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Formation et employabilité : l'équation à résoudre

«Université-entreprise : ensemble pour réussir les grands chantiers nationaux » était le thème choisi pour la première édition du Forum des compétences organisé les 23 et 24 juin à Rabat à l'initiative de l'Université Mohammed V-Souissi.

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L'objectif visé est de faciliter le contact entre les lauréats et étudiants de l'Université et les employeurs et ce, dans le cadre de la mise en œuvre d'un dispositif pour l'amélioration de l'employabilité des lauréats. « Il s'agit d'ouvrir les yeux des étudiants sur la réalité du monde du travail, étant donné que l'université est aujourd'hui tenue non seulement de diffuser le savoir, mais aussi de le mettre au service de la lutte contre le chômage et le gaspillage des compétences », indique Redouane Mrabet, président de l'Université Mohammed V-Souissi lors de la conférence inaugurale. Consciente de cet impératif, l'Université développe des formations pointues en étroite relation avec le marché de l'emploi : gouvernance économique et sociale, économie et gestion des entreprises, commerce et gestion des affaires, droit des affaires, langues et communication pour ne citer que celles-ci. Toujours dans le but d'améliorer l'employabilité des étudiants, ces derniers sont amenés pendant leur cursus universitaire à effectuer des stages de formation dans des entreprises pour qu'ils puissent acquérir le savoir-faire nécessaire pour entrer de plain-pied dans le monde du travail. Il s'agit aussi de redorer le blason de l'entreprise chez les jeunes fraîchement diplômés qui en gardent une image stéréotypée et peu valorisante.

« Le constat s'impose : les jeunes diplômés sont de plus en plus hésitants à faire carrière dans des entreprises. Ils préfèrent travailler dans la fonction publique compte tenu de plusieurs facteurs dont la stabilité, la sécurité d'emploi, la motivation… », souligne, pour sa part, Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Et d'ajouter que « encore moins de jeunes pensent à fonder leurs propres entreprises. Une grande tâche incombe donc à l'Université pour cultiver chez ses étudiants l'esprit d'entrepreneuriat, d'initiative et d'innovation ». En effet, cela doit être le cheval de bataille du gouvernement pour lutter contre le fléau du chômage qui touche de plein fouet les jeunes diplômés. D'autant plus que « le chômage des jeunes constitue le noyau dur du chômage dans le milieu urbain » comme tient à le préciser Jamal Rhmani, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Pour sortir de l'impasse, le ministre préconise, outre l'amélioration de l'image de l'entreprise chez les diplômés, de faire en sorte que la formation dispensée à l'Université soit de qualité et, surtout, en adéquation avec les exigences du marché de travail et qu'elle prenne aussi en considération l'émergence de nouveaux métiers favorisée par les stratégies gouvernementales sectorielles (comme l'aéronautique, la construction automobile…).

« Il existe des filières enseignées dans l'Université qui n'ont jamais eu et n'auront jamais d'avenir au Maroc. C'est pourquoi j'estime nécessaire de diminuer les dépenses sur ces filières qui ont un très faible rendement en termes d'insertion professionnelle », considère-t-il. Il faut également, d'après le responsable, orienter les choix en matière d'éducation et de formation selon les spécificités et les besoins de chaque région. « Il ne sert à rien de former les étudiants dans des spécialités dont la région n'a aucun besoin ». Car, c'est en veillant à former les bons profils, c'est-à-dire les plus demandés dans le marché de l'emploi local qu'on arrivera à atténuer les disparités entre régions en ce qui concerne la création d'emplois. Jusqu'à aujourd'hui, seulement 5 régions du Maroc sont bien cotées en la matière d'après les statistiques du ministère de tutelle. C'est aussi en augmentant l'employabilité des jeunes diplômés qu'on pourra faire face à la concurrence exercée par la main d'œuvre étrangère qui ne cesse d'augmenter d'une année à l'autre.

Pour réussir l'ensemble de ces défis, le département de Jamal Rhmani se penche actuellement sur une nouvelle génération de mesures de promotion de l'emploi (25 mesures au total). Quatre priorités sont fixées : amélioration de l'image de l'entreprise marocaine, amélioration de l'employabilité des jeunes diplômés, promotion de la bonne gouvernance du marché du travail et de la médiation et renforcement du rôle des régions dans la promotion d'emploi. Concrètement, une enveloppe budgétaire de 1,4 milliard de dirhams sera réservée à l'amélioration du contrat « Idmaj » et du contrat de l'intégration professionnelle dans le but de permettre aux diplômés de se familiariser avec le monde de l'emploi moyennant des contrats de travail à durée déterminée.
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« Le suivi des lauréats sera systématique à partir de janvier 2012 »

Redouane Mrabet, président de l'Université Mohammed V-Souissi

C'est le premier forum de ce genre organisé par l'Université. Parlez-nous de son concept et de ses objectifs ?
L'idée c'est de créer un espace de rencontre entre les étudiants et les lauréats et les entreprises. Ils peuvent ainsi prendre connaissance des offres de travail, déposer leurs curriculum vitae et faire des entretiens sur place.
C'est une première dans la mesure où ce genre de forums ne se tenait d'habitude que dans des écoles d'ingénieurs. Maintenant, trois facultés sont mises en contribution, lesquelles dispensent des formations en Master et en licence professionnelle de bonne facture qui répondent effectivement aux besoins des entreprises et des administrations publiques.

Procédez-vous au suivi de l'insertion professionnelle de vos lauréats ?

Jusqu'à ce moment, ce suivi se fait d'une façon assez timide.
On compte le rendre systématique à partir de janvier 2012, en développant des outils permettant de suivre le cheminement des lauréats après 6, 12 et 24 mois de leur sortie de l'Université.
Mais en général, je peux vous assurer que l'adéquation entre la formation et les besoins du marché de l'emploi est un souci fortement présent chez nous. C'est un critère essentiel qui est systématiquement pris en compte pour l'accréditation des filières de formation.

Quels sont les objectifs des deux conventions signées à l'ouverture du Forum?

La première convention signée avec le Centre régional d'Investissement de Rabat-Salé-Zemmour-Zaers entre dans le cadre de la sensibilisation des étudiants à l'importance de lacréation d'entreprises en leur disant que plus que de simples employés, ils peuvent devenir eux-mêmes des créateurs d'emploi et embaucher d'autres personnes.
L'objectif est de mobiliser tous nos partenaires pour réussir cette démarche. Par ailleurs, la deuxième convention signée avec Orientation Carrefour vise à mieux orienter les bacheliers vers les filières de l'université.
Celles-ci sont tellement nombreuses qu'ils se sentent parfois perdus, d'où l'importance de les orienter et de les aider à faire le bon choix, d'autant plus que les examens du baccalauréat viennent de commencer et qu'on va recevoir dans quelques semaine un flux important de nouveaux bacheliers.
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