Les différentes interventions visant à normaliser les relations entre l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et ses fournisseurs que regroupe la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et énergies renouvelables (FENELEC) et à trouver des solutions à leur différend ont abouti. Cette issue pourrait même déboucher sur des résultats meilleurs que prévu pour plus de durabilité dans la relation entre les deux parties et pour un développement du secteur. En effet, l’ONEE et la FENELEC ont créé une commission mixte qui tiendra des réunions techniques restreintes avec la cadence nécessaire pour résoudre tous les différends entre eux.
Et la première tâche ne sera pas de tout repos. Il s’agit du dispatching de l’acompte de 500 millions de dirhams qui vient d’être versé par l’État à l’ONEE. Elle a aussi pour mission urgente, d’après la Fenelec, «de trouver le meilleur moyen de résoudre la problématique liée aux pénalités de retards et à la restitution des cautions». Et ce n’est pas tout. Le directeur général de l’ONEE et le président de la FENELEC envisagent de lancer le chantier d’un contrat-programme commun avec le gouvernement.
Il est à noter que plusieurs intervenants ont apporté leur contribution au déblocage de la situation. Il s’agit du directeur général de l’ONEE Ali Fassi-Fihri, la présidente de la CGEM Miriem Bensalah Chaqroun et le ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Fouad Douiri. Ainsi, l’État a versé 500 millions de DH à l’ONEE pour régulariser sa situation auprès des fournisseurs et régler le problème lié aux délais de paiement.
De son côté, l’ONEE a pris des mesures pour fluidifier le contrôle et le règlement des factures ainsi que le déblocage des cautions. Et toutes les parties se sont mises d’accord pour rechercher un équilibre dans le traitement au cas par cas de ces dossiers.
Par ailleurs, il est à signaler qu’une grande partie des paiements se fait directement à travers les dettes que l’Office lève auprès des bailleurs de fonds, d’après Ali Fassi-Fihri qui avait déclaré que certains retards de paiement ne dépassent pas 73 jours, mais qu’il y a des cas particuliers où le retard est beaucoup plus lourd à cause des procédures très strictes par rapport à la vérification de la qualité des travaux, des ouvrages, et aussi à cause des rythmes de certaines banques (voir www.lematin.ma). En outre, ces entreprises n’accompagnent pas seulement l’ONEE au Maroc, mais également en Afrique où elles assurent une importante présence qu’ils comptent d’ailleurs renforcer. En effet, le marché africain représente près 25% du chiffre d’affaires global des membres de la FENELEC. Toutefois, ces opérateurs estiment que ce n’est pas assez, le potentiel étant, selon eux, beaucoup plus important, vu les énormes besoins du continent dans ce domaine. Surtout qu’une bonne partie des pays du continent font encore face aux problèmes dans le domaine électrique, tels les délestages incessants, et confrontés à l’équation de la disproportion entre la capacité de production et les besoins réels, d’après la Fédération. Toutefois, l’apport des opérateurs marocains ne s’opèrera pas seulement au niveau de l’énergie traditionnelle, mais également renouvelable, vu la proportion élevée de la population africaine, qui est encore tributaire de sources d’énergie traditionnelle.
D’après des statistiques officielles, le secteur électrique compte près de 180 sociétés employant plus de 20 000 personnes. Ce secteur réalise une production de plus de 12 milliards de DH, une valeur ajoutée de plus de 3,7 milliards de DH et un chiffre d’affaires à l’exportation avoisinant les 3 milliards de DH, soit 25% environ de la production du secteur. Quant aux investissements, ils ont cumulé, au titre de l’année 2010, environ 600 millions de DH.
