Ça pleut des cordes pour le meilleur et pour le pire

Interview avec Samir Bensaid

«L'IEA au service des acteurs de l'eau et de l'environnement»

author 0 LE MATIN

«L'IEA au service des acteurs de l'eau et de l'environnement»

Samir Bensaid, Directeur général de l'Institut international de l'eau et de l'assainissement.

C''La place de la recherche-développement et son rôle déterminant face aux enjeux de l'eau et de l'environnement'', c'est le thème traité lors de la Journée nationale de la R&D organisée par l'Institut international de l'eau et de l'assainissement (IEA) de l'ONEP. Quelque 200 personnes, des chercheurs en majorité et des représentants des principaux acteurs des secteurs concernés, étaient présentes et parmi elles le secrétaire perpétuel de l'Académie Hassan II, le DG de l'ONEP-ONE, les représentants de l'UNESCO, du PNUD, de la FAO, le DG de l'ex-CDER, le président d'université, Tayeb Chkili, et de nombreux doyens d'autres universités. Selon Ali Fassi Fihri, qui a présidé cette journée, «l'ambition de l'IEA est de devenir un outil au service de l'ONEP et de l'ensemble des acteurs de l'eau et de l'environnement au Maroc, en Afrique et dans le monde arabe».

Éco plus : La journée consacrée à la recherche- développement a été riche en débats et en propositions. Quels messages avez-vous voulu passer?

Samir Bensaid :
Ces messages sont clairs, le premier est destiné au monde de la recherche: l'IEA ne se positionne pas en concurrent ni en substitut aux laboratoires de recherche existants. Il se veut au contraire un facilitateur, un catalyseur et une passerelle entre l'entreprise ONEP d'un côté et le milieu universitaire et de la recherche de l'autre.

Le deuxième message est destiné aux autres entreprises et acteurs dans les domaines de l'eau et de l'environnement au Maroc, en affirmant que l'IEA se veut un outil à leur disposition. L'IEA est un bel acquis de l'ONEP mais aussi de notre pays. De ce fait, il veut contribuer à fédérer et à cristalliser, dans un souci de coordination, de mutualisation et d'optimisation, les travaux de recherche en partenariat et pour le compte d'autres entreprises et acteurs du secteur de l'eau et de l'environnement dans notre pays. On peut facilement imaginer de bâtir des partenariats stratégiques autour de projet de recherche d'envergure nationale ou régionale tels que la réutilisation des eaux usées épurées, le dessalement de l'eau de mer couplé à l'utilisation des énergies renouvelables, ou encore l'impact des changements climatiques sur la gestion des ressources en eau, etc.
Troisième message, en direction des institutions et agences de développement internationaux, concerne l'aspiration de l'IEA à assumer un rôle de Centre de ressources au plan régional au niveau de trois dimensions: l'Afrique, le monde arabe et la région de la Méditerranée, et ce dans le cadre des principes de coopération Sud-Sud visant à valoriser les ressources existantes dans les pays du Sud et partager les expériences et la mise en œuvre de solutions mieux adaptées aux contextes locaux.

En somme, l'IEA se veut un espace de rencontre et de partenariat pour l'eau, comme cela fut qualifié par un des participants à la Journée de la recherche du 11 février dernier, regroupant chercheurs, universitaires, ingénieurs, entreprises, décideurs politiques, élus et ONG.

L'IEA a été créé en juin 2008. Quel est son rôle et est-ce qu'il est suffisamment outillé pour le faire?

S'investir et investir dans la recherche demeure toujours un challenge très difficile, le relever requiert un travail continu, de la curiosité, de la persévérance, de la patience et surtout une ouverture d'esprit aux autres partenaires potentiels, aux autres domaines et aux nouvelles idées en osant s'aventurer au-delà des sentiers battus, des idées reçues. L'ONEP a pris ce risque de relever ce défi en s'assurant de prérequis et d'un minimum de conditions objectives et d'atouts majeurs qui me poussent à croire dans la capacité de l'IEA à réussir. Dans ce sens, il y a lieu de rappeler que l'IEA est le prolongement de l'ex-Centre de formation aux métiers de l'eau, internationalement connu sous l'acronyme ''CFTE'', qui fut créé en 1978. L'IEA a, par voie de conséquence, dans son actif plus de 30 ans d'expérience dans le domaine de la formation et du développement des capacités, un domaine propice au développement de la recherche. La création de l'IEA est le résultat de 3 ans d'études par une ''task-force'' interne de l'ONEP qui fut constituée autour de la DTH et l'ex-CFTE avec le recours à la sous-traitance pour certains points particuliers. Le principal résultat de ladite étude fut la décision de créer l'IEA en juin 2008 en regroupant les activités de la formation (ex-CFTE) et celles de la recherche qui furent jadis un peu éparpillées ici et là dans différentes entités opérationnelles de l'Office. Seul le laboratoire central de l'ONEP en charge du contrôle de la qualité des eaux, de par sa nature et celle de son personnel composé pour une bonne partie de docteurs-chercheurs, avait relativement pu mettre en œuvre une activité liée à la recherche dans le domaine des analyses et des procédés de traitement des eaux. L'autre atout majeur de l'IEA, c'est qu'il est adossé à un opérateur historique et central dans le secteur de l'eau au Maroc, à savoir l'ONEP. L'institut est, d'ailleurs, implanté dans un environnement exceptionnel, l'un des plus grands complexes industriels de production et d'eau potable en Afrique, avec plus près de 800.000 m3 par jour. Cet emplacement à lui seul symbolise parfaitement cette aptitude qu'à l'IEA d'être l'interface idéale entre le monde de la recherche et celui de l'industrie. Dans le même ordre d'idées, il y a lieu de noter que l'IEA s'appuie en grande partie sur les entités opérationnelles et fonctionnelles de l'ONEP, aux niveaux central et régional, à travers un large réseau d'ingénieurs, de techniciens et de cadres de l'entreprise. Pour ce faire, l'IEA se veut un bailleur de fonds de la recherche incitant les chercheurs à répondre en priorité au besoin de l'entreprise ONEP et du secteur de l'eau et de l'environnement au Maroc en général.

L'ONEP et d'autres acteurs dans le domaine de de l'eau et de l'environnement sont prêts à consacrer des budgets de plus en plus croissants à la recherche à condition que ces projets puissent répondre concrètement à court et moyen termes à leurs objectifs et à leurs attentes. L'ONEP s'est engagé à consacrer de plus en plus de ressources financières et d'augmenter progressivement son budget alloué à la recherche en fonction de la capacité des chercheurs et des laboratoires de recherche à répondre à ces besoins et ceux du secteur. Notre marge de manœuvre est sensiblement large, si l'on sait que l'on consacre un peu moins de 0,01% de notre chiffre d'affaires/ou d'investissements à la recherche et que l'on est prêt à y consacrer près de 1% dans les 10 années à venir, c'est-à-dire 100 fois le budget actuel, soit 300 millions DH.

''Les clusters se veulent le cadre privilégié pour abriter et animer la collaboration université-entreprise'', a déclaré le représentant de la CGEM, Hicham Bouzekri. Qu'en pensez-vous?

Je suis évidemment tout à fait d'accord sur le principe, puisque les clusters se veulent un cadre d'organisation en partenariat et d'optimisation par domaine, ce qui rejoint parfaitement, dans le fond, un des grands principes que nous avons annoncés et qui préside à l'action de l'IEA: celui du partenariat et de mise en réseau. On ne peut plus aujourd'hui continuer à travailler, chacun dans son petit coin, en ignorant ce que fait l'autre, ou pire, en ignorant ''l'état de l'avancement de l'art à l'échelle mondiale''. Il est temps, face à l'ampleur des défis dans le secteur de l'eau et de l'environnement, de dépasser l'esprit de «boutique» et on ne peut plus se permettre de réinventer la roue.

Maintenant sur la forme de ces clusters, il y a lieu d'examiner quelle est la forme juridique la plus adaptée à ce type d'organisation.

Quelle est l'opportunité de créer l'IEA ? répond-t-il à une attente, à un environnement donné en interne et en externe?

L'IEA répond bien entendu à une attente interne, celle de l'entreprise ONEP. Il faut savoir que celle-ci a vu ses activités monter en puissance ces dix dernières années en termes de volume mais aussi en termes de la nature même de ses activités. Les métiers de l'ONEP se sont diversifiés et ses missions se sont élargies, puisque en plus de l'Alimentation en eau potable (AEP) urbaine, l'entreprise a été investie au début des années 2000 des missions d'AEP rurale et de l'assainissement.
Pour prendre en charge ces missions, il a fallu bien entendu consacrer plus de ressources financières, mais il a fallu dans le renforcement des capacités des RH, véritable capital de l'entreprise, et enfin investir dans la R&D pour accompagner l'entreprise dans la réalisation de ses axes stratégiques et améliorer ses performances et son rendement.

Par ailleurs, les nouvelles orientations stratégiques à l'échelle nationale, qui affichent clairement une prise en charge plus systématique des questions de l'environnement et une préférence pour l'utilisation des énergies renouvelables, le projet de la charte de environnement, le grand projet solaire, la loi sur les énergies renouvelables, etc, offrent également un contexte favorable au développement de la recherche et des opportunités intéressantes pour les chercheurs et les laboratoires de recherche marocains. Et l'IEA se veut un outil pour contribuer au développement de la recherche dans les domaines en relation avec l'eau et l'environnement dans le cadre d'une vision stratégique de développement durable de notre pays.

Quelle est la part du développement durable dans la stratégie de l'IEA ?

Le développement durable est omniprésent dans la stratégie de l'IEA. D'abord, c'est une culture, c'est une vision et c'est une démarche qui doivent présider à la conduite des projets de recherche et à la mise en œuvre de leurs résultats.
L'objectif stratégique que s'est fixé l'IEA est d'œuvrer à travers la recherche et le renforcement des capacités au développement d'un système de gouvernance, des modes de gestion, des technologies innovants et adaptées dans le but d'assurer un service performant d'eau et d'assainissement à tous les citoyens à un prix abordable, et ce dans le cadre d'une démarche de développement durable préservant les droits des générations futures, des autres espèces vivantes et de la nature.

A ce titre, je considère que les questions liées à l'eau ne sont pas à traiter uniquement d'un ''angle techniciste''. L'eau et l'environnement sont des questions éminemment liées à la vie et la survie du genre humain, des autres espèces avec qui nous partageons cette planète et à la planète d'une manière générale.
L'eau est très ''politique'', l'eau est ''culture'', l'eau est ''spiritualitéminemmenté'', l'eau est tout simplement source de la vie.

C'est pour cela que les questions de l'eau doivent être traitées d'une manière intégrée et holistique, et bon nombre de solutions aux problèmes de l'eau sont à rechercher en dehors du secteur de l'eau.

Penser aux générations futures, penser aux autres espèces et à l'environnement qui ont droit à l'eau, œuvrer pour impliquer les citoyens-usagers dans la gestion des affaires de l'eau, revaloriser les techniques et les modes ancestraux les plus pertinents de mobilisation et de gestion des ressources en eau (metfeya, khettara, le mode de gestion oasienne…), traiter la pollution à la source, la réutiliser et à la recycler et transformer les rejets en ressources à valoriser par leur réintroduction dans l'écosystème naturel, enfin l'eau en tant que facteur de développement humain et lutte contre la pauvreté sont autant de d'exemples de sujets pertinents et prioritaires de recherche aux yeux de l'IEA.
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M. Queau, représentant de l'UNESCO au Maroc

Pour effectuer des recherches et améliorer les capacités, le système universitaire doit être renforcé par l'élargissement des programmes de diplômes et d'études doctorales et surtout il doit permettre aux pays de constituer une base de ressources humaines (dans certains pays 50 à 60% des chercheurs formés travaillent actuellement en Europe ou au Canada) et pour cela son autonomie doit être, entre autres, renforcée et rendue plus flexible.

Selon le rapport «Investir dans l'avenir: dépenses de la RD en Afrique» distribué à la veille de la conférence sur le «Partenariat scientifique avec l'Afrique» en 2008, il ressort que les Etats arabes d'Afrique comptent l'effectif le plus faible de chercheurs dans le monde avec 0,5%, derrière l'Amérique latine (2,5%), les Caraïbes et l'Océanie (1,4%) et bien évidement derrière l'Europe avec 33,4% et l'Amérique du Nord avec 24,8%.

L'Etat doit également mettre des structures fonctionnelles qui répondent à un besoin réel, et pas seulement politiques, visant : l'organisation au niveau national, la coopération internationale en la canalisant selon les propriétés nationales et la multiplication des interfaces entre la recherche et l'entreprise. Dans un contexte de déclin du financement public, de tels liens sont perçus comme une piste potentielle, susceptible de générer des revenus pour les universités. Cependant, il ne faut pas dénigrer le rôle de la recherche publique, dont son expertise, entendue comme une évaluation critique, est un élément essentiel de la relation de confiance entre la science et les citoyens, tout comme une aide incontournable à la décision publique.

Les questions, comme celle de savoir comment organiser la recherche de façon à la relier à l'agenda du développement, deviennent centrales mais l'engagement de l'Etat est primordial. Pendant que l'Asie et l'Amérique du Nord dépensent respectivement 37% et 31% des dépenses mondiales en recherche et développement, l'Afrique ne dépense dans ce domaine que 0,8%. Alors que le ratio d'intensité de la R&D dans les Etats arabes de l'Afrique est de 0,2% du PIB (0,1% du PIB pour les Etats arabes de l'Asie), celui de l'Amérique du Nord est 2,7% et celui de l'Europe est de 1,7%.

Le savoir est un élément crucial pour promouvoir la croissance économique et la compétitivité. Le potentiel de croissance future de l'économie du savoir dépend de sa capacité à produire des connaissances, accentuant ainsi la valeur et l'importance des activités de la R&D. Investir donc dans la production du savoir engendre, sans aucun doute, des retombées économiques.

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