En marge de la Foire internationale d’art 1.54, la Matisse Art Gallery propose une exposition d’une rare intensité intellectuelle et plastique : Le corps féminin, la page où s’écrit le monde. Une confrontation audacieuse entre trois artistes que tout semble opposer – André Derain, Mohamed Drissi et Abderrahim Iqbi –, mais que réunit une même thématique fondatrice de l’histoire de l’art : le nu féminin.
Présentée en résonance avec la Foire 1-54 Contemporary African Art Fair, cette exposition repose sur un dialogue inattendu entre les œuvres d’un maître du fauvisme européen et celles de deux figures majeures de la peinture marocaine moderne et contemporaine. Un dialogue rendu possible par les hasards d’une collection, mais surtout par la pertinence d’un regard curatorial qui assume la confrontation.
Les dessins et esquisses de Derain présentés dans cette exposition témoignent d’un retour assumé à un certain classicisme, loin des audaces fauvistes ou des expérimentations cubistes de ses débuts. Le corps féminin y apparaît apaisé, presque rigoureux, célébrant avant tout la liberté plastique et l’harmonie des formes, davantage qu’une sensualité exacerbée.
Les figures de Drissi, souvent exaltées jusqu’à la distorsion, traduisent une humanité inquiète, traversée par l’angoisse et l’autodérision. Celles d’Iqbi, plus radicales encore, s’imposent comme des présences presque ectoplasmiques : des corps nus qui défient les normes, échappent aux archétypes et opposent à toute tentative de classification une ironie cruelle et lucide.
En invitant le public à cette confrontation singulière, la Matisse Art Gallery rappelle combien le sujet féminin demeure une source inépuisable de réflexion et de liberté artistique. Une liberté qui s’exprime ici autant sur le plan esthétique qu’émotionnel et intellectuel, et qui confirme, une fois encore, la capacité de l’art à traverser le temps et les frontières pour interroger notre rapport au monde.
Présentée en résonance avec la Foire 1-54 Contemporary African Art Fair, cette exposition repose sur un dialogue inattendu entre les œuvres d’un maître du fauvisme européen et celles de deux figures majeures de la peinture marocaine moderne et contemporaine. Un dialogue rendu possible par les hasards d’une collection, mais surtout par la pertinence d’un regard curatorial qui assume la confrontation.
Trois regards, un même corps
À première vue, rien ne rapproche André Derain (1880-1954), Mohamed Drissi (1946-2003) et Abderrahim Iqbi (né en 1971). Ni les époques, ni les contextes culturels, ni les intentions esthétiques ne se recoupent. Pourtant, le corps féminin agit ici comme un territoire commun, un champ d’interprétation où s’inscrivent les tensions, les fantasmes et les questionnements propres à chaque artiste.Les dessins et esquisses de Derain présentés dans cette exposition témoignent d’un retour assumé à un certain classicisme, loin des audaces fauvistes ou des expérimentations cubistes de ses débuts. Le corps féminin y apparaît apaisé, presque rigoureux, célébrant avant tout la liberté plastique et l’harmonie des formes, davantage qu’une sensualité exacerbée.
Transgression et malaise existentiel
Chez Mohamed Drissi et Abderrahim Iqbi, le nu change radicalement de registre. Marqué par la déformation, l’excès et parfois la violence, le corps féminin devient un espace de revendication et de transgression. Pour ces deux artistes marocains, la nudité ne relève ni de l’érotisme ni de la simple contemplation esthétique, mais d’un rapport conflictuel au monde.Les figures de Drissi, souvent exaltées jusqu’à la distorsion, traduisent une humanité inquiète, traversée par l’angoisse et l’autodérision. Celles d’Iqbi, plus radicales encore, s’imposent comme des présences presque ectoplasmiques : des corps nus qui défient les normes, échappent aux archétypes et opposent à toute tentative de classification une ironie cruelle et lucide.
Le corps comme langage universel
Si les intentions divergent, un point commun subsiste : dans les trois univers, le corps féminin se lit comme l’expression d’un fantasme intérieur, d’une projection de l’âme, bien plus que comme un objet de désir. Il devient un texte à déchiffrer, une page où s’inscrivent les fractures sociales, culturelles et existentielles de chaque époque.En invitant le public à cette confrontation singulière, la Matisse Art Gallery rappelle combien le sujet féminin demeure une source inépuisable de réflexion et de liberté artistique. Une liberté qui s’exprime ici autant sur le plan esthétique qu’émotionnel et intellectuel, et qui confirme, une fois encore, la capacité de l’art à traverser le temps et les frontières pour interroger notre rapport au monde.
