Jorge Vilda ont imposé un pressing haut et une circulation de balle d’une grande fluidité. La vitesse d’exécution des Lionnes a rapidement étouffé une défense burkinabée dépassée par les combinaisons entre les lignes.
Sanaâ Mssoudy a allumé la première mèche en inscrivant deux buts en l’espace de six minutes, refroidissant d’entrée les ambitions adverses. Portées par cette entame fulgurante, les Marocaines ont ensuite déroulé avec sérénité, dictant le rythme de la rencontre. Ibtissam Jraïdi, en véritable renarde des surfaces, a profité de cette domination pour s’offrir un doublé, tandis que Yasmine Mrabet a fait parler sa précision sur un coup de pied arrêté. Ce large succès de cinq buts à un à l’issue de la première manche traduisait non seulement la supériorité technique des Lionnes, mais aussi l’affirmation d’une identité de jeu claire, fondée sur l’occupation des espaces et les projections rapides vers l’avant.
La seconde confrontation a cependant offert un tout autre scénario, plus proche des défis qui attendent le Maroc lors de la phase finale de la CAN. Face à des Étalons Dames revanchardes et mieux organisées tactiquement, les Lionnes se sont heurtées à un bloc défensif compact. Moins tranchantes dans le dernier geste et parfois imprécises dans la zone de vérité, les Marocaines ont dû répondre à un défi physique intense. Le Burkina Faso, dangereux en transitions rapides, a même cru créer la surprise lorsque Naomie Kabré a ouvert le score à moins de dix minutes de la fin du temps réglementaire. Mais dans les moments délicats, les grandes équipes savent réagir. Refusant de céder, les joueuses nationales ont poussé jusqu’au bout et ont arraché l’égalisation dans le temps additionnel grâce à l’opportunisme de Mssoudy.
Au terme de ce stage à Rabat, le bilan comptable reste positif, mais les enseignements tactiques priment les chiffres. Jorge Vilda a ainsi pu observer la profondeur de son effectif et tester plusieurs animations au milieu de terrain. Si l’efficacité de cadres comme Jraidi ou Mssoudy demeure une arme majeure, la nécessité de varier les solutions face à des défenses regroupées est apparue comme l’un des principaux axes de travail avant la CAN.
