Réforme de la distribution, évolution de la tarification de l'assurance automobile, basculement de l'Assurance maladie obligatoire (AMO) vers la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) : plusieurs chantiers structurants ont été évoqués le 8 octobre 2026 à Casablanca, lors de la 10ᵉ Rencontre annuelle de la Fédération nationale des agents et courtiers d'assurance au Maroc (FNACAM). Les intermédiaires, le régulateur et la Fédération marocaine de l'assurance (FMA) y ont chacun détaillé leur vision d'un secteur appelé à évoluer, avec un même fil conducteur : faire grandir le marché, qui a atteint plus de 64 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2025, et renforcer la confiance des assurés.
Organisée autour du thème «Réinventer l'intermédiation face aux risques de demain», cette édition anniversaire a rassemblé agents et courtiers, compagnies, experts, institutionnels, spécialistes des nouvelles technologies et acteurs économiques. Le débat portait sur des transformations qui touchent déjà le secteur : changement climatique, intelligence artificielle, cyber-risques, digitalisation et nouvelles attentes des clients. Ces évolutions modifient la nature des risques, mais aussi la manière de les identifier, de les prévenir et de les assurer, et interrogent la place de l'intermédiaire ainsi que sa capacité à apporter une valeur ajoutée dans un environnement de plus en plus technologique.
Pour le président de la FNACAM, Farid Bensaïd, la profession doit «plus que jamais se poser les bonnes questions». Il estime que l'intermédiaire ne peut rester à l'écart de ces mutations : il lui revient de les anticiper, de s'adapter et de continuer à faire valoir ce qui fait sa valeur, à savoir son expertise, sa proximité et sa capacité à accompagner ses clients face à des risques de plus en plus complexes. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le canal bancaire domine la distribution (32%), devant les courtiers (31%), les agents (22%) et les bureaux de gestion directe (15%). Le réseau de distribution compte 2.154 intermédiaires, dont 1.624 agents et 530 courtiers. Parmi les agents, 68% perçoivent des commissions inférieures à 1 million de dirhams, contre 64% des courtiers.
C'est dans cette perspective que s'inscrit le projet de refonte du Livre IV du Code des assurances, présenté comme bien plus qu'une mise à jour réglementaire. Son ambition est de doter le réseau de distribution de bases saines et solides, pour favoriser une distribution moderne et performante, au service des assurés et de l'inclusion financière. Le texte est le fruit d'une large concertation avec la FMA, la FNACAM et le secteur bancaire, sous l'égide de Bank Al-Maghrib. Ses grandes orientations ont été présentées au Conseil de la concurrence et le projet est aujourd'hui en discussion au Secrétariat général du gouvernement.
La réforme s'articule autour de quatre orientations. La première consiste à valoriser le capital humain, pour accompagner la montée en compétence des acteurs de la distribution. La deuxième vise à renforcer l'information et le devoir de conseil, jugés essentiels à la protection des assurés. La troisième fait évoluer les conditions d'accès au métier, notamment par la suppression de l'exigence d'une licence universitaire et de l'examen professionnel, afin de lever des contraintes qui limitaient le développement de la distribution. La quatrième, enfin, entend stimuler l'innovation, d'une part grâce à une Sandbox réglementaire, qui permettra à l'Autorité d'appliquer temporairement des dispositions spécifiques pour expérimenter de nouvelles technologies ou de nouveaux services, d'autre part grâce à un cadre dédié à l'assurance intégrée ou affinitaire.
Abderrahim Chaffai a également cité deux chantiers déjà à l'œuvre. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, les entreprises d'assurances délivrent des attestations d'assurance responsabilité civile automobile comportant, en plus de l'hologramme, un QR Code. C'est la première phase opérationnelle de la dématérialisation de l'attestation obligatoire, qui vise à permettre la délivrance d'attestations électroniques sécurisées et à offrir aux assurés un moyen simple et fiable de vérifier à tout moment la validité de leur couverture. Une solution technique a été déployée auprès des entreprises d'assurances, ainsi que de la Direction générale de la sûreté nationale et de la Gendarmerie Royale, dont les agents disposent désormais de terminaux mobiles pour lire les QR Codes.
Par ailleurs, l'Autorité a élargi les critères de tarification de la responsabilité civile automobile, sur la base d'études actuarielles approfondies, pour permettre une tarification plus fine, tenant davantage compte du profil de risque des différentes catégories d'assurés.
Cette configuration reflète l'évolution progressive des modèles de distribution et montre que l'activité de certains réseaux, notamment celle des agents, reste très largement orientée vers l'assurance automobile.
Le président de l'Acaps a enfin souligné la progression de la densité d'assurance : entre 2015 et 2025, la prime moyenne par habitant est passée de 893 à 1.715 dirhams, soit une hausse de 92,1%. Le potentiel reste pourtant important.
Organisée autour du thème «Réinventer l'intermédiation face aux risques de demain», cette édition anniversaire a rassemblé agents et courtiers, compagnies, experts, institutionnels, spécialistes des nouvelles technologies et acteurs économiques. Le débat portait sur des transformations qui touchent déjà le secteur : changement climatique, intelligence artificielle, cyber-risques, digitalisation et nouvelles attentes des clients. Ces évolutions modifient la nature des risques, mais aussi la manière de les identifier, de les prévenir et de les assurer, et interrogent la place de l'intermédiaire ainsi que sa capacité à apporter une valeur ajoutée dans un environnement de plus en plus technologique.
Pour le président de la FNACAM, Farid Bensaïd, la profession doit «plus que jamais se poser les bonnes questions». Il estime que l'intermédiaire ne peut rester à l'écart de ces mutations : il lui revient de les anticiper, de s'adapter et de continuer à faire valoir ce qui fait sa valeur, à savoir son expertise, sa proximité et sa capacité à accompagner ses clients face à des risques de plus en plus complexes. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le canal bancaire domine la distribution (32%), devant les courtiers (31%), les agents (22%) et les bureaux de gestion directe (15%). Le réseau de distribution compte 2.154 intermédiaires, dont 1.624 agents et 530 courtiers. Parmi les agents, 68% perçoivent des commissions inférieures à 1 million de dirhams, contre 64% des courtiers.
L'Acaps : une réforme pour doter la distribution de bases solides
Le président de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps), Abderrahim Chaffai, a rappelé que l'intermédiation «ne se résume pas à un canal de distribution» : c'est avant tout un métier de proximité, de conseil et d'accompagnement, qui crée le lien de confiance entre l'assuré et l'entreprise d'assurances. L'enjeu, a-t-il dit, n'est pas de transformer la vocation de ce métier, mais de lui donner les moyens d'évoluer face aux mutations technologiques, aux nouveaux usages et aux attentes croissantes des assurés.C'est dans cette perspective que s'inscrit le projet de refonte du Livre IV du Code des assurances, présenté comme bien plus qu'une mise à jour réglementaire. Son ambition est de doter le réseau de distribution de bases saines et solides, pour favoriser une distribution moderne et performante, au service des assurés et de l'inclusion financière. Le texte est le fruit d'une large concertation avec la FMA, la FNACAM et le secteur bancaire, sous l'égide de Bank Al-Maghrib. Ses grandes orientations ont été présentées au Conseil de la concurrence et le projet est aujourd'hui en discussion au Secrétariat général du gouvernement.
La réforme s'articule autour de quatre orientations. La première consiste à valoriser le capital humain, pour accompagner la montée en compétence des acteurs de la distribution. La deuxième vise à renforcer l'information et le devoir de conseil, jugés essentiels à la protection des assurés. La troisième fait évoluer les conditions d'accès au métier, notamment par la suppression de l'exigence d'une licence universitaire et de l'examen professionnel, afin de lever des contraintes qui limitaient le développement de la distribution. La quatrième, enfin, entend stimuler l'innovation, d'une part grâce à une Sandbox réglementaire, qui permettra à l'Autorité d'appliquer temporairement des dispositions spécifiques pour expérimenter de nouvelles technologies ou de nouveaux services, d'autre part grâce à un cadre dédié à l'assurance intégrée ou affinitaire.
Abderrahim Chaffai a également cité deux chantiers déjà à l'œuvre. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, les entreprises d'assurances délivrent des attestations d'assurance responsabilité civile automobile comportant, en plus de l'hologramme, un QR Code. C'est la première phase opérationnelle de la dématérialisation de l'attestation obligatoire, qui vise à permettre la délivrance d'attestations électroniques sécurisées et à offrir aux assurés un moyen simple et fiable de vérifier à tout moment la validité de leur couverture. Une solution technique a été déployée auprès des entreprises d'assurances, ainsi que de la Direction générale de la sûreté nationale et de la Gendarmerie Royale, dont les agents disposent désormais de terminaux mobiles pour lire les QR Codes.
Par ailleurs, l'Autorité a élargi les critères de tarification de la responsabilité civile automobile, sur la base d'études actuarielles approfondies, pour permettre une tarification plus fine, tenant davantage compte du profil de risque des différentes catégories d'assurés.
Des réseaux aux positions différenciées
Le président de l'Acaps a aussi livré une photographie du marché, montrant que, selon les branches, les réseaux de distribution occupent des positions très différenciées. Les agents d'assurances sont le premier canal de distribution de l'assurance automobile : cette branche représente 75% de leur portefeuille et ils en assurent 56% de la distribution. Les courtiers occupent une position prépondérante dans les autres branches non-vie, dont ils assurent 62% de la distribution. La bancassurance est positionnée principalement sur l'assurance Vie, qui représente 96% de son portefeuille et dont elle assure 72% de la distribution. Quant aux bureaux de gestion directe, leur portefeuille est plus équilibré entre l'automobile, la Vie et les autres branches non-vie, ce qui leur confère une position transversale.Cette configuration reflète l'évolution progressive des modèles de distribution et montre que l'activité de certains réseaux, notamment celle des agents, reste très largement orientée vers l'assurance automobile.
Activation des leviers
Sur les relations financières entre compagnies et intermédiaires, Chaffai a rappelé que l'Autorité avait précisé le cadre de gestion des créances sur les intermédiaires par une instruction publiée en décembre 2024. Celle-ci définit un processus semestriel de rapprochement et de validation des situations de créances, qui permet d'identifier et de formaliser les éventuels écarts. L'Acaps entend poursuivre son action en faveur de relations financières saines et équilibrées.Le président de l'Acaps a enfin souligné la progression de la densité d'assurance : entre 2015 et 2025, la prime moyenne par habitant est passée de 893 à 1.715 dirhams, soit une hausse de 92,1%. Le potentiel reste pourtant important.
Sur la base d’une réflexion approfondie, l'Autorité a identifié, en concertation avec les acteurs du secteur, une vingtaine de leviers de développement du marché, autour du renforcement de la couverture et de l'inclusion financière, de l'amélioration de l'expérience des assurés et de la qualité des services, de l'innovation et de la résilience du secteur face aux risques. Une première série de chantiers est entrée en phase de mise en œuvre en septembre dernier. Elle porte notamment sur l'adaptation des offres aux populations encore insuffisamment couvertes, l'amélioration de la qualité des services, de nouveaux dispositifs de traitement des réclamations, le renforcement des compétences de l'écosystème et une meilleure utilisation des données.
Chaffai a salué l'engagement de la FNACAM, par ses propositions, ses actions de formation et son dialogue avec les parties prenantes. Il s'est dit convaincu que c'est collectivement que le secteur continuera à renforcer la confiance et à faire de l'assurance un levier de protection, d'inclusion financière et de développement économique.
Chaffai a salué l'engagement de la FNACAM, par ses propositions, ses actions de formation et son dialogue avec les parties prenantes. Il s'est dit convaincu que c'est collectivement que le secteur continuera à renforcer la confiance et à faire de l'assurance un levier de protection, d'inclusion financière et de développement économique.
La FMA : faire grandir le marché
Le président de la FMA, Mohamed Hassan Bensalah, a rappelé que l'assurance repose sur une promesse, celle de protéger, qui ne prend vie que lorsque toutes les parties prenantes avancent de manière cohérente, dans un esprit de confiance et de responsabilité, au service de l'assuré.
Il a invité le secteur à un changement de regard. «Pendant des années, nous avons consacré beaucoup d'énergie à nous disputer les mêmes clients», alors que «notre priorité devrait être de faire grandir le marché», a-t-il observé. Selon lui, le véritable enjeu est ailleurs : dans les millions de Marocains encore insuffisamment assurés, dans les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME), chez les travailleurs indépendants, dans les nouveaux risques et les nouveaux besoins de protection.
Les travaux menés avec l'Acaps sur les leviers de développement ont dégagé plusieurs pistes : l'élargissement de certaines assurances obligatoires, le développement de nouvelles couvertures, la micro-assurance, ainsi que l'assurance affinitaire et l'assurance intégrée. Sur ces nouveaux marchés, les intermédiaires disposent d'un avantage considérable : la proximité avec le client. Si la technologie va aider, M. Bensalah a mis en garde contre l'idée qu'elle remplacerait la confiance : pour les risques complexes, le client aura encore besoin d'une relation fondée sur la confiance, l'écoute et le conseil.
Il a invité le secteur à un changement de regard. «Pendant des années, nous avons consacré beaucoup d'énergie à nous disputer les mêmes clients», alors que «notre priorité devrait être de faire grandir le marché», a-t-il observé. Selon lui, le véritable enjeu est ailleurs : dans les millions de Marocains encore insuffisamment assurés, dans les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME), chez les travailleurs indépendants, dans les nouveaux risques et les nouveaux besoins de protection.
Les travaux menés avec l'Acaps sur les leviers de développement ont dégagé plusieurs pistes : l'élargissement de certaines assurances obligatoires, le développement de nouvelles couvertures, la micro-assurance, ainsi que l'assurance affinitaire et l'assurance intégrée. Sur ces nouveaux marchés, les intermédiaires disposent d'un avantage considérable : la proximité avec le client. Si la technologie va aider, M. Bensalah a mis en garde contre l'idée qu'elle remplacerait la confiance : pour les risques complexes, le client aura encore besoin d'une relation fondée sur la confiance, l'écoute et le conseil.
Automobile, AMO et digitalisation
Concernant le chantier de l'automobile, les travaux avec l'Acaps sur les critères tarifaires doivent, selon le président de la FMA, conduire à une tarification de la responsabilité civile (RC) automobile davantage liée aux profils de risque : les meilleurs risques pourront bénéficier de conditions plus favorables, les mauvais risques devront être tarifés en conséquence.
S’agissant du basculement de l'AMO vers la CNSS, il a appelé à regarder ce basculement sous un autre angle, en le mettant à profit pour développer fortement la complémentaire santé ainsi que les garanties décès et invalidité. Il a invité à ne pas regarder uniquement les primes qui seront perdues, mais aussi le marché à construire et les passerelles à établir avec la CNSS pour faciliter le parcours d'indemnisation. À ce sujet, le président de la FNACAM, Farid Bensaïd, a demandé plus de temps, «environ deux ans», pour préparer les clients à ce basculement.
Sur la digitalisation de l'attestation automobile, Mohamed Hassan Bensalah a souligné que l’objectif est de supprimer le support physique à compter du 1ᵉʳ juillet 2027. Le paiement multicanal se déploie par ailleurs progressivement au sein des compagnies, afin de sécuriser davantage l'activité des intermédiaires face aux risques de retards de paiement et d'impayés. Ces évolutions doivent, selon lui, simplifier la vie du client et libérer l'intermédiaire d'une partie des tâches administratives, le temps gagné devant être consacré au client et au développement commercial : «C'est cela, à mon sens, l'intermédiaire de demain», a-t-il affirmé.
S’agissant du basculement de l'AMO vers la CNSS, il a appelé à regarder ce basculement sous un autre angle, en le mettant à profit pour développer fortement la complémentaire santé ainsi que les garanties décès et invalidité. Il a invité à ne pas regarder uniquement les primes qui seront perdues, mais aussi le marché à construire et les passerelles à établir avec la CNSS pour faciliter le parcours d'indemnisation. À ce sujet, le président de la FNACAM, Farid Bensaïd, a demandé plus de temps, «environ deux ans», pour préparer les clients à ce basculement.
Sur la digitalisation de l'attestation automobile, Mohamed Hassan Bensalah a souligné que l’objectif est de supprimer le support physique à compter du 1ᵉʳ juillet 2027. Le paiement multicanal se déploie par ailleurs progressivement au sein des compagnies, afin de sécuriser davantage l'activité des intermédiaires face aux risques de retards de paiement et d'impayés. Ces évolutions doivent, selon lui, simplifier la vie du client et libérer l'intermédiaire d'une partie des tâches administratives, le temps gagné devant être consacré au client et au développement commercial : «C'est cela, à mon sens, l'intermédiaire de demain», a-t-il affirmé.
