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Le business du plastique devient un pilier majeur du Pacte Émergence

Les troisièmes Assises de l’industrie, tenues le 20 février dernier à Tanger, ont permis d’amorcer une nouvelle phase dans la vie du secteur plasturgique national. La filière a, en effet, conclu un contrat programme pour la période 2013-2020. L’année dernière, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 8 milliards de DH et sa croissance ne fait que se confirmer.

Le business du plastique devient un pilier majeur du Pacte Émergence
L’industrie de la plasturgie aura à développer une offre de sous-traitance destinée à l’industrie automobile, notamment pour l’intérieur des voitures, la carrosserie et les pièces techniques.

À n’en pas douter, l’industrie devient le premier pôle d’attraction des investissements directs étrangers dans le Royaume. Un indicateur le prouve : 8 milliards de DH drainés en 2012. Ce secteur, malgré les difficultés liées à la crise économique mondiale, traduit l’accélération impulsée par le Pacte Émergence. Dans ce Pacte, la filière de la plasturgie représente un des secteurs prioritaires. À juste titre, car il faut rappeler qu’elle est présente dans toutes les stratégies sectorielles, notamment l’aéronautique, l’automobile, la pêche (Plan Halieutis), l’agriculture (Plan Maroc vert)…

Les troisièmes Assises de l’industrie, tenues le 20 février dernier à Tanger, ont été l’occasion d’amorcer une nouvelle phase dans la vie de la filière plasturgique dans le Royaume, laquelle a conclu son contrat programme pour la période 2013-2020. Il s’agit concrètement d’un partenariat public-privé entre la Fédération marocaine de la plasturgie (FMP) et l’État, visant la création d’une zone industrielle dédiée au secteur et s’articulant autour de deux axes. Le premier vise la logistique et l’environnement économique, pendant que le second porte sur la formation avec la création d’un centre dédié aux ingénieurs et aux techniciens en plasturgie. Les spécialistes tablent sur un chiffre d’affaires global de quelque 28 milliards de DH d’ici à 2020 ainsi que sur la création de quelque 14 000 emplois directs et 70 000 emplois indirects.

Le nombre d’entreprises officiellement présentes dans l’ensemble du secteur est estimé à 650, actuellement. Elles comptent environ 80% de clients industriels. Ces entreprises sont à l’origine de la transformation de près de 550 000 tonnes, chaque année, moyennant un chiffre d’affaires de près de 11,3 milliards de DH. En termes d’emploi, le secteur a assuré en 2011 quelque 45 000 emplois directs et 300 000 emplois indirects. Au long des quatre dernières années, la filière a affiché une croissance cumulée de près de 50%, ce qui donne la mesure de son dynamisme.

Un secteur segmenté en cinq marchés

Dans le détail, la production nationale de produits plastiques est segmentée en cinq principaux marchés. À citer d’abord la fabrication d’articles pour la construction et les infrastructures (majoritairement des tubes), grâce à laquelle l’industrie locale répond à près de 70% des besoins domestiques, cette branche représente 14% du chiffre d’affaires de la filière et accompagne essentiellement le développement des infrastructures et du logement urbain. Elle est amenée à réinventer ses techniques afin d’accompagner les nouvelles tendances du marché ainsi que l’émergence que connaît le secteur du BTP dans son ensemble. Un autre segment de la filière non moins important est la fabrication d’articles utilisés dans l’agriculture (filets, films, bâches, caissettes…), également destinés au marché national et représentant environ 14% du chiffre d’affaires de la branche. Précisons que la croissance de la demande de produits plastiques dans le domaine de l’agriculture est estimée à 8% à l’horizon 2020.

Cette dynamique est portée par le Plan Maroc vert, les producteurs ayant à développer une nouvelle offre de produits techniques destinés à l’agriculture, pour ne citer que les films multicouches encore les pots dits hors-sol.
Pour leur part, la fabrication de pièces et la construction électrique pour l’automobile restent une branche nouvelle, mais à forte valeur ajoutée, représentant presque 10% du chiffre d’affaires de la filière. À noter que l’essor du secteur automobile aura des retombées directes sur ce segment de marché. Dans ce cadre, l’industrie plasturgique aura à développer une offre de sous-traitance destinée à servir l’industrie automobile, notamment sur les petites pièces techniques comme les systèmes de moteurs, l’intérieur des voitures, la carrosserie et les carburants. La dernière branche de la filière plastique concerne la fabrication de textiles et d’articles divers en plastiques, souvent à faible valeur ajoutée (mobilier de jardin, seaux...) et qui représente 24% du chiffre d’affaires du secteur. Concernant cette branche de produits, aucune mesure de dynamisation n’est prévue dans le cadre de la stratégie 2020 du fait de la forte concurrence provenant particulièrement de la Turquie et de la Chine.

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