LE MATIN-SPORTS : A quoi vous imputez le recul inquiétant du championnat national de football qui a occupé une modeste 59e place au classement 2008 des meilleurs championnats du monde établi chaque année par la fédération internationale de l'histoire et des statistiques du football affiliée à la FIFA ?
Abdelkhalek Louzani : Ce classement est tout à fait logique, compte tenu de plusieurs paramètres qui minent notre football. Un championnat qui n'alimente pas la sélection nationale en joueurs n'est pas un championnat. La fédération concentre toute son intention sur la sélection au détriment du championnat, des ligues et la formation des jeunes. Les compétitions de jeunes n'existent presque pas. Les ligues sont délaissées. Les vraies compétences footballistiques marocaines sont marginalisées. Et ce sont malheureusement des «mercenaires» qui n'ont rien à voir avec le football qui gèrent nos clubs. Ce n'est pas donc une surprise que le championnat national régresse au niveau du classement mondial. Le football est un métier comme tous les autres. Et dans ce métier, il n'y a pas de place ni à l'improvisation ni à l'amateurisme. Quelqu'un qui n'a pas exercé en haut niveau ne pourra jamais être un gestionnaire de haut niveau. On ne peut pas avoir un championnat de haut niveau sans des structures de base solides. Il faut une véritable mise à niveau et celle-ci ne pourra jamais se faire avec des gens amateurs qui ne comprennent rien au football.
Quelle est la part de responsabilité des clubs dans ce recul ?
Si on ne part pas de la base, on n'atteindra jamais le sommet. Et la base, c'est les clubs, les ligues et la formation des jeunes. Prenez l'exemple de l'Espagne. Ce pays n'a jamais gagné de trophée majeur depuis 1964. Quand les Espagnols ont compris, qu'il faut commencer par la base, c'est-à-dire par la formation des jeunes, ils ont réussi à gagner la coupe d'Europe. Au Maroc, on s'occupe plutôt de la sélection. Or, le championnat est le miroir sportif du pays. Il faut l'avouer, il n'y a pas de développement endogène à l'intérieur des clubs parce qu'il n'existe pas de structures de développement technico-éducatif. Les clubs, au lieu de former, font venir des joueurs d'ailleurs. On recrute même des joueurs étrangers qu'on laisse sur le banc de touche. Normalement, quand on recrute un professionnel étranger, on doit chercher de l'excellence et non pas un joueur moyen ou même bon. Cela n'était pas possible à un moment, mais depuis que les mercenaires ont pris les rênes de notre football, on voit toutes sortes de gens défiler au Maroc soit pour entraîner ou pour jouer sans avoir le niveau requis. Et tout cela se répercute négativement sur notre football. La preuve est que plusieurs grands clubs nationaux ont quasiment disparu de la scène footballistique continentale parce qu'il n'y a pas de travail à long terme. Ensuite, les gens n'aiment pas la rigueur. Or sans la rigueur, on ne pourra jamais réussir.
Est-ce que l'arrivée en masse de techniciens étrangers dans notre championnat sert notre football ?
On a malheureusement encore le complexe de l'étranger qui vient au Maroc dans le seul but de ramasser de l'argent et non pas de former, alors que les compétences marocaines sont complètement marginalisées. Un Marocain qui n'a pas de diplômes valables ne pourra jamais prétendre à entraîner à l'étranger. Ce n'est pas malheureusement le cas chez nous où n'importe quel étranger devient un messie chez nous. Nous avons plusieurs exemples dans ce sens. Quand j'avais pris les rênes de la sélection nationale, j'ai fait ce que je dois faire. Et nous avons réussi à former l'équipe nationale dans notre championnat. On s'est battu pour ça. Et cette équipe a défendu les couleurs de notre pays pendant 10 ans. Elle a joué le Mondial 1994 et celui de 1998. C'est, d'ailleurs, la dernière participation du Maroc dans une coupe du monde.
Abdelkhalek Louzani : Ce classement est tout à fait logique, compte tenu de plusieurs paramètres qui minent notre football. Un championnat qui n'alimente pas la sélection nationale en joueurs n'est pas un championnat. La fédération concentre toute son intention sur la sélection au détriment du championnat, des ligues et la formation des jeunes. Les compétitions de jeunes n'existent presque pas. Les ligues sont délaissées. Les vraies compétences footballistiques marocaines sont marginalisées. Et ce sont malheureusement des «mercenaires» qui n'ont rien à voir avec le football qui gèrent nos clubs. Ce n'est pas donc une surprise que le championnat national régresse au niveau du classement mondial. Le football est un métier comme tous les autres. Et dans ce métier, il n'y a pas de place ni à l'improvisation ni à l'amateurisme. Quelqu'un qui n'a pas exercé en haut niveau ne pourra jamais être un gestionnaire de haut niveau. On ne peut pas avoir un championnat de haut niveau sans des structures de base solides. Il faut une véritable mise à niveau et celle-ci ne pourra jamais se faire avec des gens amateurs qui ne comprennent rien au football.
Quelle est la part de responsabilité des clubs dans ce recul ?
Si on ne part pas de la base, on n'atteindra jamais le sommet. Et la base, c'est les clubs, les ligues et la formation des jeunes. Prenez l'exemple de l'Espagne. Ce pays n'a jamais gagné de trophée majeur depuis 1964. Quand les Espagnols ont compris, qu'il faut commencer par la base, c'est-à-dire par la formation des jeunes, ils ont réussi à gagner la coupe d'Europe. Au Maroc, on s'occupe plutôt de la sélection. Or, le championnat est le miroir sportif du pays. Il faut l'avouer, il n'y a pas de développement endogène à l'intérieur des clubs parce qu'il n'existe pas de structures de développement technico-éducatif. Les clubs, au lieu de former, font venir des joueurs d'ailleurs. On recrute même des joueurs étrangers qu'on laisse sur le banc de touche. Normalement, quand on recrute un professionnel étranger, on doit chercher de l'excellence et non pas un joueur moyen ou même bon. Cela n'était pas possible à un moment, mais depuis que les mercenaires ont pris les rênes de notre football, on voit toutes sortes de gens défiler au Maroc soit pour entraîner ou pour jouer sans avoir le niveau requis. Et tout cela se répercute négativement sur notre football. La preuve est que plusieurs grands clubs nationaux ont quasiment disparu de la scène footballistique continentale parce qu'il n'y a pas de travail à long terme. Ensuite, les gens n'aiment pas la rigueur. Or sans la rigueur, on ne pourra jamais réussir.
Est-ce que l'arrivée en masse de techniciens étrangers dans notre championnat sert notre football ?
On a malheureusement encore le complexe de l'étranger qui vient au Maroc dans le seul but de ramasser de l'argent et non pas de former, alors que les compétences marocaines sont complètement marginalisées. Un Marocain qui n'a pas de diplômes valables ne pourra jamais prétendre à entraîner à l'étranger. Ce n'est pas malheureusement le cas chez nous où n'importe quel étranger devient un messie chez nous. Nous avons plusieurs exemples dans ce sens. Quand j'avais pris les rênes de la sélection nationale, j'ai fait ce que je dois faire. Et nous avons réussi à former l'équipe nationale dans notre championnat. On s'est battu pour ça. Et cette équipe a défendu les couleurs de notre pays pendant 10 ans. Elle a joué le Mondial 1994 et celui de 1998. C'est, d'ailleurs, la dernière participation du Maroc dans une coupe du monde.
