Menu
Search
Mardi 16 Juin 2026
S'abonner
close

Les créances en souffrance

Le besoin de gérer les risques de manière intégrée remonte particulièrement cette année en surface, à cause d'activités bancaires de plus en plus diverses et globales, de la complexité des produits financiers, de prise de positions insuffisamment garanties (crise des subprimes américains), et de la volatilité des marchés (Crise financière des taux de change, crise du dollar…).

Les créances en souffrance
Plus que jamais, l'intégration des risques à travers toutes les classes de produits financiers, à travers l'ensemble des filiales et succursales de la banque, ainsi qu'auprès des activités des traders et analystes financiers est une affaire sérieuse. Le système financier marocain n'y échappe pas. La mission conjointe «FSAP» du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui s'est déroulée en fin 2007 a abouti certes à la conclusion que le secteur bancaire marocain est stable et rentable, en constatant la mise en conformité des banques publiques aux ratios prudentiels et aux normes du comité de Bâle. Néanmoins, la mission a relevé la part encore importante, des crédits en souffrance qui continue de peser sur la qualité des actifs du secteur et un niveau de concentration du risque de crédit élevé.

En effet, la progression rapide sinon excessive du crédit au Maroc, où les agents économiques paraissent par ailleurs lourdement endettés, aggrave le risque global dans le secteur bancaire. Les crédits ont augmenté d'environ 97 MMDH, soit 28,7%, au terme de l'année 2007 et de 18% en 2006 contre un moyen de 16% les 5 dernières années (2003/2007).
Une accélération du crédit qui accroît en fait les opportunités de prise de risque par les banques, notamment lorsque l'environnement est remarquablement concurrentiel et marqué par la course aux parts de marché.
Solution : Bank Al-Maghrib a invité le système bancaire à rester vigilant sur l'évolution du crédit, et à actualiser les efforts en matière de gestion des risques et d'anticipation plus vigilante quant au retournement de conjoncture, aussi bien aux niveaux global et sectoriel que pour les grands risques.

La Banque centrale a aussi relancé la réflexion approfondie sur les mécanismes de garantie tels Fogarim et Fogalef…
En effet, la nouvelle réglementation prudentielle qui a été finalisée en juin 2004 par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, a été mis en application en 2007.
Bale II est venu renforcer et compléter celle de Bale I ayant permis d'harmoniser, au niveau mondial, les pratiques et normes en matière de surveillance bancaire. Le dispositif couvre les exigences en matière de fonds propres en s'appuyant sur les diverses méthodes de mesures de risque (risque de crédit, risque de marché et risque opérationnel).

Déontologie ou l'antifraude Après l'affaire de Kerviel chez la Société Générale, le cas du Crédit Agricole du Maroc laisse dire que les banques marocaines n'échappent pas aux fraudes.
Le rôle concret de la déontologie remonte dès lors en puissance. L'entrée en vigueur du nouvel Accord sur les fonds propres (Bâle II) dans son approche standard édicte plusieurs textes régissant notamment le contrôle interne, la gouvernance, la conformité, le plan de continuité d'activité et les dispositifs de gestion des risques de concentration, de taux d'intérêt et de liquidité. Seul hic, faute de circulaires non suffisamment adaptées et explicites, la déontologie au sein des banques marocaines a avancé ses premières lacunes. Bank Al-Maghrib exige aux banques une équipe déontologique d'une personne pour chaque 500 salariés (1/500), et d'une personne pour 1000 dans les autres sociétés cotées (1/1000).

Même si ce pourcentage est très bas par rapport à ce qui est en vigueur dans les banques internationales, cet effectif n'est pas respecté pour la plupart des banques de la place. Au moment où les banques européennes comptent une cellule de plus 100 personnes chacune (un déontologue et des assistants), celles du Maroc déploient des équipes déontologiques composées d'à peine 5 personnes en moyenne. «Le Crédit Agricole compte une cellule de deux personnes, Attijariwafa bank 4 et BMCE Bank 10», ont avancé les déontologues respectifs de chaque banque lors des Premières rencontres internationales de la déontologie financière et bancaire tenues à Casablanca le 27 mars dernier.

Autre hic, les petites filiales sont-elles efficacement contrôlées de même manière que la banque principale ? En effet, ce n'est pas le cas chez toutes les banques marocaines. Conformément aux règles bâloises, aux principes et dispositions de la circulaire 40/G relative au contrôle interne, les risques doivent être gérés, mesurés et contrôlés d'une manière consolidée. De plus, qu'en application des dispositions de la directive 49/G de Bank Al Maghrib, l'implémentation de la fonction «Conformité» ou «Déontologie» doit s'opérer au niveau de l'ensemble des entités du groupe bancaire.
------------------------------------------------------

un réseau de déontologues

En clôture des Premières rencontres internationales de la déontologie financière et bancaire tenues à Casablanca le 27 mars dernier, les professionnels représentant les banques, les entreprises cotées à la Bourse de Casablanca, les sociétés de gestion du secteur financier et plusieurs professionnels des organismes régulateurs (Banque Al-Maghrib, CDVM) ont souligné l'importance de la création d'un réseau structuré des déontologues au Maroc, regroupant les professionnels du secteur financier, et ceux des entreprises.

Autre résolution des participants : l'organisation l'année prochaine des 2es Rencontres internationales de la déontologie financière et en entreprise, à Rabat, le 9 avril 2009. Outre qu'ils sont appelés à veiller au respect des règles déontologiques, établir et mettre à jour la liste des personnes initiées, les déontologues doivent consigner et contrôler les transactions effectuées par les initiés et animer des séances de sensibilisation aux règles déontologiques au profit des initiés au moins une fois par an. Ces nouveaux acteurs sont également habilités à établir un rapport annuel à adresser au CDVM au plus tard 30 jours calendaires après la clôture de chaque exercice.
Lisez nos e-Papers