Les relations économiques entre le Maroc et le Brésil sont en quête de nouveaux points d'ancrage. les deux pays prospectent de nouvelles perspectives dans les secteurs agricole et agroalimentaire. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a accueilli, à Casablanca, un séminaire économique maroco-brésilien consacré à ces secteurs, en marge de la visite au Maroc d’une délégation brésilienne de haut niveau conduite par M. André de Paula, ministre de l’Agriculture et de l’élevage du Brésil. La rencontre a réuni plusieurs associations professionnelles brésiliennes ainsi que des dirigeants d’entreprises marocains, autour des opportunités de coopération dans différentes chaînes de valeur, notamment celles de la viande, du maïs, du soja, des céréales et de l’alimentation animale. L’objectif était d’identifier des pistes de coopération concrètes et de favoriser l’émergence de nouveaux partenariats entre les communautés d’affaires des deux pays.
De l’échange commercial au partenariat d’investissement
S’exprimant à cette occasion, Mehdi Tazi, président de la CGEM, a mis en avant la forte complémentarité entre les économies marocaine et brésilienne, relevant que les échanges commerciaux bilatéraux avaient atteint près de 4,6 milliards de dollars en 2025. Il a également souligné l’importance stratégique des secteurs agricole et agroalimentaire dans le développement de cette relation économique. Pour le président de la CGEM, l’enjeu est désormais d’aller au-delà du commerce, en favorisant davantage l’investissement, le co-investissement, le transfert de technologie et la création de valeur partagée. Mehdi Tazi a, par ailleurs, mis en avant les atouts respectifs des deux pays dans leur environnement régional. Le Maroc, a-t-il souligné, dispose de tout le potentiel nécessaire pour constituer une porte d’entrée vers l’Afrique et l’Europe, tandis que le Brésil peut jouer un rôle de porte d’entrée pour le Royaume vers l’Amérique latine.
Cette complémentarité géographique ouvre, selon lui, de nouvelles perspectives aux entreprises des deux pays. D’autant que les deux pays entretiennent des relations politiques excellentes qui se sont renforcées considérablement au cours des dix dernières années, comme le confirme Alexandre Guido Lopes Parola, ambassadeur du Brésil au Maroc, dans une déclaration accordée au «Matin». Pour le diplomate brésilien, les relations entre Rabat et Brasilia reposent sur «une confiance politique solide, une complémentarité économique naturelle et une vision commune d’une coopération Sud–Sud ambitieuse». M. Alexandre Guido Lopes Parola a relevé ainsi le potentiel de secteurs tels que l’agriculture, les engrais, l’agro-industrie et le commerce des denrées alimentaires, tout en identifiant de nouvelles perspectives dans l’aéronautique, les infrastructures et la logistique. Il a notamment insisté sur l’importance de l’innovation agricole, des énergies et de l’intégration des chaînes de valeur, ainsi que sur le rôle stratégique de la connectivité logistique, notamment à travers Tanger Med. Dans cette perspective, il a estimé que le partenariat devait progressivement évoluer des échanges commerciaux vers des partenariats d’investissement.
Les échanges engagés à Casablanca s’inscrivent ainsi dans une volonté de consolider le partenariat maroco-brésilien et d’en élargir les perspectives, en misant davantage sur l’investissement, les chaînes de valeur et les opportunités de coopération entre les entreprises des deux pays.
