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«3ech Tma3» : un thriller social sur le trafic de nouveau-nés au cœur du Ramadan

La série «3ech Tma3» s’annonce comme l’une des fictions ramadanesques les plus marquantes de la saison. Réalisée par Ayoub Lahnoud, écrite par Basma El Hijri, Imane Azmi et Jawad Lahlou, et produite par Ali N’ Prod, la série aborde un sujet sensible : le trafic de nouveau-nés. Un choix fort, qui confère au projet une véritable portée sociale.

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Dès ce premier épisode dévoilé à la presse, la série «3ech Tma3» installe une atmosphère tendue et réaliste. L’intrigue ne se limite pas à un simple fait divers, mais explore les mécanismes d’un système criminel structuré, mettant en lumière des réalités sociales complexes et dérangeantes.

Une quête maternelle au cœur du récit

L’histoire suit Hanane, une mère dont le bébé a été volé à la naissance. Déterminée à retrouver son enfant, elle infiltre le réseau responsable du trafic en se forgeant une nouvelle identité. Sous le nom de Maria, sage-femme, elle s’introduit dans un gang féminin opérant dans un quartier populaire, avec pour objectif de faire tomber le système de l’intérieur.

Ce point de départ, présenté dès l’épisode pilote, permet d’articuler à la fois un récit intime et une enquête progressive. La série pose ainsi les bases d’un thriller où l’émotion et la tension avancent de pair.

Un réseau féminin, un choix narratif fort

L’un des partis pris les plus marquants de «3ech Tma3» réside dans la représentation d’un réseau criminel majoritairement féminin. À sa tête, Chama, figure autoritaire et méthodique. Autour d’elle gravitent Bouchra, Awatef, Amina, des femmes ancrées dans le quotidien du quartier, invisibles en apparence, mais centrales dans l’organisation du trafic.

Ce choix narratif brouille les attentes et donne à la série une tonalité singulière. La violence y est moins frontale que structurelle : elle s’exprime à travers les pressions sociales, les rapports de domination et les jeux d’influence. Le quartier devient lui-même un espace dramatique, où se tissent alliances, silences et trahisons.

Une écriture entre tension et humanité

Le trio de scénaristes Basma El Hijri, Imane Azmi et Jawad Lahlou s’appuie sur des affaires réelles révélées par la presse, tout en assumant pleinement la transformation du fait divers en fiction. L’épisode pilote, tel que présenté lors de la projection presse, privilégie une narration progressive, distillant les informations sans tout révéler.

Cette construction permet de maintenir une tension constante, tout en donnant une place importante à l’humain : la douleur des mères, les contradictions des personnages, et les dilemmes moraux qui traversent chaque protagoniste.

Un casting solide et convaincant

La série réunit un casting de premier plan, avec notamment Meryem Zaïmi, Saadia Ladib, Amine Ennaji, Mounia Lamkimel, Faty El Jaouhari, Bouthayna Elyaâqubi, Saâd Mouaffak, Saâdia Azgoun et Ayoub Abounnasr.

Dès cet épisode pilote, le jeu se révèle maîtrisé et crédible. Les comédiens, bien connus du public, incarnent des personnages nuancés, loin des archétypes. Victimes, complices, stratèges ou figures d’autorité, chacun évolue dans une zone grise, renforçant la dimension réaliste et troublante de la série.

Une fiction ramadanesque à fort impact social

Avec «3ech Tma3», Ali N’ Prod propose une série ambitieuse, qui s’inscrit dans une tendance de la fiction marocaine à aborder des thématiques sociales sensibles. Le premier épisode laisse entrevoir une œuvre qui interrogera non seulement le crime, mais aussi les failles du système, les silences administratifs et les complicités invisibles.

Programmée chaque soir à 19 h 30 sur «Al Aoula» pendant le Ramadan, «3ech Tma3» s’annonce comme l’un des rendez-vous fiction les plus attendus de la saison, en combinant suspense, émotion et regard social sur un sujet encore largement tabou. n
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