Les rumeurs du marché avançaient un «éventuel» rapprochement entre cette société spécialisée dans la commercialisation des engrais minéraux solides avec l'entreprise familiale Charaf Corporation. Aucun démenti n'a été apporté par les parties concernées. Une semaine plus tard, Fertima n'était pas encore citée par les journaux d'annonces légales lorsque le CDVM décida la reprise de sa cotation suite à l'expiration du délai réglementaire de la suspension. Le suspense a été maintenu jusqu'au point de presse tenu lundi dernier à Casablanca. La rumeur s'est confirmée mais, cette fois, c'est officiel. En rachetant 86,6% du capital de Fertima, Charaf Corporation devient le premier actionnaire de Fertima. Et si l'opération a pris son temps avant qu'elle ne soit annoncée, c'est parce qu'il fallait attendre le feu vert des autorités compétentes, notamment le ministère de l'Agriculture et le Conseil de la concurrence.
L'enjeu est stratégique dans la m esure où l'opération touche l'amont du secteur agricole ô combien vital pour l'économie et la sécurité alimentaire du pays. L'idéal serait donc de l'inscrire dans une vision globale cadrée par les grandes orientations agricoles du nouvel Exécutif. «Les engrais peuvent jouer un rôle dans cette dynamique de développement. On doit être une des locomotives du développement de l'agriculture au Maroc». Le pari d'Amin Kandil, administrateur-directeur général de Charaf Corporation est ambitieux. C'est une véritable logique industrielle qui guide cette opération de rapprochement.
L'objectif étant de capitaliser sur le savoir- faire développé par chacune des deux structures. «Charaf n'est pas simplement un fournisseur de produits, mais surtout un fournisseur de solutions», ajoute A. Kandil non sans fierté. Depuis sa création en 1989, Charaf Corporation s'est positionnée sur le créneau des grands domaines agricoles.
Elle dispose de 14 sites et plateformes à travers le Maroc totalisant une capacité de stockage de plus de 300 mille tonnes. Sa principale force est liée à sa capacité à rendre les engrais disponibles tout au long de l'année. Les ingénieurs agronomes de Charaf, au nombre de 20, proposent des produits de nutrition végétale de haute technicité à des prix compétitifs. Ses recettes en 2007 totalisent 812 millions de DH. Pour sa part, Fertima, dont la création remonte à 1972, a souvent privilégié les petits et moyens agriculteurs auprès desquels elle jouit d'une bonne notoriété. Son chiffre d'affaires a atteint 797 millions de DH en 2007. Le rapprochement entre ces deux entités complémentaires permet ainsi de joindre l'utile à l'agréable. Le fait de joindre deux grosses capacités d'investissement permet de développer à plus grande échelle des formulations de fertilisants adaptées selon les cultures, les sols et les régions. La fonction de Recherche et développement est fondamentale dans ce métier.
Une bonne pratique de nutrition végétale, associée à une bonne pratique culturale, garantit le droit à un meilleur rendement agricole.
«Il n' y avait pas d'autres solutions, les deux sociétés sont dotées des mêmes forces. Il fallait créer un leader national en coordonnant les activités des deux entreprises», précise M. Kandil (le père), fondateur de Charaf. A l'issue de ce rapprochement, les parts de marché contrôlées par le nouvel ensemble sont estimées à 55% aussi bien en tonnage qu'en termes de chiffre d'affaires. De par cette taille, la capacité d'intervention du groupe permet de couvrir des régions jusque-là non encore desservies par les opérateurs. Le potentiel de développement est considérable. Le Maroc n'a pas encore récolté les fruits de la libéralisation de ce secteur, désormais effective depuis 1990. La consommation atteint tout juste 950 mille tonnes par an, soit un tiers des besoins estimés par la FAO à 2,5 millions de tonnes.
Et seuls 51,4% des exploitations agricoles recourent à la fertilisation. Sachant que derrière ces chiffres se cache un paradoxe.
D'une part, les grands domaines qui représentent 7% des exploitations pratiquent une agriculture de pointe intégrant des solutions complètes de nutrition végétale selon les besoins de leurs cultures. D'autre part, les petits et moyens agriculteurs, représentant 70% des exploitations, pratiquent une agriculture traditionnelle et sont peu ou pas consommateurs d'engrais. Le rendement de leurs cultures se situe largement en deçà des espérances.
Il en résulte un appauvrissement des sols car ce qui est pris par la plante n'est pas restitué. Pour pouvoir augmenter les rendements de manière significative, il est nécessaire d'adopter des programmes intégrés de nutrition végétale couplés à des pratiques culturales modernes.
Il est à rappeler par ailleurs que l'acquisition par Charaf de 86,6% de Fertima s'est faite auprès des trois principaux groupes composant le tour de table de Fertima, en l'occurrence le portugais Adubos, les compagnies d'assurances Mamda et MCMA, ainsi qu'un certain nombre d'entités appartenant au groupe Holmarcom (Sanad, Atlanta et le courtier CPA). Le montant de l'opération s'élève à environ 400 millions de dirhams. Elle sera autofinancée à hauteur de 50% via les réserves financières de l'entreprise familiale Charaf. Le reste sera mobilisé auprès des banques, essentiellement la Banque centrale populaire. Le dossier de crédit déposé par Charaf Corporation a eu même le privilège d'être traité par deux présidents.
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Je quitte ou je reste chez Fertima ?/h4> Suite à l'acquisition du bloc de contrôle, Charaf sera dans l'obligation de proposer une Offre publique d'achat (OPA) aux actionnaires minoritaires de Fertima, celle-ci étant cotée à la Bourse de Casablanca. Ce sera donc un véritable test pour le projet industriel de Charaf. Le principe est simple. En devenant l'actionnaire majoritaire de Fertima, Charaf doit prendre en considération les intérêts des actionnaires minoritaires, ceux qui détiennent le reste du capital, soit 13,4%. Ils ont le choix entre soit « je quitte », soit « je reste». S'ils estiment par exemple que le projet de Charaf est viable, ils décideront de lui accorder leur confiance en s'attachant à garder leurs participations. Le choix des minoritaires n'est pas toujours lié à la qualité des projets industriels apportés par le nouvel actionnaire.
L'enjeu est stratégique dans la m esure où l'opération touche l'amont du secteur agricole ô combien vital pour l'économie et la sécurité alimentaire du pays. L'idéal serait donc de l'inscrire dans une vision globale cadrée par les grandes orientations agricoles du nouvel Exécutif. «Les engrais peuvent jouer un rôle dans cette dynamique de développement. On doit être une des locomotives du développement de l'agriculture au Maroc». Le pari d'Amin Kandil, administrateur-directeur général de Charaf Corporation est ambitieux. C'est une véritable logique industrielle qui guide cette opération de rapprochement.
L'objectif étant de capitaliser sur le savoir- faire développé par chacune des deux structures. «Charaf n'est pas simplement un fournisseur de produits, mais surtout un fournisseur de solutions», ajoute A. Kandil non sans fierté. Depuis sa création en 1989, Charaf Corporation s'est positionnée sur le créneau des grands domaines agricoles.
Elle dispose de 14 sites et plateformes à travers le Maroc totalisant une capacité de stockage de plus de 300 mille tonnes. Sa principale force est liée à sa capacité à rendre les engrais disponibles tout au long de l'année. Les ingénieurs agronomes de Charaf, au nombre de 20, proposent des produits de nutrition végétale de haute technicité à des prix compétitifs. Ses recettes en 2007 totalisent 812 millions de DH. Pour sa part, Fertima, dont la création remonte à 1972, a souvent privilégié les petits et moyens agriculteurs auprès desquels elle jouit d'une bonne notoriété. Son chiffre d'affaires a atteint 797 millions de DH en 2007. Le rapprochement entre ces deux entités complémentaires permet ainsi de joindre l'utile à l'agréable. Le fait de joindre deux grosses capacités d'investissement permet de développer à plus grande échelle des formulations de fertilisants adaptées selon les cultures, les sols et les régions. La fonction de Recherche et développement est fondamentale dans ce métier.
Une bonne pratique de nutrition végétale, associée à une bonne pratique culturale, garantit le droit à un meilleur rendement agricole.
«Il n' y avait pas d'autres solutions, les deux sociétés sont dotées des mêmes forces. Il fallait créer un leader national en coordonnant les activités des deux entreprises», précise M. Kandil (le père), fondateur de Charaf. A l'issue de ce rapprochement, les parts de marché contrôlées par le nouvel ensemble sont estimées à 55% aussi bien en tonnage qu'en termes de chiffre d'affaires. De par cette taille, la capacité d'intervention du groupe permet de couvrir des régions jusque-là non encore desservies par les opérateurs. Le potentiel de développement est considérable. Le Maroc n'a pas encore récolté les fruits de la libéralisation de ce secteur, désormais effective depuis 1990. La consommation atteint tout juste 950 mille tonnes par an, soit un tiers des besoins estimés par la FAO à 2,5 millions de tonnes.
Et seuls 51,4% des exploitations agricoles recourent à la fertilisation. Sachant que derrière ces chiffres se cache un paradoxe.
D'une part, les grands domaines qui représentent 7% des exploitations pratiquent une agriculture de pointe intégrant des solutions complètes de nutrition végétale selon les besoins de leurs cultures. D'autre part, les petits et moyens agriculteurs, représentant 70% des exploitations, pratiquent une agriculture traditionnelle et sont peu ou pas consommateurs d'engrais. Le rendement de leurs cultures se situe largement en deçà des espérances.
Il en résulte un appauvrissement des sols car ce qui est pris par la plante n'est pas restitué. Pour pouvoir augmenter les rendements de manière significative, il est nécessaire d'adopter des programmes intégrés de nutrition végétale couplés à des pratiques culturales modernes.
Il est à rappeler par ailleurs que l'acquisition par Charaf de 86,6% de Fertima s'est faite auprès des trois principaux groupes composant le tour de table de Fertima, en l'occurrence le portugais Adubos, les compagnies d'assurances Mamda et MCMA, ainsi qu'un certain nombre d'entités appartenant au groupe Holmarcom (Sanad, Atlanta et le courtier CPA). Le montant de l'opération s'élève à environ 400 millions de dirhams. Elle sera autofinancée à hauteur de 50% via les réserves financières de l'entreprise familiale Charaf. Le reste sera mobilisé auprès des banques, essentiellement la Banque centrale populaire. Le dossier de crédit déposé par Charaf Corporation a eu même le privilège d'être traité par deux présidents.
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