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Lundi 18 Mai 2026
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COP31 : la Turquie expose sa vision des villes résilientes face à la crise climatique

Quelque 18 journalistes issus de 12 pays, dont le Maroc, ont pris part à la deuxième édition des «tournées médiatiques sur l’environnement et le climat» qui se sont déroulées récemment à Hatay et Istanbul. Initié dans le cadre de la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur le changement climatique, l’événement a permis de mettre en lumière les avancées de la Turquie en matière de reconstruction durable, de villes résilientes et de transition environnementale après les séismes de 2023. Une dynamique illustrée notamment par les chiffres annoncés par les autorités turques : 500.000 logements achevés en deux ans et un nouveau programme de 500.000 habitations actuellement en cours dans les 81 provinces du pays. Le Groupe «Le Matin» a pris part à cette initiative internationale à travers la participation de la journaliste Nabila Bakkass.

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Dans le cadre de la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP31), prévue en novembre 2026, la Turquie a organisé, du 9 au 11 mai, la deuxième édition des «tournées médiatiques sur l’environnement et le climat» à Hatay et Istanbul, sous l’égide de la Direction de la communication de la présidence turque et du ministère de l’Environnement, de l’Urbanisme et du Changement climatique. Le programme a réuni 18 journalistes représentant 12 pays : Maroc, Azerbaïdjan, Corée du Sud, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Japon, Monténégro, Macédoine du Nord, République turque de Chypre du Nord (RTCN), Hongrie et Serbie. Le Groupe «Le Matin» y a participé à travers sa journaliste Nabila Bakkass. Cette initiative internationale visait à présenter les efforts de reconstruction et les politiques environnementales engagées après les séismes dévastateurs de février 2023. Les journalistes ont notamment visité plusieurs projets réalisés à Hatay autour des thèmes de l’efficacité énergétique, des constructions respectueuses de l’environnement, du zéro déchet, des systèmes intelligents de gestion urbaine et des principes de durabilité. Le programme a débuté par une visite de terrain consacrée aux chantiers de reconstruction à Hatay avant une rencontre avec le ministre turc de l’Environnement, de l’urbanisme et du changement climatique et président de la COP31, Murat Kurum. Plusieurs responsables politiques et institutionnels étaient également présents, dont le gouverneur de Hatay, Mustafa Masatlı, et le maire de la municipalité métropolitaine de Hatay, Mehmet Öntürk. La tournée s’est achevée à Istanbul avec la présentation du Centre d’agriculture verticale couverte ainsi qu’une participation au Festival du Campus vert organisé par l’Université d’Istanbul.

Villes résilientes et urgence climatique : la vision turque pour un avenir plus sûr

Dans son intervention, le ministre turc de l’Environnement, Murat Kurum, a longuement évoqué la vision turque des «villes résilientes» dans le cadre de la COP31. Selon lui, «les villes ne sont désormais plus jugées uniquement à travers leur poids économique ou démographique, mais par leur capacité à faire face aux catastrophes naturelles et à protéger leurs populations». Dans ce sens, le ministre a souligné que Hatay représentait aujourd’hui un symbole fort de cette transformation. «Après le séisme de 2023, il ne s’agissait pas seulement de reconstruire des bâtiments, mais de reconstruire des vies», a-t-il déclaré devant les journalistes internationaux. Murat Kurum a aussi insisté sur l’ampleur mondiale de la crise climatique. Citant une étude récente, il a indiqué que le changement climatique a suscité une forte mobilisation médiatique à l’échelle mondiale, avec près de 39 millions de contenus publiés en deux mois, témoignant de l’ampleur croissante du débat sur cette question. Pour lui, cette question dépasse désormais le cercle des experts pour toucher directement le quotidien des populations, l’économie, les ressources hydriques et la sécurité des États. Le ministre a rappelé que les priorités diffèrent selon les régions du monde : réduction des émissions carbone en Europe, transition énergétique en Asie ou encore enjeux liés à l’eau et à l’alimentation en Afrique et en Amérique du Sud. Mais malgré ces différences, il a souligné que le changement climatique constitue une crise globale nécessitant des réponses concrètes et adaptées aux réalités locales.

Une reconstruction d’envergure après les séismes de 2023

Revenant sur les séismes de février 2023, Murat Kurum a rappelé l’ampleur de la catastrophe, qui a touché 11 provinces et affecté près de 14 millions de personnes. Dans la foulée, une mobilisation d’envergure a été déployée sur le terrain, avec plus de 200.000 architectes, ingénieurs et ouvriers engagés simultanément sur les différents chantiers de reconstruction. Le ministre a, par ailleurs, annoncé que 500.000 logements avaient été achevés en deux ans, tandis qu’un nouveau programme de 500.000 habitations est actuellement en cours dans les 81 provinces du pays. Selon lui, les travaux menés à Hatay constituent désormais un exemple concret des politiques de «villes résilientes» que la Turquie souhaite mettre en avant dans le cadre de la COP31. Une déclaration commune a d’ailleurs été signée à Hatay avec la participation de plusieurs pays. Au-delà des enjeux climatiques et urbains, Murat Kurum a enfin mis en avant la richesse culturelle de Hatay, invitant les journalistes internationaux à découvrir notamment la mosquée Habib-i Neccar, l’église Saint-Pierre, le front de mer d’Iskenderun ainsi que le Long Bazar, sans oublier la célèbre spécialité locale : le künefe.

Une innovation agricole souterraine face aux défis climatiques

La deuxième édition des «tournées médiatiques sur l’environnement et le climat» a donné lieu à une visite technique du Centre d’application et de recherche en agriculture verticale fermée d’Istanbul. Lors de cette visite, le coordinateur du projet et ingénieur agronome, Hakan Aşan, a fait savoir que le site, aménagé à environ 30 mètres sous terre, constitue une infrastructure de production agricole souterraine innovante. Il a précisé que ce système permet une production agricole continue tout au long de l’année, grâce à un environnement entièrement contrôlé, limitant fortement l’impact des variations climatiques extérieures. Selon lui, ce type de projet répond aux enjeux liés à la croissance démographique mondiale. Les estimations évoquent une population de 8,2 milliards d’habitants en 2025 et de 9,7 milliards en 2050, avec une urbanisation croissante, faisant de la production alimentaire urbaine durable un enjeu stratégique. Hakan Aşan a, en outre, souligné la vulnérabilité de la Turquie face aux effets du changement climatique, marquée notamment par la hausse des températures, la sécheresse et le stress hydrique, qui pèsent sur les systèmes agricoles traditionnels. Dans ce contexte, l’agriculture verticale apparaît comme une solution innovante : production en environnement fermé et multicouche, indépendance partielle vis-à-vis du sol et des conditions climatiques, optimisation des distances de transport, amélioration de la fraîcheur des produits et réduction de l’empreinte carbone. L’ingénieur agronome a par ailleurs indiqué que le système en circuit fermé permet de recycler l’eau et de réduire significativement sa consommation par rapport à l’agriculture conventionnelle. Il a, par ailleurs, évoqué une capacité de production nettement supérieure par unité de surface, tout en garantissant des cultures sans pesticides grâce à un environnement totalement contrôlé.
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