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Mardi 29 Septembre 2026
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Agriculture : Le FIDA finance un projet majeur dans la province de Khénifra

Le Fonds international de développement agricole vient d’accorder un prêt de 65,64 millions de dollars au Maroc pour le Projet de développement rural intégré dans la province de Khénifra. Ciblant 20 collectivités territoriales et 112.000 bénéficiaires, le projet vise à améliorer la résilience aux changements climatiques, les revenus des petits producteurs et des populations rurales, ainsi que les performances des systèmes de production dans les zones de montagne.

Le projet s’inscrit notamment dans le cadre de la stratégie «Génération Green 2020-2030» et du nouveau modèle de développement.
Le projet s’inscrit notamment dans le cadre de la stratégie «Génération Green 2020-2030» et du nouveau modèle de développement.
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) vient d’approuver un financement de 65,64 millions de dollars pour le Maroc. Il est destiné au projet de développement rural intégré dans la province de Khénifra ciblant 20 collectivités territoriales. Le projet vise à renforcer la résilience aux changements climatiques et à améliorer les revenus des petits producteurs et des populations rurales ainsi que les performances des systèmes de production dans les zones de montagne. Le programme, dont le coût total s’élève à 87,96 millions de dollars, s’étend sur la période 2026-2033, soit sept ans, avec une revue à mi-parcours prévue pour ajuster les approches et les activités. La contribution du gouvernement, en tant qu’emprunteur, sera de 19,33 millions de dollars (22%), tandis que celle des bénéficiaires est estimée à 2,97 millions de dollars (3,4%). Le projet prévoit, en effet, de cibler environ 112.000 bénéficiaires, soit 28.000 ménages, dont 40% de femmes et 20% de jeunes. Il s’adresse notamment aux petits éleveurs et éleveuses, aux jeunes apiculteurs et apicultrices, aux ménages très vulnérables ainsi qu’aux artisans et artisanes. Le programme s’articule autour de deux composantes techniques et d’un volet d’appui institutionnel et de coordination. La première composante porte sur les systèmes d’élevage intégrés et résilients au changement climatique. Cette composante a pour objectif d’assurer «des systèmes de production animale et végétale intégrés, performants, durables et résilients au changement climatique».



La deuxième composante vise la valorisation économique, la facilitation de l’accès aux marchés et le développement des infrastructures résilientes. Elle a pour objectif d’améliorer les moyens de subsistance des populations rurales, à travers des productions animales et végétales valorisées et des marchés accessibles. Elle vise également l’amélioration des infrastructures rurales pour appuyer le développement des systèmes de production et la résilience au changement climatique. Cette composante porte, par ailleurs, sur les formations ciblées selon l’activité entreprise incluant la commercialisation et la digitalisation ainsi que les formations de base – y compris la préparation de plans d’affaires et l’éducation financière. S’agissant du dispositif d’appui, il a pour objectif le développement d’un environnement institutionnel renforcé soutenant un système d’élevage intégré et durable. Le projet sera placé sous la maîtrise d’ouvrage technique du ministère de l’Agriculture, avec la Direction provinciale de Khénifra qui assurera la mise en œuvre des activités. Selon le Rapport de conception du projet, l’agriculture demeure un pilier de l’économie marocaine, contribuant à 10,6% du PIB et à 27,9% de l’emploi total en 2025, tandis que l’élevage représente près de 3,8% du PIB national et 13,1% du PIB agricole. Toutefois, la forte dépendance à la pluviométrie expose le secteur à d’importantes variations annuelles, accentuées par le stress hydrique et la baisse des rendements agricoles et pastoraux, en particulier les pâturages (-13%). Les enjeux majeurs du secteur concernent la viabilité économique des exploitations, la gestion durable des écosystèmes (eau, sol, parcours agrosylvopastoraux), l’intégration aux marchés, la compétitivité des filières et l’attractivité pour les jeunes et les femmes, dans un contexte où l’agriculture demeure essentielle à la sécurité alimentaire, à la nutrition, et aux revenus des ménages ruraux.

La province de Khénifra reste pauvre (taux de pauvreté multidimensionnelle de 26,5% par rapport à une moyenne nationale de 13,1% en 2024), et fortement vulnérable au changement climatique, avec des sécheresses et pénuries d’eau récurrentes, mais aussi des pluies extrêmes provoquant inondations, érosion des sols et dégradation des espaces ruraux et des infrastructures. Les pratiques agricoles et d’élevage accentuent la pression sur des ressources naturelles déjà limitées, dans un contexte de surexploitation des nappes, de surpâturage et de dégradation des parcours. Les mutations foncières ont favorisé le passage d’un élevage extensif plus résilient vers des systèmes semi-extensifs, sans appui suffisant, dans un environnement caractérisé par des infrastructures limitées et une faible valorisation du rôle des femmes. La province fait tout autant face à un chômage élevé (27%) et à l’exode des jeunes et à un fort taux d’analphabétisme (45,3%, essentiellement féminin).
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