Le nouveau travail de Nabil Bahya privilégie une peinture centrée sur le geste, la transparence et la couleur. La peinture se décharge de symbolique, mais l’acte de peindre devient un espace d’exploration intime. Libre mais maîtrisé, jamais violent et affranchi de toute narration, le geste pictural traduit une volonté de confession et un désir intense de paix.
Dans une économie de moyens qu’il s’impose drastiquement, Nabil Bahya sonde l’intériorité pour interroger le vulnérable. En se contraignant à la retenue, il exprime le besoin d’aller au plus profond et cela réussit à s’immiscer dans la conscience du spectateur en le forçant à rompre avec le brouhaha pour se connecter à l’intime. Ce travail marque une rupture, mais tout en s’inscrivant dans la continuité du parcours de l’artiste, depuis l’obtention de son diplôme à l’École supérieure des beaux-arts de Casablanca.
Doux comme une réconciliation
Pour ceux qui connaissent le travail précédent de l’artiste Nabil Bahya, la transformation est notable à plus d’un titre. Mais l’usage tempéré et délicat de la couleur apparaît comme la caractéristique la plus marquante. En effet, la matière picturale s’allège au profit d’un effet de transparence qui en dit long. Les couleurs «épurées et parfois diaphanes, ne crient pas, elles murmurent. Elles ne s’imposent pas, elles accueillent. Par cette recherche de pureté plastique et de véracité émotionnelle, je tente de dépasser le visible pour toucher l’essentiel», exprime l’artiste lui-même.Dans une économie de moyens qu’il s’impose drastiquement, Nabil Bahya sonde l’intériorité pour interroger le vulnérable. En se contraignant à la retenue, il exprime le besoin d’aller au plus profond et cela réussit à s’immiscer dans la conscience du spectateur en le forçant à rompre avec le brouhaha pour se connecter à l’intime. Ce travail marque une rupture, mais tout en s’inscrivant dans la continuité du parcours de l’artiste, depuis l’obtention de son diplôme à l’École supérieure des beaux-arts de Casablanca.
Un goût d’hommage
Si «Réconciliation» marquera les esprits, c’est également parce qu’elle a été conçue en étroite collaboration avec feu Ilyass Alami Afilal. Fondateur du Salon Marocain des Artistes Contemporains Émergents, dont l’engagement en faveur de la jeune création contemporaine a marqué durablement la scène artistique marocaine, Ilyass Alami Afilal s’est brusquement éteint en ce début d’année, après avoir accompagné l’artiste dans sa démarche créative et intellectuelle. Sa disparition soudaine, survenue alors que le projet prenait forme, confère aujourd'hui à l’exposition une dimension particulière.
À cette perte s’ajoute celle de Hassan Ouriaghli, président directeur de la Fondation Al Mada, qui dirige la Villa des Arts et œuvre depuis des années au rayonnement de la création artistique au Maroc. La convergence de ces absences transforme «Réconciliation» en un hommage discret, mais profond, à deux figures qui ont accompagné et soutenu l’histoire récente de l’art dans le pays. Pourvu que l’héritage de ces deux grands hommes ne se disperse pas et que la Villa des arts poursuive son action en faveur de l’art et des jeunes artistes.
À cette perte s’ajoute celle de Hassan Ouriaghli, président directeur de la Fondation Al Mada, qui dirige la Villa des Arts et œuvre depuis des années au rayonnement de la création artistique au Maroc. La convergence de ces absences transforme «Réconciliation» en un hommage discret, mais profond, à deux figures qui ont accompagné et soutenu l’histoire récente de l’art dans le pays. Pourvu que l’héritage de ces deux grands hommes ne se disperse pas et que la Villa des arts poursuive son action en faveur de l’art et des jeunes artistes.
