Comme tout véritable artiste, Fouad Cherdoudi est hanté par des interrogations qui n’en finissent pas de questionner le devenir du monde, tout en se demandant ce que l’acte de peindre peut encore apporter à l’humanité. Comment réagir à la complexité du réel et comment exprimer son ressenti lorsqu’on peine à tout comprendre ? Ces questions-là ne se formulent pas, elles traversent la toile. Elles s’expriment en formes, en couleurs et en gestes incarnant des ressentis divers.
Et Fouad Cherdoudi ne cherche pas la réponse. Il s’applique à perpétuer l’acte de peindre comme on résiste à l’extinction. Peindre devient, alors, un acte de survie, porté par la foi ou, selon un concept spinoziste, par le conatus, cette force intérieure qui pousse chaque être à persévérer dans son être.
Une composition plus aérée laisse paraître des formes qui se distinguent, comme dévoilées par la dissipation des volutes de fumée après l’explosion. C’est loin d’être un apaisement, mais plutôt un éclaircissement de l’intention, une précision du geste et un approfondissement de l’exploration de l’être. Dans cette «Métamorphose», Fouad Cherdoudi glisse vers une autre forme de présence picturale, comme on mue pour grandir, s’aguerrir ou survivre...
Alors l’artiste s’en remet à l’intuition, sans chercher à traduire les ressentis avec la précision du poète. Il se met à l’écoute de son bourdonnement intérieur et manie la matière à tâtons. Et par une superposition de couches et de gestes, il alterne présence et omission, clarté et trouble, dans une ambiguïté assumée et volontaire afin de rendre compte d’un inaccessible ou comme dirait Rachdi «accéder à l’indicible».
Et Fouad Cherdoudi ne cherche pas la réponse. Il s’applique à perpétuer l’acte de peindre comme on résiste à l’extinction. Peindre devient, alors, un acte de survie, porté par la foi ou, selon un concept spinoziste, par le conatus, cette force intérieure qui pousse chaque être à persévérer dans son être.
La mue d’un style
Annoncée non pas comme une rupture, mais une transcendance, par le galeriste Jalil El Gharib, «Métamorphose» signe un renouveau artistique qui ne rompt pas avant l’existant, mais le prolonge et l’approfondit. Et pour peu que l’on soit familier de l’œuvre de Cherdoudi, le changement se perçoit aisément. Des explosions de matières et de formes, qui saturent l’espace et créent un champ en tension, on passe à quelque chose de plus relâché, comme si la tension s’était déplacée ailleurs, ou s’était redistribuée autrement.Une composition plus aérée laisse paraître des formes qui se distinguent, comme dévoilées par la dissipation des volutes de fumée après l’explosion. C’est loin d’être un apaisement, mais plutôt un éclaircissement de l’intention, une précision du geste et un approfondissement de l’exploration de l’être. Dans cette «Métamorphose», Fouad Cherdoudi glisse vers une autre forme de présence picturale, comme on mue pour grandir, s’aguerrir ou survivre...
Ce que la poésie tait
Cherdoudi est un poète. Pour de vrai ! Un ciseleur de mots et de métaphores qui manie le verbe avec délicatesse. Mais les mots ne savent pas tout dire et lorsque le langage peine à traduire un ressenti, la peinture prend le relais. Et comme le dit si bien Mohamed Rachdi, à qui ont doit le texte du catalogue : «Face à ce qui se trame en son for intérieur, et devant la complexité du monde extérieur, sa faculté de verbalisation, aussi riche et subtile soit-elle, atteint vite ses limites. Tandis que l’activité picturale s’impose à lui comme le terrain de prédilection où se révèle ce qu’il lui est impossible de désigner par les mots».Alors l’artiste s’en remet à l’intuition, sans chercher à traduire les ressentis avec la précision du poète. Il se met à l’écoute de son bourdonnement intérieur et manie la matière à tâtons. Et par une superposition de couches et de gestes, il alterne présence et omission, clarté et trouble, dans une ambiguïté assumée et volontaire afin de rendre compte d’un inaccessible ou comme dirait Rachdi «accéder à l’indicible».
