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Mercredi 08 Juillet 2026
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Paiement électronique : comment Visa compte redéfinir les standards dans la région CEMEA

Après avoir présenté sa vision d'un commerce où l'intelligence artificielle pourrait bientôt planifier et faire des achats à notre place, Visa a consacré le second temps de son Media Day au Visa Payments Forum 2026 à une question plus concrète : comment transformer cette vision en réalité ? La réponse passe par la région CEMEA qui couvre l'Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l'Afrique. Un territoire où coexistent des marchés parmi les plus avancés au monde et d'autres encore largement dominés par la culture du cash. Pour le groupe américain, c'est précisément cette diversité qui en fait un terrain d'expérimentation unique.

Pendant longtemps, l'innovation dans les paiements suivait une trajectoire relativement prévisible. Les nouveaux usages apparaissaient d'abord aux États-Unis ou en Europe occidentale avant de gagner progressivement le reste du monde. Cette géographie est en train d'évoluer. Pour Visa, l'un des terrains les plus intéressants se situe aujourd'hui entre Varsovie, Casablanca, Nairobi, Dubaï ou encore Almaty. Une région immense, la CEMEA, qui regroupe l'Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l'Afrique et où coexistent des économies parmi les plus numérisées au monde et d'autres où le payement en espèces demeure largement dominant.

À première vue, cette hétérogénéité pourrait apparaître comme un frein. Visa y voit exactement l'inverse. Parce que cette région concentre, à elle seule, la plupart des défis auxquels les paiements devront répondre au cours de la prochaine décennie : inclusion financière, recul du cash, digitalisation des PME, modernisation des banques, développement des paiements transfrontaliers, essor des fintechs, cybersécurité ou encore arrivée de nouveaux rails de paiement comme les stablecoins.



Autrement dit, si le premier volet de notre dossier explorait la manière dont l'intelligence artificielle pourrait transformer le commerce, celui-ci s'intéresse au chantier, beaucoup moins visible, qui doit rendre cette transformation possible. Car un commerce piloté par des agents intelligents ne repose pas uniquement sur des modèles d'IA. Il suppose aussi, comme nous l’avions expliqué dans la première partie, des banques capables de traiter des paiements en temps réel, des commerçants aptes à accepter des paiements numériques, des infrastructures modernes, des règles communes et un climat de confiance suffisant pour que consommateurs et entreprises adoptent progressivement ces nouveaux usages. C'est précisément cette mécanique que Visa est venu exposer à Paris.

Une région qui change plus vite qu'on ne le croit

«Le commerce entre dans une nouvelle phase, de plus en plus intelligente, programmable et intégrée au quotidien». Cette formule, employée par Tareq Muhmood, président régional de Visa pour la zone CEMEA, résume l'ambition du groupe. Mais elle traduit aussi une réalité plus immédiate : dans cette région, la transition vers les paiements numériques est déjà engagée. Le premier indicateur concerne les espèces. Selon Visa, leur part dans les paiements de la région est passée d'environ 70% avant la pandémie à près de 50% aujourd'hui. Une évolution rapide, qui témoigne d'une accélération de la digitalisation, tout en rappelant que le cash reste encore très présent dans de nombreux marchés.

Cette dynamique se retrouve dans les chiffres présentés par le groupe. En l'espace de deux ans, le nombre de détenteurs d'un identifiant Visa dans la région serait passé de 350 à 480 millions. Dans le même temps, le réseau d'acceptation s'est considérablement densifié, passant de 11 à 21 millions de points d'acceptation. Ces indicateurs traduisent une progression rapide, mais ils ne racontent pas toute l'histoire. Car le véritable potentiel de croissance se trouve encore chez ceux qui restent à convaincre. Visa estime qu'environ 90 millions de petites entreprises dans la région n'acceptent toujours pas les paiements numériques. Pour le groupe, c'est là que se jouera une grande partie de la prochaine phase de développement. En fait, l'enjeu dépasse largement la simple multiplication des terminaux de paiement. Il s'agit d'intégrer dans l'économie numérique des millions d'artisans, de commerçants de proximité, de travailleurs indépendants ou de très petites entreprises qui continuent à fonctionner essentiellement avec des espèces.

Le smartphone comme terminal de paiement

Pour Shahebaz Khan, responsable des solutions commerciales et de mouvement d'argent pour la région CEMEA, la transformation des paiements ne commence pas dans les grands centres financiers. Elle commence souvent dans une petite entreprise. Le responsable rappelle que les PME représentent une part essentielle de l'activité économique dans de nombreux pays de la région. Leur principal défi n'est pas uniquement de trouver des clients. C'est aussi d'être payées rapidement, de mieux gérer leur trésorerie et d'accéder plus facilement aux services financiers.

Cette problématique rejoint d'ailleurs une tendance mondiale. Selon une étude citée par Visa, 99% des petites entreprises utilisent déjà au moins un outil financier numérique, tandis que 85% estiment que ces solutions ont contribué au développement de leur activité. Dans de nombreux marchés émergents, le smartphone devient ainsi la principale porte d'entrée vers les services financiers. Visa rappelle qu'environ 530 millions d'adultes non bancarisés disposent déjà d'un smartphone, un chiffre qui illustre le potentiel considérable de ces usages dans les prochaines années.

C'est dans cette logique que le groupe développe Visa Accept. Le principe est simple : permettre à un commerçant de transformer son téléphone en terminal de paiement, sans investir dans un équipement spécifique. L'application lui permet d'accepter des paiements par carte, mais aussi d'envoyer un lien de paiement à un client lorsqu'il vend ses produits à distance, par exemple via les réseaux sociaux. Cette solution s'appuie sur la technologie «Tap to Phone», qui permet de transformer un smartphone compatible en terminal de paiement sans équipement supplémentaire. L'exemple cité pendant la conférence est révélateur : celui d'une personne qui confectionne des pâtisseries chez elle et les commercialise sur Instagram ou WhatsApp. Jusqu'à présent, ces ventes reposaient souvent sur les espèces ou sur des virements. Demain, elles pourront être réglées directement via un lien de paiement envoyé depuis un smartphone.

Aujourd'hui, Visa Accept est déjà disponible dans plus de 25 pays et le groupe affiche l'ambition d'étendre progressivement cette solution à des millions de commerçants supplémentaires. Au-delà de l'encaissement, Visa met également en avant Visa Direct, qui permet aux entreprises de transférer de l'argent vers des cartes, des comptes bancaires ou des portefeuilles numériques, y compris dans des contextes transfrontaliers. Là encore, l'objectif est de fluidifier la circulation de l'argent et de raccourcir les délais de paiement entre entreprises, fournisseurs et clients.

Moderniser les banques avant d'inventer les paiements de demain

Équiper davantage de commerçants ne suffira pourtant pas à transformer les paiements. Encore faut-il que les banques soient capables de suivre le rythme. C'est le constat dressé par Walter Lironi, responsable des services à valeur ajoutée de Visa pour la région CEMEA. À ses yeux, la révolution des paiements se joue autant dans les systèmes d'information que dans les usages. Pendant des décennies, les établissements financiers ont construit leurs infrastructures pour répondre à une priorité : la robustesse. Les plateformes devaient traiter des volumes considérables de transactions, garantir leur disponibilité et assurer la sécurité des opérations.

Aujourd'hui, les attentes ont changé. Les consommateurs veulent des paiements instantanés. Les commerçants souhaitent des règlements plus rapides. Les fintechs lancent de nouveaux services en quelques semaines. Les banques, elles, doivent souvent composer avec des systèmes hérités de plusieurs décennies, conçus à une époque où l'agilité n'était pas une priorité. «Les infrastructures historiques restent solides, mais elles n'ont pas été pensées pour un monde où les services doivent évoluer en permanence», résume en substance Walter Lironi. Il évoque des architectures complexes, des traitements encore largement réalisés en mode batch et des systèmes qui peinent parfois à exploiter les données en temps réel.

Pour Visa, la modernisation ne consiste donc pas simplement à remplacer un logiciel par un autre. Il s'agit de permettre aux banques d'ajouter progressivement de nouveaux services sans remettre en cause l'ensemble de leur architecture. Le groupe met notamment en avant Pismo, une plateforme bancaire cloud native acquise en 2024, conçue autour d'interfaces de programmation d'applications (API) permettant d'intégrer plus rapidement de nouveaux produits et de nouvelles fonctionnalités. Cette approche vise à permettre aux banques de moderniser progressivement leurs infrastructures, sans devoir remplacer d'un seul bloc leurs systèmes historiques. Cette évolution dépasse la seule question technologique. Une banque capable d'exploiter ses données en temps réel pourra mieux détecter la fraude, personnaliser davantage sa relation client et intégrer plus facilement les nouveaux usages liés à l'intelligence artificielle ou au commerce agentique. À ce titre, la modernisation devient un préalable à l'innovation.

La donnée, nouvel enjeu de la relation bancaire

Cette capacité à exploiter les données est justement au cœur de l'intervention de Nicolas Khoury, responsable de l'activité Conseil et Analyse de Visa pour la région CEMEA. Pour illustrer son propos, il imagine une scène du quotidien. Un client atterrit à Paris. Il paie son taxi avec sa carte bancaire, règle un café, réserve un musée, puis dîne dans un restaurant. Sa banque voit défiler ces transactions. Elle sait que son client est en voyage, mais, dans la plupart des cas, elle ne lui propose rien de particulier. Pas de recommandation adaptée, ni d'information utile. Pas même un avantage correspondant à son profil.

Pour Nicolas Khoury, cette situation illustre les limites d'une approche encore largement fondée sur des segmentations figées. Les banques disposent d'une quantité considérable de données, mais elles peinent souvent à les transformer en services réellement utiles. Or les comportements évoluent en permanence. Le même client peut réserver un voyage, acheter du matériel de sport, préparer un déplacement professionnel ou organiser des vacances familiales sans que ces moments correspondent à une catégorie prédéfinie. «Le contexte compte désormais autant que le profil», explique-t-il en substance.

Pour répondre à cette évolution, Visa développe plusieurs solutions d'analyse des comportements. Le groupe cite notamment Visa Consumer Signals, une plateforme qui agrège des milliers d'attributs destinés à aider les établissements financiers à mieux comprendre les habitudes de leurs clients. L'objectif n'est pas uniquement de personnaliser les offres commerciales, mais aussi d'intervenir au moment où ces informations deviennent réellement pertinentes. C'est dans cette logique qu'a été présenté Visa Trip Intelligence. En croisant les données de paiement avec d'autres informations disponibles, cette solution cherche à identifier qu'un client prépare un voyage afin de permettre à sa banque de lui proposer, avant son départ, des services, des avantages ou des recommandations adaptés à son déplacement.

La solution combine les données de VisaNet avec des données provenant de tiers afin d'identifier les intentions de voyage et de fournir aux banques des informations immédiatement exploitables pour accompagner leurs clients avant même leur départ. L'exemple peut sembler anecdotique. Pourtant, il illustre une évolution beaucoup plus profonde. À mesure que les services financiers se multiplient, les banques ne se différencieront plus seulement par les produits qu'elles proposent, mais par leur capacité à comprendre les besoins de leurs clients au bon moment.

Les stablecoins : une révolution qui commence par les coulisses

Parmi les nombreuses innovations évoquées durant le Media Day, les stablecoins occupent une place particulière. Le sujet suscite beaucoup d'attentes... mais aussi de nombreuses idées reçues. Contrairement à une perception largement répandue, Visa ne présente pas les stablecoins comme un moyen appelé à remplacer rapidement la carte bancaire dans les paiements du quotidien. Pour Godfrey Sullivan, responsable produits et solutions pour la région CEMEA, leur premier terrain d'application se situe ailleurs. «L'intelligence artificielle transforme le front-end du commerce, alors que les stablecoins modernisent le back-end», résume-t-il. Autrement dit, alors que les agents intelligents modifieront progressivement la manière dont les consommateurs achètent, les stablecoins pourraient surtout transformer la façon dont l'argent circule entre institutions financières, entreprises et pays.

D’ailleurs, cette distinction est essentielle. Dans une région marquée par l'importance des transferts internationaux, des paiements B2B et des remises de fonds, la rapidité des règlements et leur coût constituent encore un enjeu majeur. Godfrey Sullivan rappelle que certains corridors africains restent parmi les plus coûteux au monde pour les transferts d'argent internationaux. Les contraintes liées aux banques correspondantes, aux horaires de règlement ou à la gestion de la liquidité continuent d'allonger les délais et d'alourdir les coûts.

C'est précisément sur ces flux que Visa concentre aujourd'hui ses expérimentations. Le groupe affirme avoir déjà lancé, ou être en train de développer, plus de 160 programmes liés aux stablecoins dans le monde. Visa indique également avoir déjà traité, via VisaNet, plusieurs milliards de dollars de règlements en stablecoins et poursuit le développement de cartes adossées à ces actifs numériques afin de permettre aux consommateurs et aux entreprises de les utiliser partout où son réseau est accepté. Le groupe développe aussi «Tokenized Deposits», une infrastructure destinée à permettre aux banques de convertir des dépôts traditionnels en monnaie numérique programmable disponible en continu. L'objectif est de les faire bénéficier de la rapidité des infrastructures blockchain tout en conservant les fonds inscrits à leur bilan.

Pour autant, les dirigeants de Visa insistent sur un point : ces initiatives ne visent pas à contourner les banques centrales ni les systèmes financiers existants. Au contraire. Godfrey Sullivan rappelle que ces projets sont conduits en concertation avec les autorités concernées et s'inscrivent dans les cadres réglementaires propres à chaque marché. Le message est clair : pour Visa, les stablecoins ne constituent pas une rupture avec le système financier. Ils représentent un nouvel outil susceptible d'en améliorer le fonctionnement, en particulier pour les paiements transfrontaliers et les règlements entre institutions.

Sans confiance, aucune innovation ne s'imposera

À écouter les différents intervenants, une idée revient avec insistance. La prochaine révolution des paiements ne sera pas uniquement technologique. Elle sera aussi psychologique. Les consommateurs accepteront-ils qu'une intelligence artificielle prépare leurs achats ? Les entreprises confieront-elles une partie de leurs flux financiers à de nouveaux rails de paiement ? Les banques ouvriront-elles leurs infrastructures à des services toujours plus interconnectés ?

Toutes ces questions renvoient finalement à une même notion : la confiance. C'est précisément le sujet abordé par Charles Lobo, responsable régional du risque pour Visa CEMEA. Son constat est simple : jamais les paiements n'ont évolué aussi rapidement. Cartes, paiements mobiles, wallets, virements instantanés, QR codes, commerce conversationnel, intelligence artificielle... Chaque innovation ouvre de nouvelles possibilités. Mais chacune crée aussi de nouvelles surfaces d'attaque.

Pendant longtemps, la fraude reposait essentiellement sur le vol de cartes ou de données bancaires. Aujourd'hui, elle change d'échelle. Les groupes criminels s'organisent comme de véritables entreprises, exploitent les mêmes technologies que les acteurs légitimes et utilisent, eux aussi, l'intelligence artificielle pour automatiser leurs attaques, personnaliser leurs campagnes de fraude ou contourner plus rapidement certains dispositifs de protection. Cette évolution oblige l'ensemble de l'écosystème à revoir ses méthodes. La sécurité ne peut plus être une couche ajoutée après coup. Elle doit être pensée dès la conception des nouveaux services. Cette exigence devient d'autant plus importante que les paiements sont appelés à être de plus en plus automatisés et initiés par des agents intelligents.

Selon Visa, près de la moitié des tentatives de fraude détectées aujourd'hui impliqueraient déjà des techniques faisant appel à l'intelligence artificielle. Le groupe indique également avoir empêché l'équivalent d'un milliard de dollars de tentatives d'escroquerie sur une période de six mois grâce à ses outils de détection avancés. Ces données, présentées par Visa, illustrent l'ampleur des investissements engagés pour faire face à cette nouvelle génération de menaces.

Cette prudence se retrouve également dans la manière dont le groupe aborde l'intelligence artificielle. Contrairement à certaines annonces très ambitieuses observées ces derniers mois dans le secteur technologique, Visa ne présente pas le commerce agentique comme une révolution imminente. L'entreprise reconnaît que plusieurs étapes devront encore être franchies : les infrastructures devront continuer à évoluer, les cadres réglementaires devront s'adapter, les commerçants devront apprendre à dialoguer avec des agents intelligents et les banques devront moderniser leurs systèmes. Et, surtout, les consommateurs devront être convaincus qu'ils gardent la maîtrise de leurs décisions.

Une étude Stay Secure, présentée par Visa et réalisée auprès d'environ 6.000 consommateurs dans 17 marchés de la région CEMEA, illustre bien cette ambivalence. Une majorité de répondants déclarent déjà utiliser l'intelligence artificielle pour rechercher des informations ou préparer un achat. En revanche, beaucoup se montrent encore réticents à l'idée de lui confier l'exécution complète d'une transaction. Autrement dit, la technologie progresse plus vite que la confiance et c'est probablement là que se jouera la prochaine étape.

Une stratégie qui dépasse le paiement

Les différents sujets abordés lors du Visa Payments Forum 2026 répondent à une même ambition : résoudre les défis auxquels les paiements devront répondre au cours des prochaines années, à savoir réduire la dépendance au cash, accompagner les petites entreprises dans leur transition numérique, moderniser les banques, fluidifier les paiements transfrontaliers, renforcer la cybersécurité et intégrer progressivement les nouveaux usages liés à l'intelligence artificielle.

C'est aussi pourquoi Tareq Muhmood insiste sur la notion de partenariat. Visa revendique travailler avec près de 1.700 partenaires dans la région, principalement des banques, des fintechs, des institutions financières et de grands commerçants. Cette logique de partenariat répond à une conviction défendue tout au long du Media Day : Visa ne cherche pas à développer seule les paiements de demain, mais à fournir aux banques, fintechs, commerçants et autres acteurs de l'écosystème les infrastructures, les données et les mécanismes de confiance nécessaires pour concevoir leurs propres services.

Au fond, le principal enseignement de ce second volet est peut-être celui-ci : les paiements de demain ne se construiront ni dans une conférence, ni dans un laboratoire. Ils prendront forme progressivement, au rythme des usages, de la modernisation des infrastructures et de la confiance que ces innovations sauront inspirer. Et c'est précisément cette transition que Visa entend accompagner dans une région où coexistent encore toutes les étapes de la transformation numérique.
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