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Une enquête sur le phénomène du travail sur les plateformes numériques au Maroc

L’Agence de coopération belge, en partenariat avec le département de l’Inclusion économique et de l’emploi, lancera prochainement une étude qualitative pour explorer le travail sur les plateformes numériques au Maroc. Objectif : analyser les pratiques, perceptions et contraintes des travailleurs-livreurs, chauffeurs, free-lances ou micro-tâcherons-tout en évaluant les conditions d’un emploi décent, inclusif et productif. L’enquête couvrira divers secteurs et profils, afin de mieux comprendre les dynamiques de ce phénomène en pleine croissance et ses implications sociales, économiques et juridiques.

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L’Agence de coopération belge (ENABEL) s’apprête à engager prochainement la réalisation d’une enquête intéressante au Maroc. Il s’agit d’une étude qualitative sur le travail sur les plateformes numériques. L’objectif est d’explorer les perceptions, pratiques, contraintes et perspectives du travail sur les plateformes numériques au Maroc, en identifiant les conditions de sa structuration dans une logique d’emploi décent, inclusif et productif.

Dans le détail, l’enquête analysera les perceptions, les conditions de travail, le statut, la rémunération, les motivations, les trajectoires et les contraintes associées à chaque catégorie de travailleurs de plateforme (livreurs, chauffeurs, free-lances, micro-tâcherons, etc.). Elle examinera, par ailleurs, les pratiques, les modèles économiques et les stratégies des plateformes opérant au Maroc, et cartographiera les plateformes numériques actives dans le pays en précisant leur domaine d’activité, leur statut, leur modèle économique, l’effectif estimé de travailleurs, les modalités d’accès au travail, le management algorithmique et les conditions et mécanismes d’évaluation. Un autre volet de l’étude s’intéressera aux secteurs concernés (livraison, mobilité, services à la demande, services en ligne, création de contenu, micro-travail, etc.), et définira des profils types associés à chaque catégorie de plateforme (personae) et trajectoires de travail en tenant compte des dimensions genre, âge, vulnérabilité et territoire. Il s’agira, en outre, d’analyser leurs attentes, perceptions et motivations, ainsi que d’évaluer la pertinence et la viabilité du travail sur plateformes selon trois axes :
  • économique : revenus, productivité, adaptation des modalités de travail, modèle de rémunération,
  • social : conditions de travail, protection sociale, rapports de pouvoir, inclusion femmes-jeunes,
  • juridique : statut du travailleur, relation de subordination, régulation des plateformes.
L’étude couvrira un échantillon territorial et sectoriel diversifié, incluant différents domaines d’activité et les deux grands groupes de plateformes numériques : (i) localisées (dont l’activité économique, les travailleurs, les utilisateurs et/ou les prestations sont rattachés à un territoire national spécifique) et (ii) de travail en ligne (qui opèrent à distance, sans ancrage territorial spécifique, et dont l’activité peut être distribuée entre plusieurs pays). Le développement rapide des technologies numériques a favorisé l’émergence de nouvelles formes d’activité dites « travail sur les plateformes numériques », reliant directement travailleurs et clients via des applications ou sites web. Ces formes d’activité représentent une source d’opportunités économiques, notamment pour les jeunes, les femmes et les travailleurs indépendants, mais soulèvent également des défis importants : précarité du statut, absence ou insuffisance de protection sociale, rémunération variable, dépendance vis-à-vis des algorithmes et asymétrie d’information entre plateformes et travailleurs.

Au Maroc, ce phénomène connaît une croissance rapide, mais demeure insuffisamment documenté, tant dans les grandes villes que dans les zones intermédiaires. Il s’inscrit dans un contexte marqué par la montée du free-lancing, la digitalisation accélérée des services, et une difficulté à distinguer salariat et auto-emploi, emploi, sous-emploi et travail informel.

Dans ce cadre, le département de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences souhaite conduire cette étude, avec l’appui d’ENABEL. Les services de Younes Sekkouri cherchent ainsi à mieux comprendre les dynamiques du travail sur plateformes numériques, les profils concernés, les représentations et les conditions de régulation, dans une perspective d’emploi décent, inclusif et productif.
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