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Dimanche 10 Mai 2026
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Nadia Mahjouri explore les failles de l’identité et de la mémoire dans «Half Truth»

Dans le cadre de son programme culturel organisé en marge du SIEL (Salon international de l’édition et du livre) 2026, le «Book Club Le Matin» a accueilli l’écrivaine maroco-australienne Nadia Mahjouri pour une rencontre autour de son premier roman «Half Truth». Une discussion en anglais, une première pour le «Book Club», qui témoigne de l’évolution des pratiques de lecture et de la montée en puissance de la littérature anglophone auprès du public marocain.

Ph. Rhoni
Ph. Rhoni
Animée par Hafsa Elbekri, la rencontre a plongé le public dans l’univers intime et profondément humain de «Half Truth», un roman qui mêle quête identitaire, maternité, mémoire familiale et fractures culturelles. Inspiré de l’histoire personnelle de l’auteure, le récit suit Zahra, une jeune femme maroco-australienne qui retourne au Maroc avec son bébé pour retrouver les traces de son père disparu.



Dès les premières pages, le roman interroge la notion de vérité. «Truth is a mirror in the hands of God», rappelle Nadia Mahjouri en référence au poète soufi Jalal Eddine Rûmî. Une vérité fragmentée, mouvante, qui traverse les générations et façonne les identités.

Au fil des échanges, l’auteure est revenue sur son propre parcours. Née d’une mère australienne et d’un père marocain absent, elle raconte avoir grandi en Australie sans véritable contact avec ses origines marocaines. La naissance de son premier enfant a agi comme un déclencheur, faisant émerger des questions profondes autour de l’identité, de l’appartenance et de la transmission.

«Pour la première fois, j’avais un enfant qui me ressemblait», confie-t-elle. Une expérience fondatrice qui l’a poussée à entreprendre un voyage au Maroc pour retrouver sa famille paternelle et mieux comprendre son histoire.



Le roman alterne ainsi entre deux trajectoires féminines : celle de Zahra dans l’Australie contemporaine et celle de Khadija, une femme amazighe vivant près de Marrakech dans les années 1940. À travers ces deux voix, Nadia Mahjouri explore les rapports à la maternité, au corps, à la mémoire et aux héritages culturels.

La rencontre a également permis d’aborder les différences culturelles entre l’Occident et le Maroc, notamment autour de la famille, de l’intimité et de la place des femmes. L’auteure a notamment évoqué son premier hammam au Maroc, vécu comme un choc culturel mais aussi comme une expérience de réconciliation avec le corps et la féminité.

Au-delà du récit personnel, «Half Truth» propose une réflexion plus large sur les identités hybrides, l’exil intérieur et la difficulté d’appartenir pleinement à plusieurs mondes à la fois. «On appartient à la fois ici et ailleurs», résume l’écrivaine.
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