Après plusieurs campagnes agricoles marquées par la sécheresse, le retour des précipitations abondantes cette année change nettement la donne. Les professionnels du secteur agricole anticipent une production céréalière de pas moins de 100 millions de quintaux, portée par une pluviométrie mieux répartie, une hausse des superficies emblavées qui dépasseraient les 4 millions d’hectares de céréales, soit 40 à 50% de la superficie agricole utile, et une amélioration du rendement attendu. Dans ce climat plus favorable, les agriculteurs devraient recourir davantage aux engrais azotés et aux phytosanitaires, ce qui redonne de la visibilité à toute la chaîne agricole.
En Bourse, plusieurs analystes estiment que ces conditions pourraient soutenir la croissance économique, renforcer le pouvoir d’achat et contribuer à une baisse du chômage. Les opérateurs directement exposés au cycle agricole retrouvent un contexte favorable, et CMGP, seul acteur coté du secteur à la Bourse de Casablanca, apparaît comme l’un des premiers bénéficiaires potentiels. Un an après son introduction, le groupe est déjà scruté comme un baromètre de l’agriculture industrielle au Maroc, à la fois via l’agrofourniture, l’agroéquipement et les projets d’irrigation.
En 2025, CMGP a dû absorber un effet de base défavorable lié à des marchés publics exceptionnels enregistrés en 2024 au niveau de la BU Projets. Malgré ce creux ponctuel, le groupe a conservé une trajectoire solide, avec une croissance du chiffre d’affaires de 7% à fin septembre 2025. La dynamique a été particulièrement alimentée par une croissance à deux chiffres des BU Retail et Industrie, tandis que la marge nette s’est légèrement améliorée au premier semestre 2025.
À ce stade, un analyste de la place estime que l’exercice 2025 devrait rester en ligne avec le business plan de l’IPO, mais que la rupture de rythme pourrait intervenir dès 2026. Selon la même source, une accélération à partir de 2026 pourrait permettre au groupe de « gagner deux années d’avance » sur sa feuille de route initiale. Le business plan de l’introduction table, pour mémoire, sur un résultat net consolidé de 200 millions de dirhams en 2025, en hausse de 8%. Il projette ensuite un résultat net de 252 millions de dirhams en 2026, avant 304 millions de dirhams en 2027 et 346 millions de dirhams en 2028.
L’hypothèse d’une accélération à partir de 2026 revient donc à dire que l’environnement agricole, hydrique et macro pourrait booster la courbe de résultats plus vite que prévu, notamment via l’agrofourniture et l’effet levier de la montée en puissance industrielle.
Le facteur hydrique, lui, est au cœur de la bascule attendue en 2026. Après sept années de sécheresse, les niveaux des barrages se redressent fortement. Pour CMGP, ce tableau alimente mécaniquement la lecture « croissance organique ». L’agrofourniture, qui représente 50% du chiffre d’affaires, devrait bénéficier de la reprise des semis et de l’intensification, avec une utilisation plus importante des engrais azotés et des phytosanitaires. Le segment agroéquipement, qui pèse près de 40% du chiffre d’affaires, conserverait une trajectoire plus stable, soutenue à la fois par les programmes publics, dont l’objectif d’1 million d’hectares en irrigation goutte-à-goutte, et par les initiatives d’innovation du groupe sur ses produits et solutions.
À cette dynamique organique s’ajoute désormais une séquence de croissance externe très active, rendue possible par l’augmentation de capital de 300 millions de dirhams réalisée lors de l’IPO, dont l’un des objectifs était précisément de financer des acquisitions. Historiquement, CMGP a déjà jalonné sa stratégie par des opérations structurantes, avec l’acquisition de Philea en 2018 sur les phytosanitaires puis celle de CAS en 2021, renforçant son modèle « one-stop-shop ». Ces dernières semaines, le groupe a franchi un nouveau palier avec trois opérations qui élargissent son périmètre, diversifient ses métiers et densifient son exposition à l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.
Le premier mouvement concerne Agrosem, où CMGP, déjà détenteur de 30% du capital depuis 2024, a porté sa participation à 70%. L’objectif est de renforcer le segment des semences, historiquement le moins représenté dans le portefeuille du groupe, avec environ 4% de part de marché, contre 20% en phyto et 12% en engrais. Agrosem affiche des marges supérieures à celles de CMGP, ce qui devrait soutenir la marge consolidée. Lors de la présentation des résultats du premier semestre 2025, le management a mis en avant des synergies commerciales, portées par la complémentarité des portefeuilles clients, l’élargissement de la couverture du marché des semences et le partenariat avec Sakata Seeds. Le résultat net d’Agrosem attendu par le management est de l’ordre de 17 millions de dirhams en 2025, soit environ 12 millions de dirhams de contribution au RNPG de CMGP, avec un potentiel de dépasser 20 millions de dirhams dès 2026 selon les estimations de notre source d'analyse.
Le deuxième axe, plus industriel, est l’acquisition de CPCM, acteur historique présent depuis plus de 80 ans. CPCM opère dans les phytosanitaires génériques (55% du chiffre d’affaires), les engrais (20%), le traitement des eaux (15%) et certains segments industriels (10%). L’entreprise se distingue en étant le seul opérateur qui fabrique du phytosanitaire au Maroc, avec sept gammes formulées en interne et un portefeuille de plus de 90 produits homologués, ce qui en fait un acteur clé du marché. Pour CMGP, l’opération doit consolider la position dans les phytos, élargir la base clients et renforcer l’accès aux marchés publics. Le groupe CPCM devrait générer un résultat net de 68 millions de dirhams en 2025 selon des estimations évoquées. L’acquisition a été réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 1 milliard de dirhams, soit un P/E d’acquisition proche de 15x, dans un contexte où l’endettement de la cible n’est pas précisé. Selon l’analyse présentée par notre source, la transaction semble créatrice de valeur, d’autant que le profil de marge de CPCM est supérieur à celui de CMGP, ce qui pourrait renforcer la marge consolidée.
La troisième opération vise Sodipire, avec 70% du capital acquis. La société est spécialisée dans l’importation et la distribution de tracteurs, matériels agricoles, pièces de rechange et VUL sous la marque chinoise Dongfeng, et dispose d’une présence multi-villes, notamment Berrechid, Meknès, Fkih Ben Saleh, El Jadida, Khénifra et Midelt. L’enjeu est de renforcer le segment agroéquipement de CMGP (près de 40% du chiffre d’affaires) et permettre à Sodipire de changer d’échelle, en se positionnant sur des appels d’offres plus importants. L’exemple cité est celui d’appels d’offres remportés auprès de plusieurs Cités des Métiers et des Compétences (CMC). Les comptes 2024 disponibles sur des sites d’informations financières indiquent un chiffre d’affaires de 40 millions de dirhams en 2024.
Ensemble, ces acquisitions visent à consolider les métiers historiques, combler les maillons manquants du modèle « one-stop-shop » et améliorer le profil de rentabilité du groupe.
Au-delà du cycle agricole et des acquisitions, CMGP active d’autres leviers qui peuvent soutenir la trajectoire 2026. Sur le plan industriel, le groupe a lancé en 2025 les premiers tubes en PVC bi-orienté au Maroc. Ces produits se distinguent par une résistance mécanique supérieure, une légèreté accrue, un diamètre intérieur plus grand améliorant le débit, une surface interne très lisse qui réduit les pertes de charge et une longévité élevée. Cette montée en gamme illustre un positionnement d’industriel, avec un taux d’intégration actuel de 30% que le management souhaite améliorer, ce qui pourrait soutenir la marge consolidée.
Sur le plan géographique, CMGP veut étendre son modèle « one-stop-shop » à l’international, en ciblant l’Afrique de l’Ouest et du Nord, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Mauritanie. L’objectif affiché est que l’Afrique représente 12% du chiffre d’affaires du groupe d’ici 2030, confirmant l’ambition d’un second moteur de croissance hors marché domestique.
En Bourse, plusieurs analystes estiment que ces conditions pourraient soutenir la croissance économique, renforcer le pouvoir d’achat et contribuer à une baisse du chômage. Les opérateurs directement exposés au cycle agricole retrouvent un contexte favorable, et CMGP, seul acteur coté du secteur à la Bourse de Casablanca, apparaît comme l’un des premiers bénéficiaires potentiels. Un an après son introduction, le groupe est déjà scruté comme un baromètre de l’agriculture industrielle au Maroc, à la fois via l’agrofourniture, l’agroéquipement et les projets d’irrigation.
Un titre dynamique en bourse, des résultats au rendez-vous
Le parcours boursier du titre illustre l’intérêt que lui porte le marché depuis l’IPO de décembre 2024. Le titre est passé de 300 à 400 dirhams, avant d’entrer dans une phase de consolidation entre 350 et 400 dirhams, sachant que le prix d'introduction était de 200 DH. Sur les trois premiers mois de cotation, près de 8,5 millions de titres ont changé de mains, représentant 2,6 milliards de dirhams de transactions. Le taux de rotation du flottant a dépassé 150%, signal d’un appétit marqué des investisseurs pour la valeur. Cette première séquence a été soutenue par des réalisations à fin 2024, légèrement au-dessus des objectifs du business plan présenté lors de l’introduction, renforçant l’idée d’une exécution jugée robuste dès le départ.En 2025, CMGP a dû absorber un effet de base défavorable lié à des marchés publics exceptionnels enregistrés en 2024 au niveau de la BU Projets. Malgré ce creux ponctuel, le groupe a conservé une trajectoire solide, avec une croissance du chiffre d’affaires de 7% à fin septembre 2025. La dynamique a été particulièrement alimentée par une croissance à deux chiffres des BU Retail et Industrie, tandis que la marge nette s’est légèrement améliorée au premier semestre 2025.
À ce stade, un analyste de la place estime que l’exercice 2025 devrait rester en ligne avec le business plan de l’IPO, mais que la rupture de rythme pourrait intervenir dès 2026. Selon la même source, une accélération à partir de 2026 pourrait permettre au groupe de « gagner deux années d’avance » sur sa feuille de route initiale. Le business plan de l’introduction table, pour mémoire, sur un résultat net consolidé de 200 millions de dirhams en 2025, en hausse de 8%. Il projette ensuite un résultat net de 252 millions de dirhams en 2026, avant 304 millions de dirhams en 2027 et 346 millions de dirhams en 2028.
L’hypothèse d’une accélération à partir de 2026 revient donc à dire que l’environnement agricole, hydrique et macro pourrait booster la courbe de résultats plus vite que prévu, notamment via l’agrofourniture et l’effet levier de la montée en puissance industrielle.
Croissance organique et externe
Sur le terrain, plusieurs engagements opérationnels ont déjà été concrétisés. La mise en service au deuxième trimestre 2025 de l’unité industrielle de blending d’engrais de Drarga, destinée à remplacer celle d’Anza, doit ajouter 2.400 tonnes supplémentaires de capacité de production. L’ancienne unité pourrait faire l’objet d’une cession, selon le management dans la note d’opération de l’IPO. En parallèle, la nouvelle usine de Jorf Lasfar, dédiée aux engrais solubles et solides, vient de boucler sa première année d’exploitation avec une capacité de 112 kilotonnes, contre 18,5 kilotonnes pour le site d’El Jadida, dont l’activité doit être transférée vers Jorf. La fin des loyers liés à ce site, loué jusqu’en 2027, constitue aussi un levier d’amélioration des marges. Ces investissements renforcent le positionnement de CMGP sur le segment des engrais et pourraient soutenir un gain de parts de marché, dans un cycle où l’intensification agricole se traduit souvent par une hausse des intrants.Le facteur hydrique, lui, est au cœur de la bascule attendue en 2026. Après sept années de sécheresse, les niveaux des barrages se redressent fortement. Pour CMGP, ce tableau alimente mécaniquement la lecture « croissance organique ». L’agrofourniture, qui représente 50% du chiffre d’affaires, devrait bénéficier de la reprise des semis et de l’intensification, avec une utilisation plus importante des engrais azotés et des phytosanitaires. Le segment agroéquipement, qui pèse près de 40% du chiffre d’affaires, conserverait une trajectoire plus stable, soutenue à la fois par les programmes publics, dont l’objectif d’1 million d’hectares en irrigation goutte-à-goutte, et par les initiatives d’innovation du groupe sur ses produits et solutions.
À cette dynamique organique s’ajoute désormais une séquence de croissance externe très active, rendue possible par l’augmentation de capital de 300 millions de dirhams réalisée lors de l’IPO, dont l’un des objectifs était précisément de financer des acquisitions. Historiquement, CMGP a déjà jalonné sa stratégie par des opérations structurantes, avec l’acquisition de Philea en 2018 sur les phytosanitaires puis celle de CAS en 2021, renforçant son modèle « one-stop-shop ». Ces dernières semaines, le groupe a franchi un nouveau palier avec trois opérations qui élargissent son périmètre, diversifient ses métiers et densifient son exposition à l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.
Le premier mouvement concerne Agrosem, où CMGP, déjà détenteur de 30% du capital depuis 2024, a porté sa participation à 70%. L’objectif est de renforcer le segment des semences, historiquement le moins représenté dans le portefeuille du groupe, avec environ 4% de part de marché, contre 20% en phyto et 12% en engrais. Agrosem affiche des marges supérieures à celles de CMGP, ce qui devrait soutenir la marge consolidée. Lors de la présentation des résultats du premier semestre 2025, le management a mis en avant des synergies commerciales, portées par la complémentarité des portefeuilles clients, l’élargissement de la couverture du marché des semences et le partenariat avec Sakata Seeds. Le résultat net d’Agrosem attendu par le management est de l’ordre de 17 millions de dirhams en 2025, soit environ 12 millions de dirhams de contribution au RNPG de CMGP, avec un potentiel de dépasser 20 millions de dirhams dès 2026 selon les estimations de notre source d'analyse.
Le deuxième axe, plus industriel, est l’acquisition de CPCM, acteur historique présent depuis plus de 80 ans. CPCM opère dans les phytosanitaires génériques (55% du chiffre d’affaires), les engrais (20%), le traitement des eaux (15%) et certains segments industriels (10%). L’entreprise se distingue en étant le seul opérateur qui fabrique du phytosanitaire au Maroc, avec sept gammes formulées en interne et un portefeuille de plus de 90 produits homologués, ce qui en fait un acteur clé du marché. Pour CMGP, l’opération doit consolider la position dans les phytos, élargir la base clients et renforcer l’accès aux marchés publics. Le groupe CPCM devrait générer un résultat net de 68 millions de dirhams en 2025 selon des estimations évoquées. L’acquisition a été réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 1 milliard de dirhams, soit un P/E d’acquisition proche de 15x, dans un contexte où l’endettement de la cible n’est pas précisé. Selon l’analyse présentée par notre source, la transaction semble créatrice de valeur, d’autant que le profil de marge de CPCM est supérieur à celui de CMGP, ce qui pourrait renforcer la marge consolidée.
La troisième opération vise Sodipire, avec 70% du capital acquis. La société est spécialisée dans l’importation et la distribution de tracteurs, matériels agricoles, pièces de rechange et VUL sous la marque chinoise Dongfeng, et dispose d’une présence multi-villes, notamment Berrechid, Meknès, Fkih Ben Saleh, El Jadida, Khénifra et Midelt. L’enjeu est de renforcer le segment agroéquipement de CMGP (près de 40% du chiffre d’affaires) et permettre à Sodipire de changer d’échelle, en se positionnant sur des appels d’offres plus importants. L’exemple cité est celui d’appels d’offres remportés auprès de plusieurs Cités des Métiers et des Compétences (CMC). Les comptes 2024 disponibles sur des sites d’informations financières indiquent un chiffre d’affaires de 40 millions de dirhams en 2024.
Ensemble, ces acquisitions visent à consolider les métiers historiques, combler les maillons manquants du modèle « one-stop-shop » et améliorer le profil de rentabilité du groupe.
Les politiques publiques agricoles et de l'eau comme trame de fond
CMGP reste aussi étroitement lié aux méga-projets d’irrigation, qui structurent une partie de la demande publique et parapublique. Portés par le ministère de l’Agriculture et les Offices régionaux de mise en valeur agricole, ces programmes s’inscrivent dans le cadre de la srtatégie Génération Green 2020-2030 et le programme national d’approvisionnement en eau. L’objectif est de développer des systèmes d’adduction et d’irrigation depuis les barrages vers les plaines agricoles, afin de réduire l’utilisation des ressources souterraines. Dans ce cadre, CMGP a remporté fin décembre un marché portant sur le réseau de distribution hydraulique du projet hydro-agricole du Saïss, pour un montant d’environ 345,5 millions de dirhams. Le projet, relancé récemment, prévoit l’acheminement de plus de 125 millions de m³ d’eau de surface depuis le barrage M’dez pour irriguer une première tranche de 10.000 hectares, avec un potentiel d’extension à 30.000 hectares à terme. En parallèle, le projet hydro-agricole du Gharb a été remis en avant : il vise environ 30.000 hectares en première phase, avec des extensions pouvant atteindre 72.000 hectares, en s’appuyant sur les ressources du bassin du Sebou. Compte tenu de son positionnement et de son track record, CMGP apparaît comme un candidat crédible pour se positionner sur ce chantier également, selon l’analyste interrogé.Au-delà du cycle agricole et des acquisitions, CMGP active d’autres leviers qui peuvent soutenir la trajectoire 2026. Sur le plan industriel, le groupe a lancé en 2025 les premiers tubes en PVC bi-orienté au Maroc. Ces produits se distinguent par une résistance mécanique supérieure, une légèreté accrue, un diamètre intérieur plus grand améliorant le débit, une surface interne très lisse qui réduit les pertes de charge et une longévité élevée. Cette montée en gamme illustre un positionnement d’industriel, avec un taux d’intégration actuel de 30% que le management souhaite améliorer, ce qui pourrait soutenir la marge consolidée.
Sur le plan géographique, CMGP veut étendre son modèle « one-stop-shop » à l’international, en ciblant l’Afrique de l’Ouest et du Nord, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Mauritanie. L’objectif affiché est que l’Afrique représente 12% du chiffre d’affaires du groupe d’ici 2030, confirmant l’ambition d’un second moteur de croissance hors marché domestique.
