5G : le décollage d’une nouvelle ère numérique
Les réseaux 5G offrent des avantages notables par rapport à la 4G : des vitesses de transfert de données considérablement plus élevées, la gestion de grandes quantités d’informations avec un retard minimal et la possibilité d’exploiter des applications intensives dans des environnements variés tels que les foyers, les bâtiments, les villes intelligentes et même les véhicules autonomes. Considérée comme une technologie de rupture, la 5G devrait générer des investissements substantiels et accélérer la transformation numérique dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation et l’agriculture.Lancée commercialement en novembre 2025, la 5G amorce déjà sa montée en puissance. À fin décembre, elle compte 2,63 millions d’utilisateurs et couvre environ 38% de la population, avec plus de 9.000 sites radio déployés à travers le Royaume, selon les dernières données de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). À fin 2025, la 5G représente déjà 6,8% du parc Internet mobile, signe d’une adoption progressive mais rapide.
Cette dynamique commence à se traduire à l’international. Selon le rapport Speedtest Global Index d’Ookla, le Maroc a gagné 22 places en un an dans le classement mondial des performances mobiles, atteignant la 39ème position en décembre 2025. Cette progression, la plus forte de la région Moyen-Orient et Afrique, est directement attribuée au lancement de la 5G.
Au-delà des performances, les perspectives économiques sont également significatives. La 5G pourrait représenter un marché compris entre 4 et 6 milliards de dollars, avec un impact estimé entre 1,5% et 2% du PIB à l’horizon 2030.
La stratégie Maroc Digital 2030 inclut d’ailleurs la 5G comme une condition sine qua non de son succès, avec un objectif de couverture de 70% de la population d’ici 2030. Toutefois, son déploiement reste conditionné à des investissements importants, à l’adaptation des infrastructures existantes et à l’évolution du cadre réglementaire.
Connectivité : une croissance portée par le mobile
Le Maroc confirme son statut de pays fortement connecté. À fin 2025, le Royaume totalise 41,46 millions d’abonnements Internet, soit un taux de pénétration de 112,6% selon l’ANRT, soit plus de lignes Internet que d’habitants. En un an, le parc s’est enrichi d’1,24 million d’abonnements supplémentaires.Cette connectivité repose essentiellement sur le mobile, qui concentre 38,52 millions d’abonnements. La 4G domine encore largement avec 33,74 millions d’utilisateurs, même si sa part recule au profit de la 5G.
Les usages connaissent une forte croissance. La consommation moyenne atteint désormais 46 Go par mois et par utilisateur, avec un écart marqué entre le mobile (14 Go) et le fixe (465 Go). Les performances techniques suivent cette tendance, avec des débits mobiles moyens de 83 Mbps en téléchargement, 36 Mbps en envoi et une latence de 57 millisecondes.
À l’échelle internationale, cette dynamique se confirme. Le Maroc se distingue comme l’un des marchés les plus dynamiques de la région, tiré par l’amélioration des infrastructures et la montée en puissance des nouvelles technologies. Toutefois, des défis persistent, notamment en matière d’accessibilité, de coût des communications et de réduction de la fracture numérique entre zones urbaines et rurales.
Fibre : l’accélération du haut débit fixeLe développement de la fibre optique constitue un autre pilier de la transformation numérique du Maroc. Le parc FTTH dépasse désormais 1,4 million d’abonnements, enregistrant une croissance annuelle de 32,9%, selon l’ANRT. Cette progression rapide s’inscrit dans un mouvement de substitution progressive à l’ADSL, dont le nombre d’abonnements s’établit à 1,44 million et continue de reculer.
Cette montée en puissance se traduit également par une amélioration de la qualité des connexions. Aujourd’hui, 61% des accès fixes offrent des débits supérieurs à 50 Mbps. À l’échelle internationale, le Maroc gagne également 11 places dans le classement mondial du haut débit fixe selon Ookla, atteignant la 105ème position avec un débit médian de 56,27 Mbps.
Malgré ces avancées, le déploiement de la fibre reste encore concentré dans les zones urbaines. Les pouvoirs publics poursuivent ainsi leurs efforts pour généraliser l’accès au très haut débit à l’échelle nationale et réduire les inégalités territoriales en matière de connectivité. Entre accélération technologique et défis d’inclusion, le Maroc joue désormais une course de vitesse pour transformer cette avance numérique en levier de développement durable.
