Alors, comment procéder pour rassurer ses collaborateurs en ces temps difficiles, les pousser à refaire confiance dans leurs employeurs et à travailler davantage et chasser cette morosité sociale? Un défi de taille auquel les dirigeants sont confrontés vu qu'ils se trouvent contraints de faire de leurs collaborateurs leurs premiers alliés pour affronter cette période critique et délicate.
Un des moyens les plus efficaces et qui a des retombées immédiates reste la communication interne.
Et pour cause c'est la clé du management, surtout dans ce contexte difficile où l'entreprise doit rester performante et compétitive. Pour ce faire, l'employeur doit mettre en place une bonne politique de communication interne afin de mobiliser, de fédérer et aussi de fidéliser ses troupes.
Selon une enquête réalisée, en novembre dernier, par un cabinet français, opérant depuis 65 ans dans le domaine du conseil RH, portant le thème « La crise financière: quelles conséquences RH ?», 50% des entreprises interrogées prévoient le déploiement et le renforcement de leurs plans de communication interne, alors que 19,3% seulement l'envisagent pour leurs dispositifs de communication externe.
Ces statistiques concernent le marché français certes, mais donnent un aperçu sur les nouvelles tendances en matière de gestion RH.
La communication interne donc s'impose comme une priorité pour bien diriger les équipes. Au Maroc, quelques dizaines d'entreprises (surtout les grandes structures et filiales de multinationales) ont déjà mis en place une politique RH de communication interne, mais une grande partie du tissu économique ne l'applique pas, ce qui est vraiment dommage. Espérons qu'avec ces changements qui sont en train de s'opérer, les dirigeants saisiront cette opportunité pour mieux communiquer avec leurs troupes, connaître leurs attentes et besoins et leur faire part des orientations de l'entreprise et de sa stratégie pour les années à venir.
Ainsi, pour déployer une stratégie de communication interne soutenue, il faut qu'elle soit basée sur quelques facteurs clefs de succès. Voici la recette du cabinet Hewitt :
- anticiper : agir en amont pour se préparer aux effets de la crise,
-s'ouvrir : diffuser des informations, communiquer avec récurrence, faire preuve de réactivité et de transparence de manière rigoureuse,
- faire preuve d'empathie : écouter pour connaître les attentes des salariés,
- être cohérent et faire preuve d'univocité : fédérer leaders et managers et coordonner les acteurs susceptibles de prendre la parole pour assurer un discours homogène,
- s'adapter aux évolutions de la crise : mettre au point un système de veille et d'alerte, parvenir à remonter les informations pour s'adapter au mieux aux évolutions du contexte
- faire un retour d'expérience : toute stratégie de communication adoptée doit être analysée a posteriori pour tirer les enseignements des choix effectués.
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Avis de l'expert - Ali Serhani
Comment bien communiquer en cette période de crise ?
Je dirais beaucoup plus dans cette « psychose de crise », car disons-le clairement, le Maroc ne connaît pas l'ampleur de la crise qui sévit en Europe et aux États-Unis, sinon il y a longtemps que le « Navire - Maroc » aurait « balbutié ». Mais puisque tout le monde ne parle que de crise, allons-y et abordons frontalement cette donne et disons que nous sommes en « période de crise ». Donc pour répondre à votre question je dirais tout simplement qu'une bonne communication en cette période floue, peut se faire, en disant les choses telles qu'elles sont et en impliquant les représentants du personnel. Si des décisions difficiles doivent être prises, il faudrait communiquer dans ce sens avec une transparence totale. Pas la peine de se voiler la face, car c'est la survie même de l'entreprise qui est en jeu, surtout quand il s'agit de
secteurs d'activités très
touchés.
Comment assurer le suivi ?
Primo, en ayant un excellent DRH et bien sûr un excellent responsable de la communication interne, qui travailleront « main dans la main ». Secundo en impliquant les divers managers au sein de l'entreprise, mais également, et je le dirais toujours et toujours, il faut impliquer les représentants du personnel. Ces derniers quand ils ne sont pas « populistes et démago » constituent la meilleure courroie de transmission entre le management de l'entreprise et le reste du personnel.
Plus ils sont responsables et dotés d'une maturité professionnelle sans faille, plus la paix sociale perdure et se solidifie au fur et à mesure au sein de l'entreprise, même en période de crise aiguë. Il demeure bien entendu que ces derniers doivent être informés de la part du management de tout ce qui touche de près ou de loin la vie de l'entreprise. Bien sûr, lesdits représentants doivent eux aussi avoir en face des dirigeants qui se respectent et non pas des « charlatans ».
En cette période de crise, quel nouveau rôle pour les managers ?
En deux mots : ils apprennent sans le vouloir à être des « hommes et des femmes de communication », mais également des « managers et gestionnaires de crise ». Ils passent en mode « crise », tout en ne perdant pas leur objectif premier, à savoir faire du chiffre et prospecter de nouveaux marchés.
La leçon de cette crise mondiale sera que même lorsqu'on en sortira et je l'espère dans les meilleurs délais nous resterons toujours en « mode crise ». Nous appliquerons à la lettre la célèbre fable de Jean de La Fontaine: « la Cigale et la fourmi ».
Que conseillerez-vous aux managers ?
Comme vous devez bien le savoir « les conseilleurs ne sont pas les payeurs », cependant, si je puis me permettre, je pense que le premier conseil que je pourrais leur donner consisterait à garder la tête froide et de ne surtout pas se laisser entraîner sans le vouloir dans cette psychose de crise.
Si des investissements sont prévus qu'ils se fassent et surtout ne pas se dire qu'il vaudrait mieux attendre et voir plus tard. C'est valable pour certains, pas pour nous. Soit on aborde la situation dans le sens de l'adage « la meilleure défense c'est l'attaque » soit on abdique. Un autre conseil, cette période que nous vivons devrait permettre à tous les managers de revoir leur manière de gérer leur entreprise.
C'est le moment où jamais de changer les habitudes archaïques ou celles reposant sur les acquis. C'est également le moment de moderniser l'entreprise, car sa survie en dépend. Passer du système de « moul choukara » à celui de « Gestionnaire moderne » et surtout compétitif. D'autres pays l'ont fait pourquoi pas nous. Citons la Turquie et la Corée du Sud par exemple. Enfin et dernier conseil, mais à l'attention de nos managers dont les entreprises sont tournées vers l'export, le seul conseil que j'aurais à leur donner c'est de suivre la voie de nos banques qui s'installent en Afrique subsaharienne. Ne l'oublions pas. Entre nous et l'Afrique du Sud, il y a un vaste espace géographique qui ne demande qu'à être investi. Je n'invente rien, l'Afrique selon les dires des spécialistes, c'est l'Eldorado de demain. Tout y est à faire. Cette crise devrait leur permettre de lorgner un peu vers le sud et de se dire que l'Europe, notre premier marché extérieur est quasiment saturé. Nos banques, même si ce sont des mastodontes, y croient, pourquoi pas nos entreprises ?
Que faudra-t-il que les managers évitent ?
Que le manager soit envahi par cette psychose de crise. Attention !! Quand je parle de manager, je ne parle pas de celui qui confond son entreprise avec sa « basse cour ». Je parle de gestionnaire au sens propre du terme qui gère une entreprise, également au sens propre du terme.
Il ne faut surtout pas que le manager « déprime », car il risque malheureusement de saper le moral des troupes. Par le passé plusieurs batailles ont été perdues par des armées puissantes, car le moral des troupes n'était pas au rendez-vous, du fait du mauvais management des généraux.
Si l'employeur a la foi en son entreprise rien ne pourrait l'arrêter si c'est le contraire alors autant lire « la prière de l'absent » sur cette dernière. Les Espagnols ne disent-ils pas que « Celui qui a perdu la foi n'a plus rien à perdre ». En deux mots, si on perd la foi en notre entreprise et bien il ne reste plus qu'une seule chose à faire, mettre la clef sous le paillasson avec toutes les conséquences que cela engendrera. Et donc attention à l'effet domino !!! Le Maroc n'en a surtout pas besoin.
Un des moyens les plus efficaces et qui a des retombées immédiates reste la communication interne.
Et pour cause c'est la clé du management, surtout dans ce contexte difficile où l'entreprise doit rester performante et compétitive. Pour ce faire, l'employeur doit mettre en place une bonne politique de communication interne afin de mobiliser, de fédérer et aussi de fidéliser ses troupes.
Selon une enquête réalisée, en novembre dernier, par un cabinet français, opérant depuis 65 ans dans le domaine du conseil RH, portant le thème « La crise financière: quelles conséquences RH ?», 50% des entreprises interrogées prévoient le déploiement et le renforcement de leurs plans de communication interne, alors que 19,3% seulement l'envisagent pour leurs dispositifs de communication externe.
Ces statistiques concernent le marché français certes, mais donnent un aperçu sur les nouvelles tendances en matière de gestion RH.
La communication interne donc s'impose comme une priorité pour bien diriger les équipes. Au Maroc, quelques dizaines d'entreprises (surtout les grandes structures et filiales de multinationales) ont déjà mis en place une politique RH de communication interne, mais une grande partie du tissu économique ne l'applique pas, ce qui est vraiment dommage. Espérons qu'avec ces changements qui sont en train de s'opérer, les dirigeants saisiront cette opportunité pour mieux communiquer avec leurs troupes, connaître leurs attentes et besoins et leur faire part des orientations de l'entreprise et de sa stratégie pour les années à venir.
Ainsi, pour déployer une stratégie de communication interne soutenue, il faut qu'elle soit basée sur quelques facteurs clefs de succès. Voici la recette du cabinet Hewitt :
- anticiper : agir en amont pour se préparer aux effets de la crise,
-s'ouvrir : diffuser des informations, communiquer avec récurrence, faire preuve de réactivité et de transparence de manière rigoureuse,
- faire preuve d'empathie : écouter pour connaître les attentes des salariés,
- être cohérent et faire preuve d'univocité : fédérer leaders et managers et coordonner les acteurs susceptibles de prendre la parole pour assurer un discours homogène,
- s'adapter aux évolutions de la crise : mettre au point un système de veille et d'alerte, parvenir à remonter les informations pour s'adapter au mieux aux évolutions du contexte
- faire un retour d'expérience : toute stratégie de communication adoptée doit être analysée a posteriori pour tirer les enseignements des choix effectués.
«Pas la peine de se voiler la face»
Avis de l'expert - Ali Serhani
Comment bien communiquer en cette période de crise ?
Je dirais beaucoup plus dans cette « psychose de crise », car disons-le clairement, le Maroc ne connaît pas l'ampleur de la crise qui sévit en Europe et aux États-Unis, sinon il y a longtemps que le « Navire - Maroc » aurait « balbutié ». Mais puisque tout le monde ne parle que de crise, allons-y et abordons frontalement cette donne et disons que nous sommes en « période de crise ». Donc pour répondre à votre question je dirais tout simplement qu'une bonne communication en cette période floue, peut se faire, en disant les choses telles qu'elles sont et en impliquant les représentants du personnel. Si des décisions difficiles doivent être prises, il faudrait communiquer dans ce sens avec une transparence totale. Pas la peine de se voiler la face, car c'est la survie même de l'entreprise qui est en jeu, surtout quand il s'agit de
secteurs d'activités très
touchés.
Comment assurer le suivi ?
Primo, en ayant un excellent DRH et bien sûr un excellent responsable de la communication interne, qui travailleront « main dans la main ». Secundo en impliquant les divers managers au sein de l'entreprise, mais également, et je le dirais toujours et toujours, il faut impliquer les représentants du personnel. Ces derniers quand ils ne sont pas « populistes et démago » constituent la meilleure courroie de transmission entre le management de l'entreprise et le reste du personnel.
Plus ils sont responsables et dotés d'une maturité professionnelle sans faille, plus la paix sociale perdure et se solidifie au fur et à mesure au sein de l'entreprise, même en période de crise aiguë. Il demeure bien entendu que ces derniers doivent être informés de la part du management de tout ce qui touche de près ou de loin la vie de l'entreprise. Bien sûr, lesdits représentants doivent eux aussi avoir en face des dirigeants qui se respectent et non pas des « charlatans ».
En cette période de crise, quel nouveau rôle pour les managers ?
En deux mots : ils apprennent sans le vouloir à être des « hommes et des femmes de communication », mais également des « managers et gestionnaires de crise ». Ils passent en mode « crise », tout en ne perdant pas leur objectif premier, à savoir faire du chiffre et prospecter de nouveaux marchés.
La leçon de cette crise mondiale sera que même lorsqu'on en sortira et je l'espère dans les meilleurs délais nous resterons toujours en « mode crise ». Nous appliquerons à la lettre la célèbre fable de Jean de La Fontaine: « la Cigale et la fourmi ».
Que conseillerez-vous aux managers ?
Comme vous devez bien le savoir « les conseilleurs ne sont pas les payeurs », cependant, si je puis me permettre, je pense que le premier conseil que je pourrais leur donner consisterait à garder la tête froide et de ne surtout pas se laisser entraîner sans le vouloir dans cette psychose de crise.
Si des investissements sont prévus qu'ils se fassent et surtout ne pas se dire qu'il vaudrait mieux attendre et voir plus tard. C'est valable pour certains, pas pour nous. Soit on aborde la situation dans le sens de l'adage « la meilleure défense c'est l'attaque » soit on abdique. Un autre conseil, cette période que nous vivons devrait permettre à tous les managers de revoir leur manière de gérer leur entreprise.
C'est le moment où jamais de changer les habitudes archaïques ou celles reposant sur les acquis. C'est également le moment de moderniser l'entreprise, car sa survie en dépend. Passer du système de « moul choukara » à celui de « Gestionnaire moderne » et surtout compétitif. D'autres pays l'ont fait pourquoi pas nous. Citons la Turquie et la Corée du Sud par exemple. Enfin et dernier conseil, mais à l'attention de nos managers dont les entreprises sont tournées vers l'export, le seul conseil que j'aurais à leur donner c'est de suivre la voie de nos banques qui s'installent en Afrique subsaharienne. Ne l'oublions pas. Entre nous et l'Afrique du Sud, il y a un vaste espace géographique qui ne demande qu'à être investi. Je n'invente rien, l'Afrique selon les dires des spécialistes, c'est l'Eldorado de demain. Tout y est à faire. Cette crise devrait leur permettre de lorgner un peu vers le sud et de se dire que l'Europe, notre premier marché extérieur est quasiment saturé. Nos banques, même si ce sont des mastodontes, y croient, pourquoi pas nos entreprises ?
Que faudra-t-il que les managers évitent ?
Que le manager soit envahi par cette psychose de crise. Attention !! Quand je parle de manager, je ne parle pas de celui qui confond son entreprise avec sa « basse cour ». Je parle de gestionnaire au sens propre du terme qui gère une entreprise, également au sens propre du terme.
Il ne faut surtout pas que le manager « déprime », car il risque malheureusement de saper le moral des troupes. Par le passé plusieurs batailles ont été perdues par des armées puissantes, car le moral des troupes n'était pas au rendez-vous, du fait du mauvais management des généraux.
Si l'employeur a la foi en son entreprise rien ne pourrait l'arrêter si c'est le contraire alors autant lire « la prière de l'absent » sur cette dernière. Les Espagnols ne disent-ils pas que « Celui qui a perdu la foi n'a plus rien à perdre ». En deux mots, si on perd la foi en notre entreprise et bien il ne reste plus qu'une seule chose à faire, mettre la clef sous le paillasson avec toutes les conséquences que cela engendrera. Et donc attention à l'effet domino !!! Le Maroc n'en a surtout pas besoin.
