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Douanes : tour de vis renforcé aux frontières sur une série de produits importés

À compter de février, plusieurs produits importés, dont les cigarettes électroniques, certains matériaux de construction et des intrants à usage agricole, sont soumis à un contrôle de conformité plus strict aux postes frontières. Une décision qui s’inscrit dans une refonte plus large du dispositif douanier prévue par la loi de finances 2026.

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À partir de ce mois de février, l’Administration des douanes et impôts indirects a enclenché une nouvelle phase de surveillance renforcée sur une liste de produits importés, dans l’objectif affiché d’élever le niveau de qualité des marchandises mises sur le marché et de mieux protéger le consommateur marocain contre les produits non conformes.

Sont notamment concernés les cigarettes électroniques, certains matériaux de construction ainsi que d’autres produits manufacturés, dont des intrants utilisés dans le secteur agricole. Ces marchandises feront désormais l’objet d’une vérification systématique de leur conformité aux normes nationales en vigueur avant toute mise en circulation.



Ce tour de vis repose sur la circulaire n° 6724/311, signée le 17 février 2026 par le directeur général des Douanes et impôts indirects, Abdelatif Amrani. Le texte fait suite à une notification de la Direction générale du commerce relative à la publication, au Bulletin officiel n° 7432 du 21 août 2025, de la décision n° 1701-25 du 3 juillet 2025. Cette décision rend obligatoire, six mois après sa publication, l’application de plusieurs normes marocaines, notamment NM 08.8.130, NM 08.8.250, NM 08.8.251 et NM 08.8.252. En conséquence, les services douaniers sont appelés à soumettre les produits concernés – listés dans un annexe détaillée – à un contrôle de conformité strict.

Désormais, la mainlevée des marchandises sera conditionnée aux résultats d’expertises techniques attestant du respect effectif des normes nationales. Autrement dit, aucune mise sur le marché ne sera autorisée sans validation formelle de la conformité.

Ce renforcement des contrôles ne constitue pas une mesure isolée. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du système douanier marocain engagée en 2026. La loi de finances pour l’exercice en cours prévoit une série de réformes visant à moderniser les outils de suivi, restructurer le régime des droits de douane et renforcer la souveraineté économique. En effet, depuis le 1er janvier, un chantier global de réorganisation du dispositif douanier et fiscal est en cours. Les autorités entendent à la fois protéger la production nationale, lutter contre la fraude et la contrebande, stimuler l’investissement et consolider le secteur formel. Parmi les mesures phares figure le durcissement des obligations déclaratives imposées aux importateurs. Ceux-ci doivent désormais indiquer avec précision les lieux de stockage et de transformation des marchandises. Toute déclaration inexacte expose son auteur à des amendes comprises entre 30.000 et 60.000 dirhams, une disposition destinée à mettre fin aux pratiques de dissimulation qui entravent les contrôles a posteriori.

La réforme s’accompagne également d’un élargissement des prérogatives des services douaniers, avec l’intégration d’outils technologiques avancés : drones, caméras de surveillance et scanners dernière génération. L’objectif est clair : évoluer vers une surveillance intelligente, continue et conforme aux standards internationaux de lutte contre la fraude et le trafic illicite. La digitalisation constitue un autre axe stratégique. La loi de finances 2026 introduit la possibilité, à titre volontaire, d’utiliser la technologie blockchain dans les procédures de dédouanement. Cette innovation vise à sécuriser l’authentification des factures, faciliter la transmission des documents commerciaux et fiabiliser l’identification des fournisseurs étrangers, tout en réduisant les délais et les coûts de traitement.
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