On le constate chaque jour un peu plus : les produits du terroir au Maroc ont de l’avenir. La prise de conscience de l’important potentiel de ce créneau de l’agriculture, un des leviers de développement local, est de plus en plus forte, aussi bien de la part des pouvoirs publics qu’au niveau des différents acteurs dans ce domaine. C’est dans ce contexte qu’on assiste à l’enregistrement de nouveaux labels de produits du terroir : safran de Taliouine, clémentines de Berkane, huile d’argan, amandes de Tafraout, miel Zaqqoum de Tadla-Azilal, dattes de Boufkous et de Fuiguig… Et le reste à venir.
Cet essor bien amorcé des produits du terroir s’explique d’abord par un accroissement de la demande locale et par un positionnement des producteurs sur le marché à l’export. Il faut rappeler à ce sujet que le marché américain est un grand amateur des produits de terroir, le consommateur américain étant constamment à la recherche de produits à forte valeur ajoutée. Ce qui a encouragé les producteurs nationaux à le cibler pour certains produits tel le Safran. Le marché européen suit également cette tendance.
Le marché local aussi s’annonce porteur. En effet, l’on note les prémisses de la naissance d’un marché de consommateurs exigeant en qualité, qui va de pair avec l’émergence de nouveaux modes de vie alimentaires urbains.
Ce nouveau profil de consommateurs ne fait plus du prix sa première préoccupation, mais le relègue au second plan en faveur de la qualité et de la préoccupation sanitaire.
Le marché national offre également une autre catégorie de clientèle plus sensible à ces préoccupations et disposant d’un pouvoir d’achat plus important. Il s’agit des touristes étrangers. Ce créneau profite aussi de nouvelles opportunités offertes dans le domaine de la distribution, contribuant ainsi à aplanir l’une des entraves qui jugulaient le développement de la filière. Il s’agit notamment de la conversion de l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE) dans le commerce équitable et solidaire, en se transformant et en changeant de dénomination, devenant Maroc Taswiq.
Cet organisme public est en effet chargé désormais d’aider les coopératives à s’organiser et à promouvoir leurs produits. Il s’agit, en clair, de valoriser les produits des coopératives en améliorant le processus de production au niveau technique et en lançant des appels d’offres pour la certification des produits et celle des coopératives. Pour ce faire, Maroc Taswik signe des conventions de partenariat avec ces coopératives qui permettent à celles-ci d’en finir avec le foisonnement d’intermédiaires.
Ces coopératives n’ont qu’à déclarer la liste de leurs produits, en avançant leurs prix de vente, auxquels Maroc Taswiq ajoute une marge.
Et une fois le produit vendu, la coopérative reçoit le montant par virement sans aucune réduction sur le prix initial. De son côté, Maroc Taswik récupère les frais de transport et de stockage, via la marge ajoutée. Cette commercialisation se fait dans des commerces dédiés, appelés «Magasin solidaire et équitable». À ce jour, cet organisme a déjà ouvert deux magasins à Casablanca et à Mohammedia, en attendant d’inaugurer d’autres enseignes, notamment à El Jadida et Agadir… Maroc Taswiq offre ses services actuellement à près de 360 coopératives dans toutes les régions du pays. Certes, ce nombre est important, vu que l’on est parti de loin, mais le potentiel est encore très important étant donné que le Maroc compte plus de 9 000 coopératives. En outre, cette dynamique ne manquera pas de profiter de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie agricole nationale qui a intégré les produits du terroir parmi les filières à développer.
Le Plan Maroc vert, dont l’un des deux piliers est l’agriculture solidaire, compte faire de la filière des produits du terroir un levier de développement local, viable et durable dans les zones éloignées ou difficiles d’accès. «Cet intérêt accordé au développement de cette filière au Maroc émane des potentialités réelles du pays en matière d’écosystèmes propices, de biodiversité variée et de savoir-faire en la matière», indique-t-on auprès du ministère de tutelle, en précisant que cet intérêt est également motivé par la demande croissante de ces produits sur les marchés nationaux et mondiaux.
