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Mardi 28 Mai 2024
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Comment la Covad veut accélérer le recyclage et la valorisation des déchets au Maroc

La valorisation des déchets au Maroc est encore loin d’atteindre les objectifs possibles et réalisables. Avec un écosystème bien établi, le Maroc peut augmenter son taux de valorisation des déchets de 15 à 65% à l’horizon 2030. Pour cela, il va falloir agir rapidement sur la collecte qui fait perdre un gisement important de matières premières. D’autres chantiers sont aussi prioritaires et entrent dans le cadre de la stratégie de la Coalition pour la valorisation des déchets pour un écosystème de l’économie circulaire.

Recycling facility with bundles of cardboard sorted and tied up for recycling.
Recycling facility with bundles of cardboard sorted and tied up for recycling.
Promouvoir un écosystème vert performant permettant de valoriser 65% des déchets et générer 60.000 emplois à l'horizon 2030. Telle est la principale ambition de la Coalition pour la valorisation des déchets (Covad), premier modèle de partenariat public-privé dans le secteur. Créée en avril 2016 à l’initiative du ministère de la Transition énergétique et du développement durable et de la CGEM, la Covad s’est engagée dans plusieurs chantiers pour atteindre son objectif et promouvoir l’économie circulaire au Maroc.

La valorisation des déchets au Maroc, un secteur à la traîne

Le taux de valorisation des déchets reste très faible au Maroc. Il n’est que de 15% pour tous types de déchets. Pourtant, selon le président de la Covad, Mounir El Bari, le pays dispose d’un important gisement qui représente près de 26 millions de tonnes (t) de déchets à recycler par an qui proviennent de 13 filières, dont 7 millions de déchets industriels et 9 millions de tonnes de déchets de construction. Le papier et le carton représentent une collecte annuelle de près de 600.000 tonnes, dont 180.000 t sont recyclées permettant ainsi d’économiser l’équivalant de 1 milliard de DH d’importations.

En matière de déchets plastiques, M. El Bari estime que le Maroc est un bon élève puisqu’il arrive à un taux de 50% de recyclage de son gisement qui représente 1 million de tonnes par an. Toutefois, le président de la Covad estime que le Maroc peut arriver à un taux de 90% de recyclage de cette matière.

Pourquoi la machine du recyclage traîne ?

«La gestion des déchets doit suivre le rythme de développement du Maroc. Il faut de l’audace et de la volonté pour organiser ce secteur», souligne M. El Bari lors d’une rencontre avec la presse pour présenter le bilan d’action de la Covad. Selon lui, il existe aujourd’hui des industriels très avancés en matière de recyclage au Maroc. Cependant, ils restent bloqués par un problème de déperdition des déchets. «Le gisement est là, mais on le perd à cause d’une mauvaise gestion de la collecte. C’est de la matière première que nous sommes en train de perdre et que l’on importe avec un coût considérable», alerte le président. «Il est urgent de penser à une organisation de la collecte avec l’installation, au minimum, d’un système de “collecte sélective en bi-flux”. On peut également encourager les citoyens en agissant sur la taxe des Services communaux, par exemple», indique Moncef Charai, membre de la Covad.

C’est dans ce sens que la Covad, dans son plan d’action, appelle à agir sur un certain nombre de chantiers en parallèle, à savoir l’Approvisionnement en amont, le Foncier, la Formation, la Normalisation et l’Appui financier des projets ainsi que la Réglementation. Ces actions, les responsables de la Coalition les envisagent dans le cadre de la stratégie du Royaume pour atteindre une souveraineté industrielle. «L’État doit se doter d’une vision globale pour promouvoir un Écosystème vert performant permettant de valoriser 65% des déchets et générer 60.000 emplois à horizon 2030. Il faut mettre en place un cadre attractif pour l’émergence d’un écosystème vert de valorisation de déchets dans le cadre d’une économie circulaire permettant de générer de l’emploi pérenne et d’améliorer la balance commerciale avec un impact positif sur l’environnement», indique une étude réalisée par la Covad.

Feuille de route stratégique de la Covad

La Covad a axé sa feuille de route sur six axes stratégiques, que sont la gouvernance, la régionalisation, le rayonnement des industries de recyclage, l'innovation et l'entrepreneuriat vert, l'inclusion sociale, et la fiscalité verte. La Coalition se positionne aujourd’hui comme acteur de premier plan au sein des écosystèmes de l’économie circulaire. Pour cela, elle s’active sur la scène nationale et internationale en participant à des événements tels que les COP, les World Circular Economy Forums, les salons spécialisés ou encore les conférences nationales. «Aujourd’hui, sans équivoque, la Coalition a su s’imposer en Top of Mind auprès de toutes les parties prenantes privées et publiques et de la société civile sur les thématiques et enjeux de la feuille de route pour l’économie circulaire au Maroc», indique M. El Bari. Elle travaille aujourd’hui en coordination avec ses ministères de tutelle qui sont le ministère de la Transition énergétique et du développement durable, le ministère du Commerce et de l’industrie, et celui de l’Intérieur.

La coalition contribue ainsi au programme «PAGE Partnership for Action on Green Economy» en collaboration avec le MTEDD et le MCI et des agences internationales telles que l'ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) et l'UNITAR (Institut des Nations unies pour la formation et la recherche). Ce programme, axé sur le renforcement des capacités et la gestion durable des déchets, met un accent particulier sur les déchets de construction et de démolition.

La Covad mène également deux études stratégiques en collaboration avec le MTEDD et le Programme des Nations unies pour l’environnement, dans le cadre de l’initiative «SwitchMed». La première étude concerne la préfiguration d’une filière de Responsabilité élargie du producteur (REP) appliquée aux emballages. Celle-ci vise à jeter les bases pour le développement d'un cadre réglementaire pour la gestion responsable des emballages, aligné avec les principes de l'économie circulaire.

La deuxième étude concerne la préparation d’un projet de loi relatif à l'économie circulaire en vue d’améliorer l'efficacité dans l'utilisation des ressources, à protéger l'environnement et à promouvoir le développement durable. Ce projet de loi viendra en continuité des orientations et des objectifs stratégiques du Maroc, conformément à la Loi-cadre 99-12 portant Charte nationale de l’environnement et du développement durable.

Objectifs de l’Écosystème vert à horizon 2030

Pour atteindre les objectifs de valorisation, la Covad estime que 8,7 milliards de DH d’investissements devront être mobilisés pour des projets de différentes tailles (TPE, PME, GE). Voici les principaux objectifs :

• Un objectif de valorisation de 65%* dont près de 55% en valorisation matière.

• Un potentiel de 60K emplois dont 9,5K emplois dans la valorisation.

• Un objectif de Chiffre d’affaires de 12,2 milliards de DH dans la valorisation.

• Un objectif de Valeur ajoutée de 3,7 milliards de DH dans la valorisation.
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