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«Nos mères» de Fedwa Misk au «Book Club Le Matin»

Invitée du «Book Club Le Matin», l’écrivaine Fedwa Misk a présenté son ouvrage «Nos mères». Il s’agit d’une pièce de théâtre avec cinq personnages féminins différents : de la femme libre à celle qui veut se libérer, en passant par la femme protectrice. Fedwa Misk, qui est aussi journaliste au Groupe «Le Matin», invite son public à prendre le temps de réfléchir à la relation mère-fille, qui est parfois apaisée, mais devient souvent conflictuelle.

Ambiance très conviviale pour la dernière rencontre du «Book Club du Groupe Le Matin». L’invitée, Fedwa Misk, est une écrivaine, militante féministe marocaine, mais aussi journaliste du même Groupe. Son ouvrage «Nos mères» est une pièce de théâtre qui braque les lumières sur les rapports mères-filles. Ces rapports sont complexes, souvent conflictuels et sont présentés à travers des personnages qui sont problématiques. «Nos mères» plonge le lecteur dans des scènes et des situations où la vie des personnages est présentée sous un regard à la fois sensible, profond et critique.

Fedwa Misk à cœur ouvert

À travers «Nos mères», l’écrivaine dresse les différents profils de mamans que l’on retrouve dans la société marocaine. Elle revient aussi sur les différents stéréotypes que l’on retrouve aussi dans notre société et qui constituent des freins à l’évolution des enfants. Face aux invités du «Book Club», mais aussi de ses collègues du Groupe, l’écrivaine révèle son histoire personnelle, tout en soulignant qu’il est toujours difficile pour elle d’aborder le sujet. «Ma mère est décédée il y a neuf ans à la suite d’une maladie, mais j’ai l’impression que je n’ai pas encore totalement fait le deuil, sachant que la publication de «Nos mères» m’a beaucoup aidée», confie-t-elle. Et de poursuivre : «J’avais des sentiments, mais je n’arrivais pas à verbaliser ce que je ressentais, raison pour laquelle j’ai décidé de me faire accompagner». La thérapeute lui a conseillé de s’adresser à sa maman à travers une lettre. Effectivement, la technique des lettres a toujours été recommandée par les thérapeutes puisqu’elle permet de se libérer des émotions négatives. Pour Fedwa Misk, la lettre était presque une chirurgie de l’âme qui lui a permis de raconter à sa mère tout ce qu’elle ne pouvait pas lui dire verbalement. C’est le cas aussi pour certains des invités qui ont témoigné avoir utilisé cette technique pour exprimer leur ressenti.

La maman parfaite

«Ce que je reprochais le plus à ma mère, c’est qu’elle faisait énormément de sacrifices», confie l’invitée du «Book Club». Effectivement, plusieurs mamans sacrifient leur bonheur et leur vie pour la paix sociale, mais dans la majorité des cas, les enfants finissent par leur reprocher d’avoir fait autant de sacrifices. Sur ce volet, Fedwa revient aussi sur la notion de projection. Celle des mamans qui imposent à leurs enfants de réaliser des rêves qu’elles ne pouvaient pas accomplir elles-mêmes. «Cela devient étouffant pour un enfant qui, par la force des choses, a besoin de découvrir le monde, d’avoir ses propres rêves et de faire en sorte de les réaliser», explique-t-elle.

La maman «hélicoptère»

La notion d’hélicoptère concerne la maman extrêmement protectrice qui continue à planer sur sa fille, l’empêchant de grandir. «Croyant bien faire, cette maman empêche sa fille de faire ses propres choix, comme le fait de poursuivre ses études à l’étranger ou encore choisir son compagnon de vie», détaille-t-elle. Pour Fedwa Misk, ceci s’explique par le fait que cette maman a elle-même été éduquée de cette manière. «C’est le seul modèle qu’elle a reçu et qu’elle essaye elle-même de transmettre à son enfant», précise-t-elle. Et d’ajouter que chacun de nous doit travailler sur lui-même en vue de couper les liens toxiques pour éviter de les transmettre à la génération future. Bien évidemment, rien ne remplace l’amour de la maman à l’égard de son enfant. Mais force est de reconnaître qu’un enfant n’a pas besoin d’une maman super-protectrice et encore moins parfaite. Un enfant a plutôt besoin d’une maman épanouie, équilibrée et surtout capable de le comprendre et de l’accompagner dans son évolution.