Après avoir progressé de 12,8% en 2023, de 22,2% en 2024 puis de 27,6% en 2025, le MASI connaît depuis le début de l'année une correction que les analystes qualifient de naturelle. Pour les professionnels réunis lors de la 7ᵉ Conférence annuelle des résultats et perspectives des sociétés cotées, organisée par la Bourse de Casablanca et l'Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB), cette phase de repli reflète davantage les incertitudes géopolitiques internationales qu'une dégradation des fondamentaux de l'économie marocaine.
Le message à retenir est que la hausse des prochaines années devrait être portée moins par l'expansion des multiples de valorisation que par la progression des résultats des entreprises. Autrement dit, les actions ne devraient plus monter principalement parce que les investisseurs acceptent de les payer plus cher, mais parce que les entreprises gagneront davantage d'argent.
La croissance économique atteint 4,6% au premier trimestre. Bank Al-Maghrib prévoit une progression de 5,2% pour l'ensemble de l'année 2026, tandis que BKGR adopte un scénario plus optimiste avec une croissance de 5,7%, sous réserve d'une récolte céréalière proche de 90 millions de quintaux et d'une reprise progressive de l'activité industrielle au second semestre.
Les autres indicateurs confortent cette lecture. Le taux de chômage est revenu à 10,8% au premier trimestre contre 13% un an auparavant, l'indice de confiance des ménages progresse, les crédits bancaires atteignent 1.247 milliards de dirhams à fin avril avec une hausse de 8%, tandis que les crédits à l'équipement affichent une progression proche de 30%, traduisant le redémarrage de l'investissement privé.
Les arrivées touristiques augmentent de 7% à 4,3 millions de visiteurs au premier trimestre et les ventes de véhicules bondissent de 18% en mai.
Dans ce contexte, les analystes considèrent que le maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib à 2,25% reste cohérent avec une inflation limitée à 1,2% en mai, même si la Banque centrale anticipe désormais une inflation moyenne de 1,5% sur l'année.
Les niveaux de valorisation demeurent ainsi proches de leur moyenne historique, avec un PER estimé autour de 20 fois pour 2025, tandis que le rendement moyen du dividende devrait remonter à 2,9% en 2026.
Pour BKGR, ces éléments confirment que la correction actuelle correspond davantage à une phase de consolidation qu'à un changement de tendance.
La progression du produit net bancaire, la maîtrise des coûts d'exploitation et la poursuite de la baisse du coût du risque devraient soutenir les performances du secteur. Le produit net bancaire des établissements cotés est attendu en hausse de 6% en 2026. Le résultat brut d'exploitation progresserait de 7%, tandis que le résultat net consolidé augmenterait d'environ 11% pour atteindre près de 19,7 milliards de dirhams. Cette dynamique devrait se prolonger en 2027 avec une nouvelle progression estimée à 8%.
Les analystes anticipent également une bonne tenue des secteurs du BTP, du transport portuaire et des assurances, portés par les investissements liés aux infrastructures et aux préparatifs de la Coupe du monde 2030.
Selon Marwa Farhat, la montée en puissance du modèle SaaS constitue un tournant stratégique. En remplaçant progressivement les ventes de licences par des revenus d'abonnement, l'entreprise améliore la récurrence de ses revenus et son potentiel de rentabilité à moyen terme. Cette stratégie est renforcée par l'acquisition de CR2, qui permet au groupe d'élargir son offre dans le digital banking et de renforcer sa présence en Afrique anglophone.
Les performances financières traduisent déjà cette évolution. Le chiffre d'affaires a progressé de 22% en 2025, l'EBITDA de 30% et le résultat net de 40,5%, tandis que le backlog a bondi de 90%. Au premier trimestre 2026, les revenus progressent encore de 11%, avec une hausse de 47% des projets en cours et de 19% des revenus SaaS.
CFG Bank anticipe ainsi une croissance annuelle moyenne du chiffre d'affaires de 11,3% jusqu'en 2030 et recommande l'achat du titre avec un objectif de cours de 757 dirhams, soit un potentiel d'appréciation proche de 26%.
Dans ce contexte, Managem dispose de plusieurs relais de croissance. Après la mise en production de la mine d'or de Boto au Sénégal et du projet cuprifère Tizert au Maroc, le groupe prépare de nouveaux projets aurifères au Gabon et en Guinée, ainsi que le démarrage de son activité gazière à Tendrara. Il développe également une production de sulfate de cobalt destinée notamment à BMW et Renault.
M.S.IN prévoit une croissance annuelle moyenne proche de 28% du chiffre d'affaires entre 2025 et 2029, celui-ci devant passer de 13,7 milliards à plus de 30 milliards de dirhams. Le résultat net pourrait dépasser 6 milliards de dirhams à l'horizon 2029. L'objectif de cours retenu est fixé à 10.117 dirhams.
La filiale SMI bénéficie également de perspectives favorables grâce à la bonne orientation attendue des prix de l'argent, à la montée des usages industriels liés à la transition énergétique et au développement de nouveaux gisements.
M.S.IN anticipe une croissance annuelle moyenne de 20% du chiffre d'affaires entre 2025 et 2029 et fixe un objectif de cours de 5.066 dirhams.
Le message à retenir est que la hausse des prochaines années devrait être portée moins par l'expansion des multiples de valorisation que par la progression des résultats des entreprises. Autrement dit, les actions ne devraient plus monter principalement parce que les investisseurs acceptent de les payer plus cher, mais parce que les entreprises gagneront davantage d'argent.
Une économie qui continue de soutenir les entreprises cotées
Pour Khadija El Moussily, responsable Equity Research chez BMCE Capital Global Research (BKGR), le Maroc conserve un profil favorable parmi les économies émergentes. Croissance soutenue, inflation maîtrisée et politique monétaire stable continuent d'offrir un environnement propice aux entreprises cotées. Cette dynamique repose principalement sur trois moteurs : une campagne agricole favorable, une demande intérieure qui reste robuste et une reprise de l'investissement.La croissance économique atteint 4,6% au premier trimestre. Bank Al-Maghrib prévoit une progression de 5,2% pour l'ensemble de l'année 2026, tandis que BKGR adopte un scénario plus optimiste avec une croissance de 5,7%, sous réserve d'une récolte céréalière proche de 90 millions de quintaux et d'une reprise progressive de l'activité industrielle au second semestre.
Les autres indicateurs confortent cette lecture. Le taux de chômage est revenu à 10,8% au premier trimestre contre 13% un an auparavant, l'indice de confiance des ménages progresse, les crédits bancaires atteignent 1.247 milliards de dirhams à fin avril avec une hausse de 8%, tandis que les crédits à l'équipement affichent une progression proche de 30%, traduisant le redémarrage de l'investissement privé.
Les arrivées touristiques augmentent de 7% à 4,3 millions de visiteurs au premier trimestre et les ventes de véhicules bondissent de 18% en mai.
Dans ce contexte, les analystes considèrent que le maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib à 2,25% reste cohérent avec une inflation limitée à 1,2% en mai, même si la Banque centrale anticipe désormais une inflation moyenne de 1,5% sur l'année.
Une correction jugée saine après trois années d'euphorie
Pour les analystes, la baisse enregistrée depuis le début de l'année ne remet pas en cause la tendance de long terme. Elle intervient après une période exceptionnelle durant laquelle la capitalisation de la Bourse de Casablanca est passée de 690 milliards de dirhams en 2021 à plus de 1.028 milliards de dirhams. Dans le même temps, la masse bénéficiaire des sociétés cotées est passée de 28,6 milliards à 50,9 milliards de dirhams entre 2021 et 2025.Les niveaux de valorisation demeurent ainsi proches de leur moyenne historique, avec un PER estimé autour de 20 fois pour 2025, tandis que le rendement moyen du dividende devrait remonter à 2,9% en 2026.
Pour BKGR, ces éléments confirment que la correction actuelle correspond davantage à une phase de consolidation qu'à un changement de tendance.
Les banques appelées à devenir le principal moteur des bénéfices
L'un des principaux changements attendus concerne la contribution des différents secteurs à la croissance des résultats. Après une année 2025 marquée par les éléments exceptionnels enregistrés par Maroc Telecom, BKGR estime que les banques devraient reprendre le leadership de la croissance bénéficiaire.La progression du produit net bancaire, la maîtrise des coûts d'exploitation et la poursuite de la baisse du coût du risque devraient soutenir les performances du secteur. Le produit net bancaire des établissements cotés est attendu en hausse de 6% en 2026. Le résultat brut d'exploitation progresserait de 7%, tandis que le résultat net consolidé augmenterait d'environ 11% pour atteindre près de 19,7 milliards de dirhams. Cette dynamique devrait se prolonger en 2027 avec une nouvelle progression estimée à 8%.
Les analystes anticipent également une bonne tenue des secteurs du BTP, du transport portuaire et des assurances, portés par les investissements liés aux infrastructures et aux préparatifs de la Coupe du monde 2030.
HPS : la transition vers le SaaS change le profil de croissance
Parmi les convictions fortes de la place Casablancaise figure HPS. Pour CFG Bank, le véritable changement réside dans l'évolution du modèle économique du spécialiste marocain des solutions de paiement électronique. Avec plus de 500 institutions clientes réparties dans une centaine de pays, un chiffre d'affaires proche de 1,6 milliard de dirhams en 2025 et un carnet de commandes de 1,67 milliard de dirhams dont près de 60% correspondent à des revenus récurrents, HPS bénéficie désormais d'une visibilité renforcée.Selon Marwa Farhat, la montée en puissance du modèle SaaS constitue un tournant stratégique. En remplaçant progressivement les ventes de licences par des revenus d'abonnement, l'entreprise améliore la récurrence de ses revenus et son potentiel de rentabilité à moyen terme. Cette stratégie est renforcée par l'acquisition de CR2, qui permet au groupe d'élargir son offre dans le digital banking et de renforcer sa présence en Afrique anglophone.
Les performances financières traduisent déjà cette évolution. Le chiffre d'affaires a progressé de 22% en 2025, l'EBITDA de 30% et le résultat net de 40,5%, tandis que le backlog a bondi de 90%. Au premier trimestre 2026, les revenus progressent encore de 11%, avec une hausse de 47% des projets en cours et de 19% des revenus SaaS.
CFG Bank anticipe ainsi une croissance annuelle moyenne du chiffre d'affaires de 11,3% jusqu'en 2030 et recommande l'achat du titre avec un objectif de cours de 757 dirhams, soit un potentiel d'appréciation proche de 26%.
Les minières continuent de profiter du cycle des métaux
M.S.IN conserve également une opinion favorable sur les valeurs minières. Selon Noufel Aouragh, responsable analyse et recherche chez M.S.IN, les tensions géopolitiques, la transition énergétique et les achats d'or par les banques centrales continuent de soutenir durablement les cours des métaux précieux.Dans ce contexte, Managem dispose de plusieurs relais de croissance. Après la mise en production de la mine d'or de Boto au Sénégal et du projet cuprifère Tizert au Maroc, le groupe prépare de nouveaux projets aurifères au Gabon et en Guinée, ainsi que le démarrage de son activité gazière à Tendrara. Il développe également une production de sulfate de cobalt destinée notamment à BMW et Renault.
M.S.IN prévoit une croissance annuelle moyenne proche de 28% du chiffre d'affaires entre 2025 et 2029, celui-ci devant passer de 13,7 milliards à plus de 30 milliards de dirhams. Le résultat net pourrait dépasser 6 milliards de dirhams à l'horizon 2029. L'objectif de cours retenu est fixé à 10.117 dirhams.
La filiale SMI bénéficie également de perspectives favorables grâce à la bonne orientation attendue des prix de l'argent, à la montée des usages industriels liés à la transition énergétique et au développement de nouveaux gisements.
M.S.IN anticipe une croissance annuelle moyenne de 20% du chiffre d'affaires entre 2025 et 2029 et fixe un objectif de cours de 5.066 dirhams.
