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Mercredi 28 Octobre 2026
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Défaillances d’entreprises : pourquoi Allianz Trade prévoit une baisse au Maroc jusqu’en 2028

Les défaillances d’entreprises au Maroc devraient reculer de 2% en 2026, à 14.950 cas, puis de 4% en 2027 et en 2028, selon les prévisions d’Allianz Trade. Cette diminution progressive, principalement liée aux changements dans les comportements de paiement entre entreprises, laisserait toutefois leur nombre nettement supérieur à la moyenne de 2016-2019. À l’échelle mondiale, l’assureur-crédit prévoit encore une hausse de 5% en 2026 et de 1% en 2027.

L’adoption de l’IA peut accélérer les défaillances dans les économies de plus petite taille et celles moins diversifiées en raison de l’écart de compétitivité entre les précurseurs et les retardataires.
L’adoption de l’IA peut accélérer les défaillances dans les économies de plus petite taille et celles moins diversifiées en raison de l’écart de compétitivité entre les précurseurs et les retardataires.
Les défaillances d’entreprises au Maroc devraient poursuivre leur baisse, alors qu’elles continueraient d’augmenter à l’échelle mondiale. Dans sa dernière étude, datée du 27 octobre 2026, Allianz Trade prévoit 14.950 défaillances dans le Royaume cette année, contre 15.307 en 2025, soit un recul de 2%. Cette tendance se prolongerait avec 14.350 cas en 2027, puis 13.800 en 2028, correspondant à une diminution de 4% pour chacune de ces deux années. Ce mouvement intervient après plusieurs années de très fortes augmentations. L’étude rappelle que le nombre de défaillances au Maroc est passé d’environ 5.000 en 2015 à un pic de plus de 15.600 en 2024. En 2025, il a reculé de 2%, selon le tableau des données nationales annexé au rapport. Malgré cette décrue, les niveaux attendus resteraient élevés. Les défaillances au Maroc dépasseraient encore de 86% leur moyenne de 2016-2019 en 2026, de 79% en 2027 et de 72% en 2028. La cartographie de l’étude classe ainsi le Royaume parmi les pays où les défaillances diminuent, mais demeurent à un niveau très élevé par rapport à cette période de référence.

Les comportements de paiement au cœur du recul attendu

Pour Allianz Trade, la baisse prévue au Maroc repose, à ce stade, moins sur le contexte et les perspectives économiques que sur les changements, tardifs mais tangibles, dans les comportements de paiement entre entreprises. L’assureur-crédit les relie au dispositif légal introduit en 2023 et étendu aux très petites entreprises en 2025, qui a accru le coût des retards de paiement. L’étude souligne cependant que les fragilités structurelles et la forte fragmentation du tissu des entreprises limiteront cette tendance à la baisse à court et à moyen terme.

Une hausse mondiale de 5% en 2026

La trajectoire marocaine s’inscrit dans un contexte international différent. Après une augmentation de 6% en 2025, l’indice mondial des défaillances d’Allianz Trade devrait progresser de 5% en 2026, puis de 1% en 2027, avant un léger repli de 1% en 2028, dans un contexte géopolitique et macroéconomique toujours incertain. Pour 2026, l’étude prévoit une hausse dans 24 des 44 pays suivis. Dans 30 pays, les défaillances dépasseraient leur moyenne d’avant la pandémie. L’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique représentent désormais, ensemble, 79% de l’augmentation mondiale. Aux États-Unis, les défaillances devraient progresser de 12% en 2026, à 27.700 cas, puis de 4% en 2027, à 28.800 cas. En Asie-Pacifique, l’indice régional augmenterait de 3% en 2026 et de 2% en 2027. En Europe de l’Ouest, Allianz Trade anticipe une hausse de 4% en 2026, suivie de baisses de 1% en 2027 et de 2% en 2028. Les défaillances resteraient néanmoins durablement supérieures à leurs niveaux d’avant la pandémie. En France, principal partenaire européen du Maroc, leur nombre devrait atteindre un record de 71.000 cas en 2026, en hausse de 3%, puis augmenter encore de 1% en 2027, à 71.400 cas.

Des pressions persistantes sur les entreprises et l’emploi

Plusieurs facteurs expliquent le maintien des défaillances mondiales à un niveau élevé : une croissance économique limitée, des coûts énergétiques persistants, des taux d’intérêt durablement hauts et des marges de soutien budgétaire restreintes. Le nombre d’entreprises en activité a également augmenté d’environ 10% entre 2021 et 2025, élargissant le nombre de sociétés exposées au risque de défaillance.

Selon Allianz Trade, environ 2,7 millions d’emplois seraient directement menacés dans le monde chacune des deux années 2026 et 2027, soit 180.000 de plus qu’en 2025. La construction, le commerce de détail et les services sont les secteurs les plus exposés. L’Europe concentrerait environ 1,6 million d’emplois menacés, devant l’Amérique du Nord, avec quelque 650.000 postes, et l’Asie, avec environ 305.000.

L’étude examine aussi le rôle de l’intelligence artificielle (IA) à travers huit économies européennes et neuf secteurs. À ce stade, les conditions macroéconomiques et les fondamentaux sectoriels demeurent les principaux déterminants des défaillances, avec une très faible corrélation globale avec l’adoption de l’IA. Des signaux apparaissent toutefois dans certains marchés plus petits et moins diversifiés, où l’écart de compétitivité entre les entreprises pionnières et celles qui tardent à adopter ces technologies pourrait accélérer les défaillances.
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