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On a réussi le Show ! (Tribune)

À l’heure du bilan et malgré quelques détracteurs dont les velléités ont atteint leur paroxysme, le Maroc a redéfini la CAN et l’histoire en témoignera avec tous les records enregistrés. Désormais, accueillir cette compétition ailleurs exigera de relever une barre déjà placée très haut.

Tout a commencé avec une promesse, presque audacieuse, scandée à travers les haut-parleurs du tout nouveau stade Moulay Abdellah à Rabat : « On va commencer le show ! ». La cérémonie d’ouverture de la 35ème édition de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 était grandiose, envoutante et résolument disruptive. Elle était aussi annonciatrice d’un tournant historique du football africain qui intègre la cour des grands.

Dès les premières minutes, le ton était donné : drones lumineux dans le ciel de Rabat, écrans panoramiques intérieurs et extérieurs, artistes de renom portés par une mise en scène cinématographique, et une coordination rythmée à la seconde près. Le Maroc ne s’est pas contenté de dérouler une scénographie, il a fait une entrée remarquable dans l’histoire des grands événements sportifs mondiaux.



Mais au-delà des projecteurs et de l’éclat de la mise en scène, cette promesse portait un engagement profond. Celui d’un pays tout entier, déterminé à transformer l’organisation de la CAN en un acte de souveraineté opérationnelle et de leadership continental. Le Maroc n’en faisait pas un objectif, mais une étape. Une démonstration de sa capacité à aligner vision, rigueur stratégique et mobilisation nationale autour d’un même cap.

Car livrer un simple tournoi ne suffisait pas. Il fallait proposer un spectacle total, sans approximation ni décalage, un enchaînement maîtrisé d’expériences et d’émotions. Et cette fois, le Royaume a levé le rideau avec la ferme intention de dérouler, jusqu’au bout, le scénario de l’excellence.

Le théâtre des émotions

L’un des plus puissants marqueurs de cette CAN fut sans conteste le stade Moulay Abdellah de Rabat qui a accueilli tous les matchs des Lions de l’Atlas. Construit en un temps record, selon les normes FIFA, par des entreprises locales et sous supervision marocaine, il s’est imposé comme l’un des stades les plus innovants au monde. Caméras haute résolution, systèmes anti-laser inédits, écrans LED intégrés à la façade, pelouse de nouvelle génération, commodités et dispositifs inédits, tout y respire l’avant-garde.

Mais au-delà des infrastructures, c’est l’émotion brute du public marocain qui a marqué les esprits. En découvrant ce stade flambant neuf, nombre de spectateurs ont ressenti une joie presque enfantine, celle des premiers émerveillements. Ce n’était plus seulement une enceinte sportive, mais une expérience immersive, un théâtre de lumière et de son, où le rêve prenait forme. « J’ai eu l’impression de redevenir enfant », confiait un supporter, la voix nouée d’émotion. Cette résurgence du merveilleux a transcendé chaque rencontre, donnant aux matchs une densité émotionnelle rare, presque sacrée.

Et puis il y eut la demi-finale Maroc-Nigéria, moment de bascule. Dans les tribunes, le volume sonore atteint 108 décibels, un record pour la CAN. Le stade vibrait, vivait, répondait au jeu comme un acteur à sa réplique. La communion entre les joueurs et le public était totale. Chaque tir, chaque geste technique, chaque course devenait une vague et la magie opérait, sans fard.

Partout ailleurs, les stades ont été à la hauteur du spectacle promis : Tanger, Fès, Casablanca, Agadir et Marrakech, tous pensés et construits ou rénovés comme des phares d’une Afrique moderne et inattendue qui s’exprime à partir du Maroc.

Le Maroc impose son jeu

La promesse du show ne s’est pas arrêtée aux infrastructures. Elle s’est pleinement exprimée sur le terrain, dans une CAN où les quarts de finale ont réuni les équipes les plus solides du tournoi, sans surprise ni intrus. Car toutes les conditions étaient réunies pour laisser parler le football. Dans cet environnement maîtrisé, seules, la compétence, la stratégie et la détermination pouvaient faire la différence.

Onzième au classement FIFA en début de tournoi, le Maroc avançait avec un statut envié, mais aussi exposé. L’attente était immense, les regards critiques, les comparaisons inévitables. Après un premier match jugé timide, certains observateurs, nationaux comme étrangers, ont émis des doutes sur la capacité des Lions de l’Atlas à s’imposer dans une compétition réputée physique et imprévisible. Mais au fil des rencontres, le Maroc a opposé aux interrogations la réponse du terrain avec une montée en puissance progressive, fondée sur la maîtrise, la rigueur tactique et l’intelligence collective. Sans céder à la pression ni aux provocations, l’équipe a affirmé son style.

Si les premiers matchs ont laissé une impression mitigée, la suite du parcours a dissipé les doutes. À partir des quarts de finale, le Maroc a imposé un jeu tactique redoutablement efficace, capable de neutraliser les plans des équipes les plus solides du continent. La stratégie déployée a atteint un tel niveau de maîtrise qu’elle mériterait d’être enseignée.

Toutefois, le tournant s’est joué lors de la demi-finale face au Nigéria. Durant 120 minutes, le Maroc a dominé les débats, imposant son jeu avec intensité, maîtrise et lucidité. La qualification aux tirs au but fut l’aboutissement logique d’une performance pleine. Ce soir-là, les Lions de l’Atlas ont envoyé un message clair : leur supériorité ne tient ni à la chance, ni aux polémiques d’arbitrage, elle repose sur le jeu, uniquement sur le jeu. Grâce à ce parcours solide dans les phases finales, le Maroc devrait aussi intégrer le Top 6 mondial, une première africaine qui reflète une maturité tactique et une constance, dignes des plus grandes nations.

Le Show total

Mais Le football ne se vit pas seulement sur le terrain, il se prolonge dans les rues, les fan zones, les gares, les hôtels et surtout dans les sourires. Et c’est là que le Maroc a déployé son génie invisible qui a séduit les cœurs.

Par ailleurs, la plateforme YALLA, véritable colonne vertébrale numérique du tournoi, a centralisé les FAN ID, les eVisa, l’accès aux stades et les informations de sécurité. Fini les files d’attente, les billets perdus, le marché noir, tout passe par une application ergonomique, fluide, traduite en plusieurs langues, saluée par les délégations étrangères.

Mais au-delà de la technologie, c’est le peuple marocain qui a fait la différence. Dans toutes les villes hôtes, des citoyens se sont mobilisés spontanément pour aider, orienter, accueillir. Parfois en traduisant, parfois en offrant un repas et souvent avec un simple sourire. Cette chaleur, enracinée dans les traditions d’hospitalité millénaire du Royaume, a été l’un des marqueurs les plus forts de cette édition.

Les instances sécuritaires étrangères ont été impressionnées, notamment, une délégation américaine et une autre anglaise ont visité les centres de coordination, saluant la capacité d’anticipation et de réaction du dispositif marocain. Des drones, des cellules de supervision, une coordination mobile, tout était pensé pour rassurer sans jamais oppresser.

Et pour la première fois dans l’histoire de la CAN, les matchs ont été diffusés en direct depuis l’Afrique, avec des infrastructures TV installées au Maroc. La CAN est devenue un produit fini, prêt à l’export, sans passer par des plateformes externes.

Cette édition continentale a accaparé tous les records, audiences, tickets, buts, recettes, sponsors et innovations. Le charme du Maroc a opéré comme un ingrédient magique pour faire le bonheur de tous et prouver au monde qu’il façonne l’histoire du football mondial, à travers notamment l’intérêt croissant de la FIFA par rapport à ses exploits et contributions pour faire avancer le monde du football.

Une référence mondiale

À l’heure du bilan et malgré quelques détracteurs dont les velléités ont atteint leur paroxysme, le Maroc a redéfini la CAN et l’histoire en témoignera avec tous les records enregistrés. Désormais, accueillir cette compétition ailleurs exigera de relever une barre déjà placée très haut ou subir l’affront d’un échec organisationnel cuisant par manque de moyens et de perspectives.

Mais le Royaume ne s’arrête pas là, le chantier du Grand Stade de Benslimane est en cours. Il deviendra le plus grand stade au monde en capacité certifiée. Conçu comme une plateforme globale, à l’écart des contraintes urbaines, il sera au cœur de l’ambition marocaine pour la Coupe du Monde 2030. Une enceinte pensée pour le spectacle total, la fluidité logistique, la sécurité intégrée et le confort des foules.

Et comme un symbole, Netflix a confirmé le lancement d’un documentaire exclusif sur cette édition 2025. Car au-delà du sport, cette CAN fut une narration. Un enchaînement d’images, d’émotions, de révélations. Un film qui s’écrivait en temps réel, mais dont le souvenir restera longtemps projeté.

“ On va commencer le show”, disait-on au départ. Une phrase qui aurait pu n’être qu’un slogan, une promesse de circonstance, vite oubliée dans le tumulte de la compétition. Mais elle est devenue une réalité. Une vérité vécue, ressentie, partagée à chaque instant de cette CAN hors norme.

Une CAN différente, plus belle, plus internationale et surtout, marquée d’une touche marocaine indélébile. Le show a bel et bien eu lieu. Il a dépassé les attentes, déjoué les scepticismes, bousculé les repères. Et aujourd’hui, une chose est sûre, le Maroc ne s’est pas contenté de commencer le show, il l’a redéfini. Et il ne fait que commencer et c’est dans tous les domaines.
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