Menu
Search
Mercredi 24 Juin 2026
S'abonner
close

Droits humains : Driss El Yazami décrypte les défis d’une génération en mutation

À Essaouira, ville-carrefour ouverte sur le monde, la jeunesse n’est pas un symbole abstrait mais une force de projection collective. Organisé par le Festival Gnaoua et Musiques du monde et le CCME, le 13e Forum des droits humains explore les fractures et les espoirs d’une génération prise entre la crise globale et le désir de redéfinir les règles de son propre futur. Libertés contraintes, identités hybrides, mutations de l’action collective : Driss El Yazami revient sur les grands enjeux contemporains de ces jeunesses plurielles et interconnectées.

No Image
Le Matin : Pourquoi avoir choisi de consacrer cette 13e édition du Forum aux «jeunesses du monde» ? Qu’est-ce qui rend cette thématique particulièrement urgente aujourd’hui ?

Driss El Yazami :
Je crois me souvenir que la problématique de la jeunesse a été un des premiers sujets de ce forum et c’est tout à fait naturel que nous y revenions. Ce Festival rassemble toutes les classes sociales et toutes les générations. Mais il est évident que c’est fondamentalement un public de jeunes. Nous sommes dans un pays où la jeunesse occupe encore une place centrale, même si, à son tour, notre société commence à vieillir. Cette jeunesse fait à la fois face à de nombreux défis et fait preuve d’une extraordinaire vitalité. C’est donc normal que nous y consacrions cette édition.

Vous évoquez une génération qui grandit dans un contexte marqué par les crises et les incertitudes. Qu’est-ce qui distingue les jeunes d’aujourd’hui des générations précédentes ?

Il est toujours risqué de généraliser et ce constat est fait par des «anciens» comme moi-même. Mais il semble bien que les crises se multiplient sans un horizon de solution clair et évident. En premier lieu, une crise de l’ordre international qui a prévalu depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, et qui est désormais contesté par ceux-là même qui en faisaient la promotion. Cette remise en cause se fait en même temps qu’une contestation des valeurs humanistes qui semblaient faire une quasi-unanimité entre les nations et les peuples. Des valeurs comme l’égalité entre les sexes et tous les êtres humains, la fraternité et l’empathie envers les plus vulnérables d’entre nous, le pluralisme et la démocratie comme modes de gouvernance politique sont aujourd’hui ouvertement rejetés. L’autre grande crise qui vient à l’esprit est la crise écologique, alors que certaines COP (Conférences des parties, celles de Paris et Marrakech notamment) avaient laissé entrevoir une volonté internationale commune pour commencer à combattre, ensemble, les bouleversements climatiques que nous constatons. C’est en résumé dans un monde politiquement troublé et menacé dans son existence même que les jeunesses du monde sont appelées à vivre, sans consensus clair sur les valeurs essentielles.

La liberté apparaît comme une préoccupation centrale des jeunes. Quelles sont, selon vous, les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur cette liberté ?

La guerre, l’autoritarisme et l’obscurantisme me semble-t-il. Il ne peut y avoir d’épanouissement de la liberté là où il y a violences et conflits armés. J’ai longtemps milité à la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH, Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme), la première organisation internationale des droits humains, fondée en 1922 par les ligues française et allemande, au sortir de la Première Guerre mondiale pour souligner ce lien fondamental entre paix et droits.

L’autoritarisme politique (qui peut évoluer dans certaines situations vers un despotisme absolu) constitue la deuxième grande menace sur les libertés. Il empêche le débat, les dissensus pacifiques et la délibération. Il essaie de bloquer la créativité humaine, les aspirations légitimes mais qui peuvent être différentes des êtres humains, des groupes sociaux et des sociétés. C’est comme un étouffoir sur la diversité humaine.

Il y a enfin l’obscurantisme que génèrent certaines idéologies mortifères. Nous avons vu ces dernières décennies comment certains mouvements politiques ont instrumentalisé la foi pour porter atteinte au premier des droits, le droit à la vie, et restreindre de manière drastique toutes les autres libertés, d’expression, d’association, de manifestation...

Le Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME) travaille depuis longtemps sur les questions de migration et de diaspora. Que vous enseignent les jeunes Marocains du monde sur les nouvelles formes d’identité ?

Il n’y a pas une attitude univoque des jeunesses marocaines du monde à cette problématique identitaire et les réponses dépendent de plusieurs variables : le niveau socio-économique, le parcours migratoire et l’histoire familiale, le lien historique entre le Maroc et le pays de résidence, le débat politique à propos des migrations dans ladite société...



Mais de manière générale, on constate dans tous les pays du Nord un durcissement du débat public sur la migration et une injonction aux enfants issus de l’immigration de choisir une seule appartenance, toujours au détriment de l’origine. On les somme, en effet, de plus en plus de démontrer explicitement, d’une manière ou d’une autre, une fidélité unique. Or, ces jeunes proclament de diverses manières leurs multiples appartenances et refusent un choix qu’ils perçoivent comme mutilant et injuste. Ils disent vouloir vivre ce pluralisme dans une double fidélité et estiment qu’ils ne trahissent aucune partie en proclamant leur attachement à l’une ou l’autre partie de leur histoire personnelle, familiale et collective. On le voit dans le comportement de tout un chacun par la célébration des fêtes (je veux le Ramadan et Noël me disait un ami), l’usage des langues, la mobilité entre les sociétés. Cela n’empêche pas des crispations, comme on a pu le voir dans le sport. Mais même dans ce domaine sensible, les individus montrent qu’ils cultivent, sans trop d’efforts, un double attachement.

Je tiens à rappeler à cet égard que la Constitution marocaine de 2011 a une approche très sereine vis-à-vis de la double appartenance. Il y a quatre articles qui concernent spécifiquement les Marocains du monde, dont l’article 16 qui stipule que le Royaume «œuvre à la protection des droits et des intérêts légitimes des Marocains du monde dans le respect du droit international et des lois en vigueur dans les pays de résidence» et qu’il veille «au renforcement de leur contribution au développement de leur patrie, le Maroc, et au resserrement des liens d’amitié et de coopération avec les gouvernements et les sociétés des pays où ils résident ou dont ils sont aussi citoyens». Dans cette perspective, les migrants marocains comme les doubles nationaux sont des passeurs, des acteurs actifs, dans le cadre du droit, à tisser des liens sur un double niveau : des autorités et des sociétés civiles.

Cette gestion finalement sereine de la double appartenance se révèle pour les individus une source vive de créativité et on le constate tous les jours dans la culture. J’ai de plus en plus tendance à dire que le roman marocain d’aujourd’hui, de plus en plus féminin, s’écrit en arabe, en amazigh, en français, en castillan, en catalan, en allemand, en néerlandais, en italien, en anglais. Nous avons reçu au dernier salon du livre de Rabat la première romancière australo-marocaine et je m’attends à ce que nous recevions dans les années prochaines des romanciers écrivant dans d’autres langues.

L’intelligence artificielle et les algorithmes transforment profondément les sociétés. Comment ces mutations influencent-elles les aspirations et les inquiétudes des jeunes ?

Il m’est difficile de prévoir comment ces révolutions technologiques vont transformer les sociétés et les attitudes et les comportements des individus au Maroc comme ailleurs. Mais j’ai comme l’impression qu’il y a une extraordinaire capacité d’adaptation, du moins chez une partie de la jeunesse. J’en veux comme preuve le nombre de startups créées ces dernières années par des Marocains du monde dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité ou le succès de la Morocco Gaming Expo (MGE) qui a eu lieu à Rabat en mai dernier. Nous venons de soutenir la première édition au Maroc des «Moumkine Days» organisées sur le thème «Mobiliser les talents des Marocains du monde pour la souveraineté numérique et la stratégie IA 2030». Au Haut-Commissariat au Plan (HCP), nous sommes actuellement saisis de la part de Marocains d’ici comme de l’étranger de plusieurs projets de jeux ludiques sur l’Histoire et la culture marocaines. Un des jeux dont nous avons soutenu le développement avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, la Marocaine des jeux et des sports (MDJS) et la Fondation Orange, a été présenté à la dernière MGE. Il a été conçu par Nadia Larguet et porte sur 1001 questions sur le Maroc, accessible en arabe, en amazigh, en français et en anglais. Ces projets, en cours de développement pour la plupart, émanent presque toujours de jeunes parents préoccupés, et à juste titre, par la question lancinante de la transmission et appréhendent les bouleversements technologiques en cours comme une opportunité et non une menace.

Observe-t-on une perte de confiance des jeunes envers les institutions et les formes traditionnelles d’engagement ?

C’est en effet un discours que l’on entend souvent, qui évoque une sorte d’inexorable déprime civique de l’ensemble des citoyens et en premier lieu des jeunes qui sont un groupe central dans des sociétés comme la nôtre. Ce retrait des citoyens serait global, y compris dans les sociétés de forte tradition démocratique.

Pour certains analystes, il s’agit moins d’un recul que de mutations profondes dans les modalités et les contenus de l’engagement. À un investissement traditionnel dans des institutions collectives (partis politiques, syndicats, mouvements associatifs), avec le bénévolat et le suffrage comme modes principaux, aurait succédé un engagement individuel, plus volatile et numérique. Le premier était mû par de grandes utopies transformatrices radicales («la révolution»). Le second cherche des gains modestes, immédiats, dont on peut mesurer le profit pour la collectivité, ici et là. Il y a de toute évidence du vrai dans ces analyses, même s’il ne s’agit pas de deux univers totalement hermétiques l’un à l’autre. On voit bien comment l’action politique ou associative a intégré assez rapidement en fin de compte le numérique dans son répertoire.

Pour le Maroc, je pense à deux rapports récents qui permettent une approche raisonnée des principales évolutions de notre jeunesse.

Le Rapport du Haut-Commissariat au Plan sur les jeunes «NEET» (ni en emploi, ni en études, ni en formation), soit un jeune marocain sur trois âgé de 15 à 29 ans (2,9 millions environ au total), a permis une compréhension fine de ce groupe et des défis structurels qui empêchent son insertion sociale, économique et, partant, civique. Chez ces jeunes, il ne s’agit pas d’un recul de l’engagement. Il s’agit de penser et de mettre en œuvre les modalités de leur intégration socio-économique d’abord et politique ensuite. C’est une question de dignité. On ne peut être citoyen actif, quelle qu’en soit la forme, en étant dépendant des autres, à l’écart des autres.

Le Rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) intitulé «Renforcer l’autonomie et la confiance des jeunes au Maroc») rappelle à son tour la centralité de ce groupe : les moins de 25 ans représentaient 43% de la population en 2019 ! Il traite de cinq questions essentielles. Il estime ainsi que si le cadre normatif est solide, il reste justement limité dans certains domaines en lien avec votre question, comme l’engagement associatif ou les élections locales. Les recommandations émises par les rédacteurs du rapport visent toutes à renforcer la participation et l’élection des jeunes au niveau local, leur engagement associatif et l’évaluation des mécanismes participatifs des jeunes mis en place au niveau local en vue de les améliorer. Le rapport appelle à une politique publique intégrée et territorialisée en faveur de la jeunesse, au renforcement des capacités des institutions chargées de la jeunesse et à une coordination renforcée desdites institutions. Le cinquième axe du rapport est justement consacré aux modalités de renforcement de la participation des jeunes dans la vie publique. Le rapport constate «la confiance limitée des jeunes dans les institutions publiques» et estime qu’il y a «des obstacles auxquels ils se heurtent pour faire entendre leurs voix qui restreignent leur participation au sein de structures et processus décisionnels». Il note cependant que «les jeunes participent de manière croissante au débat public, sur des sujets d’intérêt général et par le biais de canaux variés de participation souvent non institutionnalisés». Outre le soutien à l’acquisition d’une culture de l’engagement et de la participation dès le plus jeune âge, à l’école et en dehors, il est préconisé de «repenser de façon globale la participation des jeunes tout au long du cycle des politiques publiques à travers une planification stratégique et cohérente des opportunités de participation, une information et une communication adaptées à une participation avisée, et le renforcement des mécanismes de participation existants pour soutenir une évolution des modes de dialogue vers plus de régularité, de réciprocité et des formats plus

innovants».

On peut bien évidemment contester telle ou telle affirmation de ce rapport. Mais il me semble que dans un pays comme le nôtre, aussi jeune, cette problématique doit être en permanence à l’ordre du jour du débat et de la délibération citoyenne. Ce ne peut être, me semble-t-il, une question sectorielle.

Il faudrait enfin rappeler, alors que l’on insiste sur le désengagement des jeunesses, l’élan contestataire de ces dernières années, au Maroc comme ailleurs, de la Gen Z. Il s’est agi fondamentalement de mouvements pacifiques, qui ont tenté, peut-être parfois maladroitement, de nouvelles formes de délibération et d’auto-organisation, sans nécessairement trouver, du côté des autorités comme du côté des acteurs sociaux, des interlocuteurs et des partenaires compréhensifs et réactifs.

À travers les réseaux sociaux, l’art ou les initiatives citoyennes, les jeunes inventent de nouvelles manières d’agir. En quoi ces formes d’engagement renouvellent-elles l’action collective ?

Il semble bien que nous sommes passés à des formes d’engagement plus discontinues, espacées dans le temps, ponctuelles en quelque sorte, qui ont remplacé l’action installée dans la durée et encadrée par les instances politiques traditionnelles (partis, syndicats, associations). L’objet des mobilisations semble aussi avoir bougé : la revendication concrète d’un objectif mesurable et immédiat semble aussi avoir pris le relais du slogan global. L’exemple de la mobilisation autour de l’hôpital d’Agadir et ce qui s’en est suivi me semble emblématique de cette mutation. Il y a en outre une sorte de territorialisation de l’action collective qu’ont révélée les événements du Rif, une montée en puissance du local qui nous interpelle sur les inégalités territoriales, l’état de la démocratie territoriale, les défis de la décentralisation, etc. Il y a enfin, bien évidemment, la place du numérique dans les nouveaux modes d’action collective. Premier vecteur d’information, souvent le premier espace de mobilisation (par la signature d’une pétition en ligne, la publication d’un post, d’une alerte...), le numérique est devenu aussi une nouvelle place publique, une agora épisodique de délibération et d’organisation de mobilisations par l’appel à des manifestations ou rassemblements de rue. Le numérique est ainsi le vecteur et l’accélérateur de modes d’organisation non hiérarchiques, ce qui peut déranger, voire inquiéter parfois des responsables souhaitant comprendre et dialoguer. Cela peut même perturber des militants «traditionnels» de bonne foi, habitués à des fonctionnements classiques régulés par l’adhésion à des statuts déposés, des délibérations en cellules ou sections de base, des assemblées générales, des votes...

Pourquoi avoir consacré une table ronde aux arts et aux cultures ? Quel rôle la création artistique peut-elle jouer dans la transmission et le dialogue entre les générations ?

Il est de tradition dans ce forum de réserver une grande place à la culture dans les tables rondes comme au niveau des participants. Depuis le départ, une des originalités du forum est justement de faire dialoguer des acteurs sociaux, des intellectuels et des artistes. On pourrait même dire que c’est la raison d’être de ce moment dans le Festival.

De manière générale, une des fonctions de la création artistique est, me semble-t-il, de faire entendre la respiration d’une société, ses nouvelles voix, ses aspirations émergentes, de dire ce qui est en train de naître, de bouillonner et d’essayer de trouver sa place. On peut ainsi écouter le Rap comme une sorte de porte-voix, de cahier de revendications permanent de certains secteurs de la jeunesse. Un message aux générations plus anciennes, une admonestation à leur égard et une exigence de considération. C’est en tout cas ainsi que j’ai toujours écouté et admiré des chansons et certains chanteurs du Rap.

De même, concernant les Marocains du monde, la littérature et le cinéma, notamment le documentaire, disent beaucoup de ce que sont les mutations des diverses communautés marocaines expatriées à travers le monde.

Ainsi, lire Leïla Slimani, Samira El Ayachi, Leïla Bahsaïn, Rim Battal, Hajar Azell, Zineb Mekouar, Soundouss Chraïbi et bien d’autres qui écrivent en français ; Rim Najmi qui écrit en Allemagne en arabe ; Laila Lalami, Saeida Rouass, Nadia Mahjouri qui écrivent en anglais ; Rachida Lamrabet, Hasnae Bouazza... qui écrivent en néerlandais ; Najat El Hachmi et Laila Karrouch qui écrivent en catalan, ce n’est pas seulement entendre des voix féminines de plus en plus présentes et qui disent un état des migrations marocaines, découvrir des univers singuliers, des styles particuliers, mais c’est aussi découvrir à chaque fois un Maroc nouveau, original, transplanté et revisité.

Le Forum entend placer les jeunesses du monde au centre du débat. Plus largement, comment faire en sorte que les jeunes ne soient plus seulement un sujet d’analyse ou de discours, mais de véritables acteurs des politiques publiques et des transformations sociales ?

Vaste sujet. Mais il y a, à minima, trois composantes : agir en premier lieu pour une politique de justice sociale en combattant fermement l’exclusion des catégories de jeunes les plus vulnérables, les NEET, évoqués ci-dessus. La fragilité sociale tue dans l’œuf toute velléité de participation. Agir en même temps pour une politique ferme de l’égalité des sexes et enfin prendre en compte la diversité des territoires.

En quoi le Festival Gnaoua et la ville d’Essaouira offrent-ils un cadre particulier pour aborder les questions de liberté, d’identité et d’avenir ?

Le Festival Gnaoua se distingue, entre autres innovations, par deux traits particuliers à mon avis. Il a d’abord réhabilité une tradition culturelle au sens large du terme (spirituelle et musicale) qui était populaire mais marginalisée et il l’a mise au contact du monde et de sa diversité, lui redonnant ce faisant une nouvelle légitimité et une résonance universelle. Essaouira est devenue ainsi une scène du monde. L’autre bienfait, au sens politique le plus noble du terme, est ce mélange des Marocains et de leurs invités de quelques jours et cette alchimie maroco-marocaine : de générations, de couches sociales, de modes vestimentaires, etc. Un Maroc qui vibre, invente, débat, vif mais apaisé.

Après treize éditions du Forum des droits humains, êtes-vous optimiste quant à la capacité des jeunes à relever les défis du monde actuel ?

J’ai déjà repris dans certains entretiens, pour répondre à cette question, le titre d’un des romans du grand écrivain palestinien Émile Habibi (1922-1996), «Les aventures extraordinaires de Sïd le Peptimiste», compression des deux postures, la pessimiste et l’optimiste. C’est encore le mot qui résume le mieux mon état d’esprit.
Lisez nos e-Papers