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180 nouveaux centres de contrôle technique des véhicules seront créés

Le ministère du Transport et de la logistique s'apprête à lancer un appel d'offres pour la création de 180 nouveaux centres de contrôle technique des véhicules. Objectif : Faire passer leur nombre de 420 à 600. Cependant, cette expansion suscite des préoccupations quant à la viabilité de nombreux centres existants, ainsi que la qualité des contrôles. L'absence d'outils de régulation efficace est l'une des contraintes du secteur, entraînant des disparités régionales.

Le ministère du Transport et de la logistique s’apprête à lancer un appel d’offres pour la création de nouveaux centres de contrôle technique. Selon des informations exclusives obtenues par «Le Matin», l’objectif du département du Transport est de porter leur nombre de 420 actuellement à 600, soit 180 nouveaux centres. Cette initiative n'est, toutefois, pas du goût de certains opérateurs déjà en exercice. «Cela pourrait gravement porter atteinte à la viabilité de beaucoup de centres. D’autant plus qu’une concurrence accrue pourrait pousser certains d’entre eux à bâcler leur travail. Je note ici que les actes de contrôle des véhicules constituent un maillon important dans la chaîne de la sécurité routière», soutient un opérateur de la place ayant requis l'anonymat.

>>Lire aussi : Contrôle technique des véhicules : La Narsa sur une nouvelle stratégie

Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 52-05 portant Code de la route et de ses textes d’application, la gestion du secteur du contrôle technique a connu des avancées significatives. Cependant, l'activité souffre encore de plusieurs contraintes, dont l’absence d’outils efficients de régulation qui se traduit par une offre en inadéquation avec les besoins dans plusieurs régions du pays et par un taux de remplissage parfois insuffisant.

Pour remédier à ces insuffisances, l’Agence nationale de la sécurité routière (Narsa) avait annoncé en avril de cette année la conception d'un Schéma directeur avec de nouvelles orientations stratégiques à court et à moyen termes pour ce secteur. Son objectif : se doter des outils nécessaires à la gestion du secteur du contrôle technique des véhicules et des orientations permettant son développement.

«Ces outils doivent permettre une visibilité sur le secteur du contrôle technique à court et moyen termes et garantir une régulation entre l’offre et la demande en matière de lignes, de centres et de réseaux de contrôle technique des véhicules ainsi qu’en matière d’agents de contrôle technique et de chefs de centres», expliquait la Narsa.

Normes et critères techniques du contrôle automobile

Notons que les centres de visite technique sont généralement constitués en réseaux. Parmi eux, Dekra Automotive, qui déploie un imposant réseau de 107 centres. À ses côtés, on compte des noms familiers tels que SGS Maroc, Salama et Revitex. Cependant, dans cet univers concurrentiel, il est intéressant de noter que l'affiliation à ces réseaux n'est pas une condition sine qua non pour se lancer dans ce business. Néanmoins, de nombreux experts soutiennent que s'ancrer à ces réseaux peut s'avérer être un choix judicieux. En effet, cela permet de bénéficier d'une expertise pointue et d'un accompagnement précieux, qui sont des atouts non négligeables pour réussir dans cette activité.

En tout cas, au Maroc, le secteur des centres de contrôle technique automobile est en constante évolution. Le ministère du Transport joue un rôle central à travers le lancement d'appels d'offres ciblés, exprimant ainsi ses besoins dans différentes zones du pays.

L’appel d’offres définit un ensemble de critères techniques auxquels les porteurs de projet doivent répondre. Ces critères comprennent la qualification du personnel, les effectifs, les exigences financières, et d'autres normes essentielles définies par le cahier des charges. L'autorité de tutelle précise également le nombre de centres de contrôle requis, mais aussi les types de lignes de contrôle nécessaires, couvrant à la fois les véhicules légers et les poids lourds.

«La réglementation en vigueur exige au minimum deux lignes de contrôle. Pour ce faire, une superficie d'au moins 300 mètres carrés est requise, généralement sous la forme d'un hangar abritant les deux lignes de contrôle. Ce local doit être aménagé de manière à accueillir une partie administrative, notamment des bureaux pour le personnel, un espace pour les archives, une salle d'attente pour les clients, ainsi que des installations sanitaires comprenant des vestiaires», nous explique notre source.

Notons que l'aménagement et l'équipement des centres de contrôle technique ne sont pas une tâche facile. Conformément à la loi 52-05 portant Code de la route, de nombreuses exigences doivent être respectées. Cela inclut la distance minimale entre les lignes de contrôle, la mise en place de procédures conformes, et l'utilisation de matériels spécifiques pour assurer des contrôles de véhicules efficaces et conformes aux normes en vigueur.

Un investissement coûteux

La mise en place d'un centre de contrôle technique automobile est une entreprise qui peut s'avérer coûteuse. L'investissement total dépasse un million de dirhams, avec environ 60% destinés principalement à l'acquisition des deux lignes de contrôle des véhicules. Il est important de noter que ce montant n'inclut pas les frais liés à l'acquisition ou à la location de l'espace abritant le centre.

Lors de la création d'un centre de contrôle technique, de nombreux équipements sont nécessaires pour assurer des contrôles de qualité. Parmi ces équipements, figurent un dispositif de contrôle de la pression de gonflage des pneumatiques, un appareil de contrôle de l'usure des pneus, une machine de contrôle du réglage des feux d'éclairage, un banc de contrôle de la symétrie de la suspension du véhicule, un freinomètre à rouleaux, et bien d'autres équipements. De plus, il est essentiel d'investir dans des dispositifs spécifiques pour contrôler les émissions des véhicules. Cela inclut un dispositif d'analyse des gaz d'échappement des véhicules essence, ainsi qu'un appareil de mesure de l'opacité des fumées des véhicules diesel. En outre, une plaque de ripage est nécessaire pour évaluer la géométrie des roues et de la suspension des véhicules.