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L’ONU table sur une croissance économique mondiale de 2,8% en 2025, mais alerte sur des risques persistants

Selon les Nations Unies, l’économie mondiale devrait enregistrer une croissance de 2,8% en 2025, dans un contexte de résilience fragile face aux tensions commerciales et à la faiblesse de l’investissement. Dans ce paysage contrasté, le Maroc se démarque par une dynamique plus soutenue, avec une croissance attendue à 4,7% en 2025, avant un ralentissement progressif à 4,2% en 2026 et 4% en 2027.

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Selon le World Economic Situation and Prospects (WESP), la production économique mondiale devrait enregistrer une croissance de 2,7% en 2026, en léger retrait par rapport aux 2,8% estimés pour 2025 et nettement inférieure à la moyenne de 3,2% observée avant la pandémie. En 2025, la croissance a été soutenue par une résilience inattendue face à la hausse marquée des droits de douane aux États-Unis, grâce notamment à la solidité des dépenses de consommation et au ralentissement de l’inflation. Toutefois, les Nations Unies soulignent que cette performance masque des fragilités structurelles persistantes. La faiblesse de l’investissement productif et les contraintes budgétaires croissantes font craindre une installation durable de l’économie mondiale sur une trajectoire de croissance plus lente qu’avant la crise sanitaire.



Le rapport note qu’un apaisement partiel des tensions commerciales a permis de limiter, jusqu’à présent, les perturbations du commerce international. Néanmoins, l’impact cumulé de la hausse des droits de douane et des incertitudes macroéconomiques accrues devrait se faire sentir plus nettement en 2026. Parallèlement, si les conditions financières se sont assouplies sous l’effet des baisses de taux et d’un meilleur climat de confiance, les risques demeurent élevés, notamment en raison de valorisations jugées tendues sur certains marchés, en particulier dans les secteurs liés aux avancées rapides de l’intelligence artificielle. Le niveau élevé de l’endettement public et privé, conjugué à des coûts d’emprunt encore contraignants, limite par ailleurs la capacité d’action des pouvoirs publics, surtout dans de nombreuses économies en développement.

Sur le plan régional, les perspectives de croissance demeurent globalement stables mais très inégales. Aux États-Unis, l’économie devrait croître de 2,0% en 2026, contre 1,9% en 2025, soutenue par un assouplissement monétaire et budgétaire, même si le ralentissement du marché du travail devrait peser sur la dynamique. Dans l’Union européenne, la croissance est attendue à 1,3% en 2026, en baisse par rapport aux 1,5% de 2025, pénalisée par la hausse des droits de douane américains et par une incertitude géopolitique persistante qui freine les exportations. Le Japon devrait enregistrer une croissance de 0,9% en 2026, après 1,2% en 2025, la modeste reprise de la demande intérieure compensant partiellement la détérioration de l’environnement extérieur.

En Asie de l’Est, la croissance est attendue à 4,4% en 2026, contre 4,9% en 2025, à mesure que l’effet des exportations anticipées s’estompe. L’économie chinoise devrait progresser de 4,6%, légèrement en deçà de son rythme de 2025, soutenue par des mesures de politique économique ciblées. En Asie du Sud, la croissance devrait atteindre 5,6% en 2026, après 5,9% en 2025, portée par une expansion de 6,6% en Inde, grâce à une consommation résiliente et à des investissements publics soutenus.

En Afrique, la production devrait progresser de 4,0% en 2026, contre 3,9% en 2025. Toutefois, le rapport souligne les risques persistants liés au niveau élevé de l’endettement et à la vulnérabilité face aux chocs climatiques. S’agissant du Maroc, la croissance économique devrait atteindre 4,7% en 2025, avant de ralentir à 4,2% en 2026 puis à 4,0% en 2027. Dans plusieurs pays maghrébins, notamment le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, la dynamique de croissance est soutenue par la reprise du secteur touristique. Par ailleurs, l’impact des mesures tarifaires des États-Unis demeure limité, les exportations vers ces pays, principalement composées de matières premières, étant en grande partie exemptées de droits de douane.

S’agissant du commerce international, l’année 2025 a été marquée par une performance supérieure aux attentes, avec une croissance de 3,8%, malgré un environnement politique incertain et la hausse des barrières tarifaires. Cette dynamique a été alimentée par des exportations anticipées en début d’année et par la forte progression du commerce des services. Toutefois, les Nations Unies anticipent un net ralentissement en 2026, avec une croissance du commerce mondial limitée à 2,2%, à mesure que ces effets temporaires s’estompent.

Dans le même temps, la croissance des investissements reste modérée dans la plupart des régions, freinée par les tensions géopolitiques et des politiques budgétaires plus restrictives. Si l’assouplissement monétaire et certaines mesures ciblées ont soutenu l’investissement dans quelques économies, les dépenses restent concentrées sur des poches spécifiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle. Le rapport alerte cependant sur le risque d’une répartition inégale des gains potentiels de l’IA, susceptible d’accentuer les inégalités structurelles existantes entre pays et au sein des économies.

L’inflation, bien qu’en décélération, continue de poser un défi majeur. L’inflation mondiale est passée de 4,0% en 2024 à environ 3,4% en 2025 et devrait ralentir davantage pour atteindre 3,1% en 2026. Si cette désinflation constitue un signal positif, la hausse cumulative des prix continue d’éroder les revenus réels des ménages. Contrairement aux épisodes précédents de flambée synchronisée, les pressions inflationnistes sont désormais plus hétérogènes, alimentées par des goulets d’étranglement persistants dans l’offre, dans un contexte de risques géopolitiques et climatiques accrus.

Face à ce paysage inflationniste plus complexe, le rapport souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des approches coordonnées et prospectives. La politique monétaire demeure un levier central, mais elle doit être complétée par des cadres budgétaires crédibles et des mesures sociales ciblées pour protéger les populations vulnérables. Les politiques sectorielles sont également appelées à jouer un rôle clé en renforçant les capacités de production et la résilience des chaînes d’approvisionnement, notamment dans les secteurs de l’alimentation, de l’énergie et de la logistique.
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